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Retrouvez notre contre-enquête dans un livre gratuit consultable et téléchargeable sur le net (cliquez sur l'image).

 

Cover-Livre-Follereau-v20.jpg

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Monsieur Biographie

 

Je suis mort

Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 18:18

 

Après quelques retards et rebondissements, notre livre sort en version papier aux éditions Golias.

 

Vous pouvez donc désormais l'acheter à partir du 23 janvier 2012 dans toutes les bonnes librairies, surtout si vous vous munissez de ses références :

 

Auteur : Romain Gallaud

Titre : Fondation Raoul Follereau, la contre-enquête

Editeur : Golias Editions

ISBN : 978-2-35472-1459

Prix : 15 euros

 

Vous pouvez également vous le procurer via le site internet des éditions Golias (http://www.golias.fr) ou sur Amazon ou Alapage, à la Fnac, chez Decitre, ou encore en renvoyant ce bon de commande :

Des extraits de notre livre restent lisibles gratuitement sur internet : cliquer ici.

 

BCRF20911

 

 

Bonne lecture.

 

 

NB.

Depuis les débuts de notre blog, en avril 2010, notre démarche est totalement désintéressée.

L'édition d'une version papier de notre ouvrage répond à notre souhait d'élargir notre lectorat (librairies, bibliothèques) et de pérenniser l'accès à nos travaux pour tous (dépôt à la BNF, par exemple).


Néanmoins, afin que notre démarche ne souffre d'aucune ambiguité, nous nous sommes engagés à reverser nos droits d'auteur à une ou à des causes philanthropiques de notre choix.


En ce qui concerne la version numérisée de l'ouvrage, elle sera téléchargeable moyennant un prix que nous avons négocié au plus bas (environ 5 euros TTC sur www.golias.fr).

 

Enfin, nous précisons que notre choix de travailler avec GOLIAS Éditions ne signifie pas que nous adhérons aux prises de positions de Golias Hebdo et de Christian Terras. Cela étant précisé, le dossier Follereau nous semble suffisamment important pour que nous acceptions de faire un bout de chemin ensemble.

 


 

Par Romain Gallaud
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 12:00


http://idata.over-blog.com/0/44/52/69/lepreux2.jpgLa Journée Mondiale des Lépreux aura lieu le dernier week-end du mois de janvier 2012.

 

Peut-être avez-vous été approché par un ami ou un ami d’ami qui vous a demandé quelques heures de votre temps pour quêter en faveur de la Fondation Raoul Follereau.  

 

Ou peut-être serez-vous sollicités par des quêteurs en faveur de la Fondation Raoul Follereau (ci-après FRF).

 

Avant de quêter ou avant de donner, nous vous invitons à prendre connaissance des conclusions de notre contre-enquête résumée en sept points ci-après. Cela vous permettra de prendre votre décision en toute connaissance de cause.

 

Tous les détails se trouvent naturellement dans notre livre PDF (ici) ou dans les pages de notre blog (ici).

 

 



1. La FRF, une monarchie caritative verrouillée par un petit nombre d’individus
http://thm-a01.yimg.com/nimage/f3abc5bac9eaaeb4
La Fondation Raoul Follereau est une affaire de famille. Ce n’est pas nous qui l’affirmons, mais André Récipon, président d’honneur de la FRF (voir ici). Ce dernier s’est vanté, il y a quelques années, d’avoir mis en place un montage juridique lui permettant de le maintenir, lui et ses descendants, à la tête de la Fondation (voir ici).
Concrètement, André Récipon, qui ne fait pas mystère de ses convictions antidémocratiques et monarchistes, a placé son fils Michel à la tête de la galaxie Follereau. Ce dernier perçoit, officiellement, au titre de ce poste héréditaire la coquette rémunération mensuelle de 7.300 euros.

 



2. La FRF, une organisation riche d’un patrimoine supérieur à 20 millions d’euros

http://www.lefigaro.fr/medias/2011/09/18/fb543b68-e28d-11e0-8017-28104288d72e.jpgLes petits ruisseaux font les grandes rivières. Chaque année, pièces après pièces, la Journée Mondiale des Lépreux rapporte plus d’un million d’euros à la Fondation Raoul Follereau (avant imputation des nombreux frais que cet événement génère).

Néanmoins, vous devez savoir que la Fondation Raoul Follereau a déjà entassé un pactole de plus de 20 millions d’euros investis dans la pierre et en produits financiers, dont certains en Bourse, soit des réserves financières égales aux recettes brutes de vingt Journées Mondiales des Lépreux ! (voir ici)

Qui plus est, ce montant, extrait des comptes 2010, est en réalité beaucoup plus important car il ne tient pas compte des plus-values latentes qui courent sur son patrimoine mobilier et immobilier, notamment son siège parisien de plusieurs centaines de mètres carrés en plein cœur du XVème arrondissement de Paris.


3. La FRF, une organisation de charity business aux mains d’hommes d’affaires

http://www.charitybusiness.com/img/CB_Logo_New.jpgLa FRF est une organisation humanitaire qui se dit de sensibilité catholique. Néanmoins, si vous regardez la composition du conseil de surveillance de la Fondation Raoul Follereau, vous n’y trouverez ni religieux, ni acteur humanitaire de terrain. En revanche, vous y trouverez des banquiers et autres gérants de fortune, financiers ou dirigeants d’entreprises (voir ici).

Autre exemple illustrant cette situation, les fondations reconnues d’utilité publique sont censées compter au sein de leur conseil de surveillance des membres dits « qualifiés » dont les fonctions, nous dit la loi, sont en rapport avec l’activité poursuivie par l’entité. À la Fondation Raoul Follereau, un de ces membres qualifiés fut longtemps un dirigeant d’une agence de pub. Depuis quelques mois, il a été remplacé par un directeur financier : l'activité de la FRF serait-elle donc de placer son pactole ?


4. Le groupe Follereau, une nébuleuse d’entités juridiques aux liens financiers dont l'opacité nuit à la confiance du grand public

IGAS.jpg

 

Le groupe Follereau est composé d’au moins dix structures juridiques différentes, tantôt à but non lucratif (associations, fondations), tantôt à but lucratif (GIE, SA, SARL, SAS), qui sont de façon quasi systématique détenue ou dirigée par les mêmes individus (principalement Michel Récipon).


Les liens financiers entre ces entités sont tellement opaques que même l’IGAS s’était dit, en 2002, dans l’incapacité d’en vérifier les méthodes de calcul et donc, la légalité. La situation a-t-elle changé depuis ? Rien, malheureusement, ne permet de l'affirmer.

 

 

 

5. La FRF, une interprétation contestable de son compte emploi des ressources.

Chaque année, la Fondation Raoul Follereau publie ses comptes. C'est la loi. Pour l'exercice 2010, derniers comptes publiés à ce jour, elle a affirmé consacrer 72,8% de ses ressources à ses missions sociales qu’elle met massivement en avant dans ses supports de communication : la lèpre, l’enfance, le développement et la ruralité en France. Or, la lecture attentive du rapport annuel révèle une cinquième mission sociale sur laquelle la FRF communique très peu : il s’agit des dépenses d’informations sur les missions sociales et de diffusion de la pensée de Raoul Follereau (voir ici).

Autrement dit, la Fondation Raoul Follereau a érigé l’autopromo en mission sociale et y consacre chaque année plus d’1,8 million d’euros, soit le deuxième budget après le budget de la lèpre.

Si on ne considère que les missions sociales stricto sensu, en excluant les dépenses de communication qui les parasitent, le taux chute de 72,8% à 59% soit en dessous des 66% exigés par la loi et le Bureau Véritas.
Qui plus est, un autre point mérite d’être renseigné : la Fondation Raoul Follereau a pour principe de ne rien faire elle-même. C'est le principe dont elle se prévaut : "Aider à faire". Le rôle de la FRF consiste donc à collecter des fonds et à les reverser à d’autres organisations de terrain. Or, ces organismes locaux, publics ou privés, ont, eux aussi, des frais parasites. Il en résulte donc que sur 100 euros collectés par la FRF, la somme qui bénéficie réellement, in fine, à la cause que le donateur a voulu soutenir chute à des montants dramatiquement faibles.


6. Raoul Follereau, "l’homme qui consacra sa vie aux lépreux", une imposture historique bien orchestrée

A partir du début des années cinquante, Raoul Follereau va déployer une énergie phénoménale à faire croire qu’il a consacré sa vie à la cause des lépreux (voir ici). Pour cela, il n’hésitera pas à inventer une rencontre avec les lépreux, rencontre qu’il fixe lui-même au milieu des années vingt et qui aurait été à l’origine de sa vocation d’Apôtre des Lépreux. Aujourd’hui, la Fondation Raoul Follereau poursuit la diffusion du mythe mais contredit son fondateur puisqu'elle fixe cette rencontre à une date moins inconhérente que le milieu des années vingt : 1936.
La réalité est toute autre. Etienne Thévenin lui-même, hagiographe autorisé de Raoul Follereau, indique que Raoul Follereau n’embrasse la cause des lépreux qu’à la fin des années quarante, à plus de quarante ans. Avant cette date, Raoul Follereau fut l’Apôtre d’une France nationale-catholique xénophobe et antisémite d’inspiration maurassienne et d’une latinité fortement inspirée par le régime fasciste italien. Pendant la seconde guerre mondiale, Raoul Follereau se fit le propagandiste servile du régime de Vichy et de la Révolution Nationale incarnée par le Maréchal Pétain.

 
7. Raoul Follereau et les Récipon, entre national-catholicisme et pétainisme http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/8f/Coat_of_Arms_of_the_French_State.svg/220px-Coat_of_Arms_of_the_French_State.svg.png

Nous avons vu ci-avant les idées réactionnaires de Raoul Follereau. Elles trouvent leur continuité dans les écrits d’André Récipon, actuel président d’honneur de la Fondation Raoul Follereau qui a exposé, dans trois livres et divers articles, sa hantise du bolchevisme, sa sympathie pour les Laval, Papon et autres Touvier, son antisémitisme et son national-catholicisme particulièrement réactionnaire (voir ici).


Conclusion : Raoul Follereau, le saint patron des fundraisers

La profession de fundraiser, très en vogue depuis plusieurs années, consiste à considérer que le fait de donner relève, comme n’importe quel achat de la consommation courante, d’une logique marquée par des processus à la fois rationnels, émotionnels et psychologiques.

Raoul Follereau dont les qualités de tribun – non dénué de populisme et de démagogie – sont indéniables, maniait avec un talent certain les astuces de la rhétorique.

S’il consacra sa vie à quelque chose, ce fut bien à la collecte de fonds pour financer ses activités littéraires, politiques, puis caritatives et son fastueux train de vie, ce qui amènera Louis Massignon a qualifier Raoul Follereau après 1945 de "marchand du temple" et d'"affairiste" (voir ici un palace que Raoul Follereau fréquenta assiduement mais il serait également possible de parler de ses habitudes de "repas plantureux" ou de ses séjours au Pavillon Henri IV ou au Trianon Palace de Versailles).

Dans ces circonstance, si la procédure de canonisation initiée par la Fondation Raoul Follereau devait aboutir favorablement, nous proposons que Raoul Follereau soit désigné comme saint patron des fundraisers.

Par Romain Gallaud
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Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 09:58

http://www.peintre-icones.fr/IMAGES/ICONESCALENDRIER/Decembre/RaoulFollereau.jpg 

Raoul Follereau, le "grand homme"

que la Fondation Raoul Follereau veut faire canoniser 

 

 

Voici ce que nous lisons dans l'organe de propagande pro-Vichy dirigé par Raoul Follereau, Paroles de France, n°142, daté juillet-août 1941 :

 

 

"Aux banquiers et aux égarés, le pays des croisades dit non

 

Le monde entier ne cache point aujourd’hui son émerveillement devant la résistance française en Proche Orient,ni devant la courageuse fidélité des populations soumises à son mandat et qui reçurent pendant un mois les messagers de mort pour les punir d’aimer la France.

(…)

C’est au fond un grand service que M. Chruchill et ses huluberlus viennent de nous rendre. Ils prouvent au monde que le soldat français est un grand soldat.

(…)

Ah ! vous pouvez bien aujourd’hui, pauvres égarés, menés par des banquiers sinistres, tuer vos frères sur ce sol à jamais dédié à la France.

(…)

Après un mois de lutte, un contre cinq, contre dix, contre vingt, le Général Dentz a du demander une suspension d’armes. Il ne suffit plus, hélas, d’être héroïque pour vaincre.

Mais tant de sacrifices, et tant de courage, tant de fidélité et d’amitié n’auront pas été vains.

Ils auront témoigné que nulle part, malgré les déluges de feu et les tonnes d’acier, la France de l’esprit, la France de l’histoire, ne peut être vaincue.

(…)

Courage « la France du monde entier », la France de tous les hommes. Demain, l’aurore va venir !"

 

 

Rappel du contexte historique

 

http://a21.idata.over-blog.com/418x386/0/44/42/51/xx-jusquen-1945/carte-moyen-orient-1918.jpgAu début de la seconde guerre mondiale, la Syrie et le Liban étaient confiés à la France par un mandat de la Société des Nations (en rose sur la carte).


La Palestine, elle, avait été confiée aux Britanniques qui contrôlaient aussi l'Irak (zone bleue claire sur la carte).

 

Début 1941, les Allemands sont encore en paix avec les Soviétiques qui les approvisionnent en pétrole du Caucase. Or, Hitler entend attaquer prochainement l'Union Soviétique (opération Barbarossa). Il va donc chercher à se procurer des ressources pétrolières ailleurs qu'auprès des russes. A cette fin, il provoque et soutient une révolte d'irakiens dans le but de se garantir l'accès au pétrole de la région et y attaque les forces militaires britanniques (cf. les zones pétrolifères, triangles bleu foncé sur la carte).

 

Il doit être noté que malgré la soi-disante neutralité du régime de Vichy depuis l'armistice, l'Amiral Darlan met les bases aériennes françaises de la Syrie voisine à la disposition des armées allemandes et livre du matériel de guerre français aux allemands et à leurs alliés rebelles irakiens, sans aucune contrepartie, illustrant ainsi la facette militaire de la politique active de collaboration du régime de Vichy (accords dits Darlan après la rencontre de ce dernier avec Hitler à Berchtesgaden, puis Protocoles de Paris).

 

"12 mai 1941.

Les français commencent les livraisons d'armes prévues dans les accords Darlan-Hitler.
En tout 4 convois ferroviaires partant d'Alep et passant par la Turquie arriveront aux irakiens à Tel-Kotchek et Mossoul. Ils totaliseront 15500 fusils, 354 pistolets mitrailleurs, 200 mitrailleuses, 5 millions de cartouches, 30000 grenades, 2 batteries de 75mm avec 10000 obus, une batterie de 155mm avec 6000 obus et 66 citernes de carburants pour avions." (source ici)

 

Après avoir maté la révolte irakienne, les Britanniques, assistés par une poignée de Français Libres dirigés par le général Legentilhomme, attaquent les positions françaises de Vichy dirigées par le commandant Dentz (opération Exporter). Les forces en présence sont équilibrées : environ 35.000 hommes de chaque côté (et non un contre vingt comme l'affirme Follereau avec emphase)

 

Les combats seront plus intenses que prévu. En effet, les instructions du Maréchal Pétain étaient claires (le texte entre parenthèses est de nous) :

"Télégramme départ Vichy, 15 mai 1941 à 16h30

Le maréchal Pétain chef de l'Etat à monsieur le général Dentz haut-commissaire de France en Syrie 635

L'amiral de la flotte Darlan vous a télégraphié hier au sujet des négociations franco-allemandes
(il s'agit des accords Darlan-Hitler).

Je tiens à insister personnellement sur la haute portée de ces négociations et sur la volonté que j'ai de poursuivre sans arrières-pensées la politique qui s'en dégage (référence est ici faite à la politique de collaboration afin que la France ait toute sa place dans une "Europe nouvelle" dominée par l'Allemagne nazie victorieuse).

L'allusion faite à la Syrie doit vous confirmer dans votre désir de défendre par tous les moyens, le territoire placé sous votre autorité, d'assurer comme à Dakar la liberté de son ciel, d'y donner dans des conditions que je sais politiquement et matériellement délicates, la mesure de notre désir de collaboration à l'ordre nouveau.

Je vous fais confiance.

 

Ph. Pétain."

 

 

Dans un discours radiodiffusé le 8 juin 1941, le Maréchal Pétain avait incité les soldats du Levant à la résistance face à l'agression britannique :

 

"Français du Levant,

 Les pays où vous vivez, et pour la prospérité desquels vous vous dévouez depuis de longues années, sont aujourd'hui l'objet d'une attaque inqualifiable.
 Cette attaque est menée, comme à Dakar, par des Français placés le drapeau de la dissidence. Soutenus par les forces impériales britanniques, ils n'hésitent pas à verser le sang de leurs frères qui défendent l'unité de l'Empire et la souveraineté française.
(...)
 Vous êtes donc l'objet d'une agression profondément injuste devant laquelle notre conscience se révolte. C'est aujourd'hui seulement que la souveraineté française au Levant est, pour la première fois, menacée. Vous pouvez m'en croire.
 Votre haut Commissaire (Dentz) vous l'a déjà dit, je vous le répète : vous combattez pour une cause juste, celle de l'intégrité des territoires dont l'Histoire, confirmée par le mandat de 1919, a légué la charge à la Patrie. Vous saurez les défendre. Mes vœux et ceux de la France entière vous accompagnent."

 

 

Après un mois de combat et plusieurs milliers de morts, les alliés obtiennent la reddition du général Dentz.

 

La campagne de Syrie fut le premier accrochage sérieux qui opposa les Français entre eux. Il sera abondamment exploité par la propagande de Vichy, à l'instar de l'attaque de Mers el Kebir ou de celle sur Dakar.

 

En remerciement pour ce "fait d'armes", le général Dentz se verra remettre la plaque de Grand Croix de la Légion d'Honneur par l'Amiral Darlan (voir archive de l'INA ci-dessous).

 

 

 

Après la libération, le général Dentz est inculpé le 4 avril 1945 d'intelligence avec l'ennemi et est condamné à mort par la Haute cour de justice le 20 avril 1945. Le général de Gaulle le gracie et sa peine se trouve commuée en détention à vie. Son état de santé s'étant rapidement détérioré, il meurt en prison le 13 décembre 1945.

 

 

Notre décryptage : Follereau, un propagandiste antisémite de la France nouvelle voulue par le régime de Vichy

 

Nous retrouvons dans cet article de Raoul Follereau l'étendue de ses oeuvres de propagande en faveur de la Révolution Nationale, du régime de Vichy et de la collaboration avec l'Allemagne nazie, y compris sur un plan militaire.

Pour Raoul Follereau, ce sont les conditions nécessaires à la renaissance de la vraie France, c'est à dire une France nouvelle dans une Europe nouvelle.

Déjà, en décembre 1940, Raoul Follereau écrivait dans le n° 139 de Paroles de France les propos suivants :

 

"La guerre a fait s'écrouler la vieille caricature politicienne de la France. Et de ce tas d'immondices pitoyables, une nouvelle France va surgir, la France de tous les temps, la France de l'histoire de France"

 

Nous retrouvons également son anglophobie ainsi qu'une nouvelle preuve de son antisémitisme récurrent : employée à deux reprises, la terminologie de "banquiers" ou de "banquiers sinistres" désigne bien évidemment les juifs que Raoul Follereau qualifiait déjà, en 1936, de "financiers internationaux qui sont de partout et de nulle part et dont le porte-monnaie remplace le coeur".

Sur l'antisémitisme avéré de Raoul Follereau, voir notre livre ici, page 77.

 

Ce faisant, Raoul Follereau se fait complice du régime de Vichy et de sa propagande assimilant sans vergogne les forces de l'Etranger et leurs supposés affidés : les ango-saxons, les gaullistes, les juifs, les communistes, etc.

 

http://clicnet.swarthmore.edu/aobajtek/images/le_general_micro_fourri.GIF


http://s2.e-monsite.com/2010/02/07/89521732affiche-propagande-vichy-jpg.jpg


 

 

 

Comme le font de nombreux visiteurs, nous vous invitons à nous transmettre tout document ou témoignage relatif au véritable visage de Raoul Follereau : ombrelumiere2010@hotmail.fr

 

 

 

 

 


Par Romain Gallaud - Publié dans : La vie cachée de Raoul Follereau
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Jeudi 10 novembre 2011 4 10 /11 /Nov /2011 09:34

 

Nous portons à la connaissance de nos visiteurs un nouvel élément qui confirme, une fois de plus, hélas, la confusion de Raoul Follereau entre ses convictions religieuses (national-catholicisme) et politiques (pétainisme, maurrassisme).

 

En effet, nous avons trouvé sur internet (ici) la prière suivante dont nous avons pu vérifier que Raoul Follereau en était bien l'auteur et surtout la date à laquelle il l'a diffusée (la mise en gras est de nous) :

 

 

Prière au Christ qui aime les Francs.

Seigneur, qui avez fait de ce pays comme un reflet de Votre Ciel,

Prenez en Pitié la terre de France.

 

Seigneur qui avez donne a ses fils,

durant tant de siècles,

des trésors d’héroïsme, de sagesse et de sainteté,

Prenez en pitié l’âme de la France.

 

Lorsque Paris fur menace,

vous avez voulu Sainte Geneviève ;

 

Quand la Patrie fut menacée,

Vous avez voulu Sainte Jeanne d’Arc ;

 

Et, parce que ce pays est le Votre,

Vous l’avez fait défendre et sauver par des Saints.

 

*          *          *

 

Avant même qu’elle fut la France,

Vous l’aviez déjà désignée comme un refuge
quand aux rivages de Provence

Débarquèrent, cherchant asile,

Ceux dont les hommes maudissaient

l’Amour Saint qu’ils avaient pour Vous.

Seigneur, Souvenez-Vous de la terre qui reçut

Madeleine, Marthe et Lazare ...

Souvenez-vous du pacte de Tolbiac,

et du vœu de Louis XIII,

et de la consécration de la France a Montmartre,

Pour Saint Louis aux Croisades,

Pour Saint Vincent aux Galères,

Pour tous ceux qui sont morts, Seigneur, pour Votre Cause,

dans la Douceur de Votre Foi,

Prenez en pitié la terre et l’âme de la France.

 

*          *          *

 

Vous nous avez envoyé de grandes épreuves;

La Patrie souffre et saigne et pleure a Vos genoux.
Seigneur, nous avons mérité les maux qui nous accablent.

Si nous implorons Votre Miséricorde,

ce n’est point pour nous,

pour nos personnes chétives,

ou nos biens illusoires,
mais pour la France en qui vous avez mis

les signes de Votre Immortalité.

La France que vous avez voulue renait sous Votre Providence ;

daignez en accueillir les promesses et les fleurs.

Et Donnez-nous le courage quotidien

pour la besogne obscure qu’elle demandera.

Faites que nous soyons grands

pour être dignes d’elle,

et pour, à travers sa vie et sa gloire,

Vous mieux comprendre

Vous mieux AIMER

 

 

Raoul Follereau

Paroles de France, décembre 1940

(Paroles de France est le nouveau nom donné en 1940

au mensuel L'Œuvre latine fondé par Raoul Follereau en 1927)

 

 

 

Notre décryptage

 

La première partie de cette prière est dans le droit fil d'une mentalité purement nationale-catholique, voire contre-révolutionnaire, qui consiste à concevoir la France comme une nation élue, privilégiée par Dieu, à laquelle aurait été confiée une mission d'expansion de la civilisation chrétienne.

 

Nous avons déjà eu l'occasion de décrire sur ce blog et dans notre livre que, dans cette configuration intellectuelle d'influence maurrassienne évidente, il n'y a pas de place, en France, pour les forces dites de l'Anti-France, tel le "Gouvernement de l'Etranger" dénoncé par l'extrême droite française entre les deux guerres, cette notion incluant les "étrangers de cœur", expression désignant les Français - y compris de souche - qui auraient la malencontreuse idée d'être juif ou protestant, socialiste, franc-maçon, libéral, démocrate chrétien, etc.

 

Cette prière peut également être rapprochée de la Prière de la fin, écrite par Charles Maurras (ici), dont Raoul Follereau a fait graver deux vers sur sa propre tombe.

 

Il est patent de constater comment Raoul Follereau associe outrageusement foi catholique et foi nationale.

Rien que la formulation du titre, Prière au Christ qui aime les Francs, est une fiction spirituelle qui ne peut réjouir que ceux qui ne demandent qu'à en être convaincus à force de la répéter.

 

Mais, ces éléments sont déjà connus et nous les avons déjà développés dans nos travaux. Sur tous ces sujets, nous renvoyons à la première partie de notre livre "Fondation Raoul Follereau, la contre-enquête" (ici).

 

L'intérêt majeur de notre découverte réside plutôt dans la date à laquelle Raoul Follereau l'a écrite et diffusée.

 

 

Raoul Follereau, du national-catholicisme au vichysme du maréchal Pétain

 

Lorsque nous avons découvert cette prière, les quatre vers par nous mis en gras ont attiré notre attention :

 

"La France que vous avez voulue renait sous Votre Providence ;

daignez en accueillir les promesses et les fleurs.
Et Donnez-nous le courage quotidien

pour la besogne obscure qu’elle demandera."

 

Nous nous sommes alors posé la question : de quelle période parle Raoul Follereau ?

Quelle est donc cette "renaissance" ? Quelle est cette "besogne obscure" ?

 

Notre crainte était fondée : en effet, cette prière date de décembre 1940. Par la suite, elle a été imprimée et diffusée via le journal de propapagnde vichyste "Paroles de France" dont Raoul Follereau était le directeur.

 

Or, en Décembre 1940, la Révolution Nationale du Maréchal Pétain est en place depuis six mois ; la législation visant à reconsidérer l'octroi de la nationalité française depuis 1927 a été adoptée dès juillet 1940 ; le statut des juifs, français ou étrangers, date d'octobre 1940 ; diverses mesures ont été prises pour écarter les parlementaires de feu la IIIème République du pouvoir, qu'ils soient socialistes, communistes, libéraux ou francs-maçons.

 

Autrement dit, Pétain, Laval et autres Darlan ou Weygand profitent de la victoire des armées allemandes et de la notoriété du soi-disant "vainqueur de Verdun" dans le cœur d'une immense majorité de Français de bonne foi pour procéder à un vaste chantier de "redressement national" selon leurs termes.

 

Opération de purification politique et raciale, surtout.

 

Ces quatre vers de Raoul Follereau prennent alors une toute autre tournure.

 

Cette France "qui renait sous Votre Providence", c'est celle de la Révolution Nationale.

Et nous n'osons imaginer ce que Raoul Follereau entend par "besogne obscure".

 

Ainsi donc, Raoul Follereau associe-t-il sans vergogne le Dieu des chrétiens au Régime de Vichy.

Conviction qu'il n'a jamais reniée par la suite.

 

Et c'est cet homme-là que ses héritiers spirituels et politiques actuellement aux commandes de la Fondation Raoul Follereau voudraient voir béatifié et canonisé ?

 

 

 

 

Par Romain Gallaud - Publié dans : La vie cachée de Raoul Follereau
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Vendredi 4 novembre 2011 5 04 /11 /Nov /2011 16:51



Nous publions aujourd’hui un témoignage d’un acteur de la lutte contre la lèpre, Marcel Dolmaire, qui a personnellement connu Raoul Follereau :
 
"Je l'ai personnellement connu en Afrique et l'ai mis à la porte de mon bureau avec ses "dons".


Voici les faits :

 

J'étais en 1954-56 au Burkina-Faso, Cercle de Gaoua, subdivisions de Batié et Kampti, au SW du Burkina, région où se trouvait l'une des plus fortes concentrations de lépreux et de malades du sommeil de toute l'Afrique de l'Ouest.


La lèpre est une maladie qui fait peur ; pourtant, nous savions, déjà à l’époque, qu’elle n’était pas réellement contagieuse.


J'étais là-bas comme "Chef de Subdivision" (Sous-Préfet dit-on aujourd'hui), et Follereau m'avait fait parvenir deux Land-Rover pour les lépreux, en demandant que soit peint sur les portes "Don de Raoul Follereau, Apôtre de la Charité"


Je l'ai fait, mais en tant que catholique, j'ai estimé devoir être discret avec l'apôtre, et l'ai donc fait peindre en petit.


Quand Follereau est venu avec sa cravate d’artiste et son chapeau de même, il a piqué une crise d'hystérie et a exigé que "Apôtre de la Charité" soit peint en grosses lettres.


Je lui ai dit de repartir avec ses véhicules, parfaitement inutiles d'ailleurs, car il y avait un  "Service général  d'hygiène mobile et de prophylaxie" (SGHMP) doté de tous les moyens pour toute l'Afrique occidentale française de l'époque, basée à Bobo-Dioulassa, à 200 km. Ce Service très utile et très efficace pour les grandes endémies (genre lèpre, maladie du sommeil, tréponématose, etc.) a été démantelé après les indépendances.
 
Je ne dis pas que la Fondation ne fasse pas du bien : mon propos ne vise que la personne de Raoul Follereau qui était un cas pathologique. Tous ceux qui ont eu affaire à lui dans la même région, ont eu des incidents comparables avec lui.
 
Vouloir en faire un saint aujourd'hui est une aberration.
 
Je vous autorise à publier ce témoignage sur votre blog internet.
 
Cordialement.
Marcel Dolmaire"
 
 
 
Commentaire de Romain Gallaud :
 

 

Avant toute chose, je remercie chaleureusement Marcel Dolmaire d’avoir accepté de livrer son témoignage sur notre blog.
 

 

Son témoignage alimente, une fois de plus, notre conviction selon laquelle Raoul Follereau fut avant tout un homme de marketing caritatif. Ainsi, dans l’exemple qui nous est ici rapporté, l’utilité effective de ces deux véhicules contre la lèpre est finalement moins importante que leur fonction de support de communication au service de Raoul Follereau : avec ce dernier, l’humanitaire devient un business où l’essentiel réside dans « la photo » et l’usage qui en sera fait.
 

 

Ce témoignage illustre également comment Raoul Follereau a personnellement cherché à se construire sa réputation "d’Apôtre des Lépreux".

 

Vous avez connu Raoul Follereau ou un des membres du clan Récipon ?

Vous souhaitez témoigner ici sur leurs méthodes et la finalité réelle de leurs actions ?

Vous souhaitez vous exprimer sur l'éventualité d'une béatification / canonisation de Raoul Follereau ?

=> Ecrivez-nous à ombrelumiere2010@hotmail.fr. Merci.

 

 

Par Romain Gallaud - Publié dans : La vie cachée de Raoul Follereau
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Lundi 26 septembre 2011 1 26 /09 /Sep /2011 08:31

 

 

Un internaute nous transmet une information qui confirme les accointances de Raoul Follereau avec les milieux antisémites de France et d'Algérie les plus radicaux.

 

Ainsi, l'édition algéroise de La Libre Parole, organe de presse violemment antisémite et aryanophile, publie-t-elle à plusieurs reprises courant 1936 l'encart suivant :

 

"Algérois,

Assistez tous à la réunion que notre ami Raoul Follereau donnera dimanche matin à l'Empire.

Le succès considérable qu'il a obtenu en Oranie, pays du nationalisme et de l'antisémitisme est le plus sûr garant de son talent et de son courage"

 

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Décryptage :

 

Nous avons déjà exposé longuement dans notre livre les points suivants (ici ou sur notre blog, ici, ici ou encore ici) :

 

- La Libre Parole, "feuille néo-hitlérienne" éditée par le Centre de Documentation et de Propagande, maison d'édition violemment antisémite et dirigée par Henri Coston qui se présentera, en 1936, aux élections législatives dans une circonscription d'Alger sous l'étiquette de "candidat antisémite d'union latine" ; Raoul Follereau , Président Général des Unions latines, apparaît dans La Libre Parole dès 1933, puis également en 1936 à l'occasion d'un compte rendu d'une conférence organisée par le CDP susmentionné ;

 

- les remous violemment nationalistes et antisémites qui secouent les départements d'Afrique du Nord, notamment Oran, ville de l'Abbé Lambert et de son Rassemblement National d'Action Sociale pour lequel Raoul Follereau anime au moins une conférence en décembre 1936 à Tiaret, Sidi-Bel-Abbès, ville surnommée "Petit Berlin" dont Raoul Follereau est fait citoyen d'honneur et dont le maire Bellat, son frère et une grande partie du conseil municipal sont membres actifs de La Ligue d'Union Latine de Raoul Follereau.

 

Nous savons par ailleurs que Raoul Follereau se rend en Algérie à au moins trois reprises : été 1936, hiver 1936-1937, printemps 1942 pour y tenir ses conférences dont nous avons vu la teneur fascisante et antisémite :

- promotion des thèses du complot judéo-bolchevique,

- soutien aux régimes fascistes italien ou espagnol,

- soutien au maréchal Pétain et au régime de Vichy.

 

Ce document illustre, une fois de plus, et confirme nos affirmations relatives à l'antisémitisme de Raoul Follereau ainsi que sa proximité idéologique avec les pires champions de l'antisémitisme radical.

 

 

Nous invitons tous nos lecteurs à nous transmettre le scan de tous les documents qui touchent, de près ou de loin, à ce que fit Raoul Follereau entre 1925 et 1945.

Par Romain Gallaud - Publié dans : La vie cachée de Raoul Follereau
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Jeudi 22 septembre 2011 4 22 /09 /Sep /2011 02:53

 

Notre livre Fondation Raoul Follereau, la contre-enquête sera très prochainement disponible dans toutes les bonnes librairies ainsi que par correspondance, aux éditions Golias.

 

L'ouvrage est en cours de finalisation. En avant première, voici sa couverture temporaire :

 

CouvFollereau22-9-11-2-Orange.jpg

 

 

 

Vous pouvez d'ores et déjà réserver le livre afin de le recevoir chez vous dès sa publication prévue pour début octobre 2011 (15 € TTC, frais de port de 3 € en sus).

 

 

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NB.

Depuis les débuts de notre blog, en avril 2010, notre démarche est totalement désintéressée.

L'édition d'une version papier de notre ouvrage répond à notre souhait d'élargir notre lectorat (librairies, bibliothèques) et de pérenniser l'accès à nos travaux pour tous (dépôt à la BNF, par exemple).

Néanmoins, afin que notre démarche ne souffre d'aucune ambiguité, nous nous sommes engagés à reverser nos droits d'auteur à une ou à des causes philanthropiques de notre choix.

En ce qui concerne la version numérisée de l'ouvrage, notre fichier PDF reste disponible gratuitement pour quelques jours, encore ; par la suite, il sera téléchargeable moyennant un prix que nous avons négocié au plus bas (environ 5 euros TTC).

 

Enfin, nous précisons que notre choix de travailler avec GOLIAS Éditions ne signifie pas que nous adhérons aux prises de positions de Golias Hebdo et de Christian Terras.

Cela étant précisé, le dossier Follereau nous semble suffisamment important pour que nous acceptions de faire un bout de chemin ensemble.


 

 


Par Romain Gallaud
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Jeudi 22 septembre 2011 4 22 /09 /Sep /2011 02:17

 

Suite à notre lettre ouverte aux évêques de France, nous avons été mis en contact avec Christian Terras, de la revue Golias.

 

Il a bien voulu nous recevoir et publier l'article qui suit (Golias Hebdo n°203 disponible ici pour 1,25€) :

 

 

http://golias-editions.fr/local/cache-vignettes/L220xH312/arton5006-45e58.pngLa Fondation Raoul Follereau tient le we du 24 septembre prochain son Congrès Annuel à Paray-le-Monial. À cette occasion, Monsieur Yvon Pinson, le président d'une association satellite de la Fondation intitulée Mouvement pour la glorification de Raoul et Madeleine Follereau, indiquera aux congressistes les dernières informations relatives au dossier de béatification de Raoul et Madeleine Follereau dont il a la charge. C'est dans ce contexte qu'un auteur pour l'instant anonyme, écrivant sous le pseudo de Romain Gallaud, multiplie les initiatives sur la toile afin de dénoncer ce qu'il estime être une supercherie à la fois historique, politique et spirituelle. Le 5 septembre dernier, il écrivait une lettre ouverte aux évêques de France et publia - sur internet - une enquête intitulée Fondation Raoul Follereau, la contre-enquête, qui sortira prochainement aux éditions Golias sous sa forme définitive. Golias Hebdo s'est longuement entretenu avec Roamin Gallaud qui se revendique ouvertement catholique et fidèle à l'Eglise de Rome.

Golias Hebdo : Par votre lettre ouverte aux évêques de France, et par votre livre Fondation Raoul Follereau, la contre-enquête, quel message avez-vous voulu transmettre au grand public ?

Romain Gallaud : Un message de prudence et de vigilance. Un certain nombre de catholiques sont attirés, de toute bonne foi, par les beaux discours dès lors qu’ils comportent les notions de générosité, de solidarité ou de partage. Soyons des catholiques attentifs aux choses telles qu’elles sont réellement et ne nous contentons pas de ce que certains essayent de nous faire croire ! Le monde des organismes caritatifs est devenu, parfois pour le meilleur, mais souvent pour le pire, un monde de charity business dans lequel la générosité publique est sollicitée selon des règles de marketing proches de celles usitées pour vendre des lessives ou des parfums.


Le don serait devenu un acte de consommation courante ?


Il suffit de voir la composition du conseil de surveillance de la Fondation Raoul Follereau pour s’apercevoir qu’il ressemble à s’y méprendre à un conseil d’administration d’une société à but lucratif : sur les neuf membres qui ne sont pas nommés par l’État, au moins quatre sont banquiers, gestionnaires de fortune ou directeur d’entreprise. Ni l’Église, ni les lépreux, ni les salariés ne sont représentés. Les bénévoles, quant à eux, sont représentés via une association sous contrôle dont nous parlerons plus tard. Plus significatif encore, le conseil de surveillance compte deux membres dits qualifiés dont les compétences personnelles sont censées être en rapport, en principe, avec l'activité poursuivie par la Fondation. À la Fondation Raoul Follereau, l’un des deux fut pendant longtemps un dirigeant d’une agence de communication et de publicité qui réside dans l’immeuble qui jouxte le siège de la Fondation, l’autre est dans la finance. Tout un symbole.


Dans votre lettre ouverte, vous parlez d’un risque d’instrumentalisation de l’Église.


Exactement. En 2009, la Fondation Raoul Follereau a créé une association intitulée Mouvement pour la glorification de Raoul et Madeleine Follereau dont le but est de promouvoir « la vie, la pensée et l’œuvre » de Raoul Follereau, y compris en entreprenant les démarches en vue de leur béatification et, le cas échéant, de leur canonisation. En tant que catholique romain, fidèle au pape et à ses évêques, c’est la crédibilité de l’Église que j’estime être en danger.

Quels sont les reproches que vous faites à Raoul Follereau ?

Ma lettre ouverte est adressée aux princes de l’Église, donc elle n’aborde que l’aspect canonique du dossier Follereau. Mais, en réalité, ma contre-enquête dénonce trois séries d’impostures : une imposture historique, une imposture juridique et une imposture comptable. Dans ces trois catégories, je démontre que la direction de la Fondation Raoul Follereau se moque de la loi française, de ses donateurs et de ses bénévoles et même, d’une certaine façon, de ceux de ses salariés qui sont de bonne foi.


Concernant la partie historique de votre démonstration...


L’imposture historique est le péché originel de la Fondation Raoul Follereau puisque c’est Raoul Follereau lui-même qui l’a orchestrée. Ainsi, je démontre, dans mon livre, que Raoul Follereau fut, de son vivant, le faussaire de sa propre Histoire.


Concrètement, que lui reprochez-vous ?


À partir du milieu des années cinquante, devant la notoriété mondiale dont il va soudainement bénéficier grâce à ses initiatives en faveur des lépreux, Raoul Follereau va raconter des centaines de fois, par oral, par écrit, à la télévision ou la radio qu’il a embrassé la cause des lépreux dès 1925 et qu’il n’a jamais fait autre chose que de leur consacrer sa vie. Il va ainsi bénéficier de surnoms tels l’Apôtre des Lépreux ou le Vagabond de la Charité. Depuis, de multiples relais d’opinion ont diffusé plus ou moins explicitement cette supercherie soit par complaisance, soit par ignorance, soit par crainte de provoquer un scandale dont les lépreux auraient été, in fine, les victimes.


Personne n’a contredit cette version des faits ?


Si, deux organisations ont démenti ce mythe. Tout d’abord l’Ordre de Malte publie chaque année dans son dossier de presse consacrée à la Journée Mondiale des Lépreux un petit entrefilet, rédigé en termes fort diplomatiques, qui rappelle que la première rencontre de Raoul Follereau avec les lépreux s’est passée en 1938, sous l’égide de la branche française de l’Ordre.


Et la deuxième ?


C’est là que cela devient cocasse, car c’est la Fondation Raoul Follereau elle-même qui se vit contrainte de contredire son fondateur et de reconnaître que cette date de 1925 est fantaisiste. Dorénavant, elle s’est repliée sur 1936 sur la base d’une vague convergence d’indices, tout en admettant implicitement que Raoul Follereau n’a strictement rien fait  pour les lépreux avant 1943, ce qui ne l’empêche aucunement d’asséner autant qu’elle peut, surtout à destination des enfants, la légende dorée de l’homme qui consacra sa vie aux lépreux.


Nous ne savons pas ce qu’a fait Raoul Follereau entre 1925 et 1943 ?


Bien sûr que si. Étienne Thévenin fut le premier historien à tirer une première photographie légèrement moins allégorique de l’histoire de Raoul Follereau. Mais il ne tira pas les conséquences de ses propres constatations et resta dans une démarche particulièrement hagiographique, voire courtisane. Ainsi, entre 1925 et 1937, Raoul Follereau fut le dirigeant d’une ligue d’extrême droite qui, sous l’objectif officiel de lutter contre tous les paganismes et toutes les barbaries, visait à promouvoir des conceptions politiques directement inspirées par le nationalisme intégral, la doctrine contre-révolutionnaire, antisémite et xéno phobe enseignée par Charles Maurras et par son école, l’Action française. Dans cette lutte contre les « loges, le ghetto et le bolchevisme », Raoul Follereau côtoie et fréquente la fine fleur de l’extrême droite française et européenne : Xavier Vallat, Henry Coston, Philippe Henriot, Louis Darquier de Pellepoix, l’Internationale fasciste, etc. Sans compter ses harrangues teintées d’antisémitisme. À partir de 1937, il fonde les Fondations Charles de Foucauld et exploite abondamment l’image et la notoriété nais sance du Petit Frère universel pour promouvoir une France nationale, colonialiste et conquérante. Louis Massignon, dira de Raoul Follereau en 1945 qu’il est un « marchand du temple » de la mémoire de Charles de Foucauld tandis que le Père Voillaume, confirmera en 1988, la réputation fascisante de l’organisation de Raoul Follereau.


Déjà un premier phénomène d’instrumentalisation d’une figure de l’Église.


Tout à fait, chez Raoul Follereau, les vertus chrétiennes sont encensées mais elles sont, en réalité, pour qui s’y penche plus finement, dévoyées au service d’un projet politique


Et quel fut le comportement de Raoul Follereau pendant la seconde guerre mondiale ?


Dans la continuité de ses idéaux nationaux, Raoul Follereau campa sur une ligne  toute maurassienne : la haine de l’étranger anglo-saxon et du bolchevisme russe amène Raoul Follereau à considérer que le salut de la France ne peut se trouver que dans une France nouvelle débarrassée de ses éléments qui la dénaturent de l’intérieur : il appelle donc à l'unité des catholiques autour du Maréchal Pétain. Étienne Thévenin écrit pudiquement que Raoul Follereau se fit le promoteur des « principes moraux de la Révolution Nationale » (sic).


Quel regard Raoul Follereau porta-t-il, après 1945, sur ses activités entre 1925 et 1945 ?


Étienne Thévenin nous indique que Raoul Follereau garda intactes, toute sa vie, ses convictions politiques mais qu’il prit soin de ne plus en faire état publiquement. D’ailleurs, il continue à fréquenter les milieux pétainistes tel le Général Weygand ou l’Association Universelle des Amis de Jeanne d’Arc en 1956. Mais c’est sur la tombe de Raoul Follereau que nous trouvons la meilleure preuve de sa fidélité persistante à ses idéaux fascisants. Que croyez-vous qu’il y fit graver ? Un extrait d’un évangile ? Une citation d’un docteur de l’Église voire même de Charles de Foucauld ? Non. C’est une citation de Charles Maurras, le père excommunié par Rome du nationalisme intégral que Raoul Follereau fit graver sur sa tombe.


Un clin d’oeil politique ?


Bien sûr. Une façon de dire « je n’ai plus rien dit, mais je n’en pensais pas moins ». Il suffit de lire dans son intégralité le poème dont les vers sont extraits pour se convaincre que Raoul Follereau délivre ici son testament politique, ce qui n’est pas d’ailleurs, sans poser problème pour son éventuelle canonisation.


Le Vatican avait condamné, en 1926, la doctrine professée par l’Action française de Charles Maurras ?


Certes, mais Raoul Follereau fit partie des insoumis et refusa d’obéir au pape Pie XI. Si l’Église veut effectivement béatifier Raoul Follereau, il faudra qu’elle se prête à un sacré numéro d’équilibriste pour ne pas piétiner Pie XI. C’est aussi cela, le piège qui est aujourd’hui tendu à l’Église de France. De façon indirecte, le Mouvement pour la glorification de Raoul et Madeleine Follereau réveille les fantômes de Charles Maurras et de sa condamnation de 1926. D’ailleurs, André Récipon ne fait pas mystère de ses convictions catholiques réactionnaires : « Affirmer notre foi, c’est faire à l’envers le demi-tour que nous a contraints d’accomplir la révolution de 1789. »


Dans votre livre, vous exposez les convictions politiques et religieuses d’André Récipon.


Oui et il faut bien reconnaître que les points de convergence avec Raoul Follereau sont flagrants. Nous déplorons qu’André Récipon, actuel président d’honneur de la Fondation Raoul Follereau, puisse tenir des propos antisémites, xénophobes, pétainistes et même lavalistes sans être inquiété par quiconque. Son fils, Michel Récipon, actuel président du Directoire de la Fondation Raoul Follereau, a toujours refusé de condamner les propos extrémistes de son père. Ce n’est pas pour rien que la plupart des autres associations Raoul-Follereau ont rompu, dès le début des années 1990, tout contact avec la Fondation Raoul Follereau : « Une famille présidant à l’association française Raoul-Follereau [la famille Récipon], accaparant un pouvoir absolu, a détourné l’esprit de la pensée du fondateur pour se tourner vers des idéologies de la droite ultra et vers une branche intégriste et fondamentaliste de l’Église. »


Qui est André Récipon ?


Votre question me permet de passer à la deuxième imposture : l’imposture juridique organisée par André Récipon, l’héritier choisi par Raoul Follereau pour poursuivre son oeuvre. Je démontre, dans mon livre comment André Récipon a organisé la Fondation Raoul Follereau comme un fief familial, propriété exclusive et héréditaire de la famille Récipon. D’ailleurs, je peux rappeler ici ses convictions monarchistes : pour lui, « la primauté de la majorité sur la minorité (...) est une forme de dictature ». Ce qui augure bien du respect qu’André Récipon accorde au principe de l’expression démocratique.


En quoi cela constitue-t-il une imposture juridique ?


Il y a imposture juridique dans le sens où la reconnaissance d’utilité publique est, en droit français, conditionnée à l’indépendance de la Fondation par rapport à ses fondateurs. Concernant la Fondation Raoul Follereau, cette indépendance est artificielle. Dans notre livre nous expliquons comment l’Association des Amis de la Fondation Raoul Follereau et la Fondation Raoul Follereau sont toutes deux verrouillées par un petit nombre de membres fondateurs qui se cooptent les uns les autres. C’est donc la reconnaissance d’utilité publique, et donc tous les avantages fiscaux qui en découlent, qui est en cause.


Que fait l’État face à cette situation ?


Lors d’un scandale précédent, en 2002, l’IGAS avait révélé l’extrême concentration  des pouvoirs autour d’André et de Michel Récipon, son fils, actuel président du Directoire de la Fondation Raoul Follereau. Et je ne parle pas de l’étrange récurrence de noms constatée dans le groupe Follereau où des entités non lucratives partagent leurs frais généraux avec des entités lucratives, les dirigeants des premières se trouvant être actionnaires des secondes… Tout cela est éminemment suspect. Disons sobrement que si les Récipon avaient voulu jouer la carte de l’irréprochabilité et de la totale transparence financière, ils auraient organisé leur montage juridique différemment. Nous retrouvons d’ailleurs cette même opacité dans la présentation des comptes annuels de la Fondation Raoul Follereau.


Après l’imposture historique puis juridique, c’est l’imposture comptable ?


Exactement. Tout cela se tient. Ce ne sont que des déclinaisons différentes d’une même et unique mentalité. La Fondation Raoul Follereau prétend, chaque année, consacrer aux alentours de 70% des dons qu’elle a reçu à ce que l’on appelle les missions sociales, c'est-à-dire, à la finalité caritative, nette de frais parasites et de charges diverses, poursuivie par l’organisme.

 

Ce n’est pas le cas ?


La Fondation Raoul Follereau prétendra que si et avancera le fait que ce chiffre a été validé par ses commissaires aux comptes et par le bureau Véritas. En ce qui me concerne, je ne partage pas ce point de vue. Lorsqu’on examine attentivement les rapports annuels des exercices 2005 à 2008, il est possible de s’apercevoir que la Fondation Raoul Follereau qualifie de missions sociales toute une série de dépenses qui, de notre point de vue, n’en sont pas. Par exemple, le financement du Congrès annuel de la Fondation Raoul Follereau est considéré comme une dépense de mission sociale et non comme une dépense de fonctionnement. De même, les dépenses inhérentes à la revue Lèpres sont qualifiées de missions sociales alors que Michel Récipon, en personne, explique que le journal Lèpres sert à collecter des fonds.


Vous parlez des exercies 2005 à 2008. Et après ?


Concernant les exercices 2009 et 2010, c’est pire : alors que, jusqu’à lors, la Fondation Raoul Follereau poursuivait quatre missions sociales (aide aux lépreux et programmes de santé, aide au développement, aide aux enfants en détresse, aide à la réinsertion par l’emploi en milieu rural en France), le Fondation en a rajouté une cinquième intitulée Diffusion du message de Raoul Follereau.


Où est le problème ?


Le problème est double. Tout d’abord il existe l’épaisseur d’une feuille de papier bible entre le fait de diffuser le message de Raoul Follereau et le fait de promouvoir les actions de la Fondation et donc, de collecter des fonds pour les financer. Or, cela fait partie des obligations comptables de la Fondation Raoul Follereau de distinguer les frais de collecte de fonds des frais employés pour les missions sociales. Grâce à cette argutie syntaxique, la Fondation Raoul Follereau a érigé l’autopromotion au rang de mission sociale.


Vous disiez que le problème était double...


Oui, le deuxième aspect de cette mission sociale intitulée « Diffusion du message de Raoul Follereau », c’est son caractère occulte. Sur les supports de la Fondation Raoul Follereau, vous trouverez de façon circonstanciée la présentation des quatre missions sociales historiques que la Fondation Raoul Follereau se propose d’assurer. En revanche, comme par hasard, la cinquième mission sociale intitulée « Diffusion du message de Raoul Follereau » ne figure sur aucun support communiqué au grand public ; il faut lire les petites lignes du rapport annuel pour la découvrir. Et elle n’est pas anodine : pour 2009, elle pèse 1,7 millions d’euros, soit 17 % du total du poste des missions sociales. Le donateur potentiel qui s’en tient à la documentation de base de la Fondation Raoul Follereau (qui osera affirmer que les donateurs lises les rapports annuels avant de donner ?) est donc volontairement maintenu dans l’ignorance de l’utilisation réelle et effective de son argent.


Maintenant que votre message est passé, quelle est la finalité de votre action ?


Golias se veut être l’empêcheur de croire en rond. Je ne partage pas vos prises de position, loin de là, mais j’apprécie la formule. Je crois intimement à la nécessité de contre-pouvoirs sans quoi l’exercice du pouvoir tourne rapidement à l’oppression. Face à la famille Récipon, il n’existe pas de contre-pouvoirs. Par crainte des mesures de rétorsion, de représailles ou du scandale, nombreux sont ceux qui savent, mais qui se taisent. Face à la Fondation Raoul Follereau et à ses 20 millions d’euros de réserve, outre les plus-values latentes sur son patrimoine immobilier, je ne peux pas grandchose sinon jouer le rôle du poil à gratter. En espérant que l’Église et l’État finiront par m’entendre et intervenir. Je le souhaite ardemment car je préfère encore être entendu et désavoué plutôt que de subir un silence assourdissant qui pourrait facilement être interprété comme étant complice des faits que je dénonce.

Propos recueillis par
Christian Terras

(c) Golias Hebdo 21 septembre 2011 n° 203

http://golias-editions.fr/article5006.html

Par Romain Gallaud
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Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 16:06

 

 

 

En cette rentrée de septembre 2011, nous avons décidé d'attirer l'attention de l'Église de France sur le dossier de canonisation de Raoul et Madeleine Follereau.

 

Le document PDF est visible en cliquant ici.

 

Si vous souhaitez obtenir le fichier PDF, vous pouvez soit le télécharger via la plateforme ici soit nous adresser un mail à romain.gallaud@hotmail.fr (cliquer ici). Nous vous le ferons parvenir gracieusement.


Le texte de cette lettre ouverte est retranscrit ci-après :

 

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Romain Gallaud           

 Paris, le 26 août 2011

Mail :

romain.gallaud@hotmail.fr

Blog :

http://follereau-entre-ombre-et-lumiere.over-blog.com/

Livre Fondation Raoul Follereau, la contre-enquête :

http://fr.calameo.com/read/0006650043623cd491ca7

 

 

 

 

 

LETTRE OUVERTE
AUX CARDINAUX, ARCHEVÊQUES ET ÉVÊQUES DE FRANCE

 

 

Nous signalons que cette lettre a préalablement été adressée par mail, à titre d’information,
aux principaux responsables de la Fondation Raoul Follereau le 29 août 2011.

 

 

 

 

Éminences, Messeigneurs,

 

Si nous nous permettons de vous écrire cette lettre, c'est afin d'attirer votre attention et votre vigilance sur un dossier qui revêt, pour les catholiques romains que nous sommes et pour l'Église en général, la plus haute importance.

Sans doute connaissez-vous Raoul Follereau.

Sans doute avez-vous entendu parler de ses nombreuses actions en faveur des lépreux.

Sans doute avez-vous appris l'existence d'une association intitulée Mouvement pour la glorification de Raoul et Madeleine Follereau créée dans le but de « promouvoir et donner en exemple la vie, l’œuvre et la pensée de Raoul et Madeleine Follereau » et, à cet effet, d’entreprendre « les démarches nécessaires à l’ouverture d’une enquête en vue d’une procédure en canonisation de Raoul et Madeleine Follereau ».

Vous n’êtes pas sans savoir ce qu’une telle procédure impliquerait pour l’Église et pour les fidèles si elle devait aboutir favorablement.

C’est pourquoi, convaincus d’obéir à notre devoir de catholique et à notre conscience, habités par le souci de préserver la crédibilité de notre Église et de contribuer à sa défense contre toutes les agressions, d’où qu’elles proviennent, y compris de ses propres rangs, nous portons devant vous nos réserves les plus vives quant à la légitimité d’une béatification ou d’une canonisation de Raoul et Madeleine Follereau.

« Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. S'il ne t'écoute pas, prends encore avec toi une ou deux personnes afin que toute l'affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté de l'Église ; s'il refuse encore d'écouter l'Église, considère-le comme un païen et un publicain. » (Matthieu 18, 15-17)

Il est certain et nous en convenons aisément que Raoul Follereau a marqué la période de 1950 jusqu’à sa mort, en 1977, par ses initiatives en faveur des lépreux. Cependant, entre reconnaître à Raoul Follereau certains mérites précisément énoncés et délimités dans le temps et considérer son couple comme vertueux aux yeux de l’Église catholique, il existe un fossé qui nous semble dépasser très largement les limites de ce qui peut être accepté. Car la recherche de la reconnaissance des vertus du couple Follereau n’échappera pas à l’examen attentif et impartial de la vie, de la pensée et de l’œuvre Raoul Follereau.

Pour Raoul Follereau, l’Église est au service d’une vision « nationale » de la Patrie française, héritière de l’esprit latin

Pour bien saisir la pensée, la doctrine et l’œuvre de Raoul Follereau, il convient de remonter au milieu des années 1920 lorsqu’il fonde La Ligue d’Union latine, et son journal, L’Œuvre latine. Cette doctrine et pensée, conceptualisée dans deux conférences qu’il réitérera à de très nombreuses reprises, Faudra-t-il arracher les cordes de la lyre ?, Le sourire de la France et dans un livre La Trahison de l’intelligence, doctrine jamais reniée par la suite, s’inspire très largement des conceptions politiques développées sous l’égide de l’école de L’Action française de Charles Maurras, le « nationalisme intégral ». Or, vous n’êtes pas sans savoir que cette doctrine qui vise à se servir d’une « Église vidée de l’Évangile » (la formule est de Mgr Ricard, Évêque de Nice, La Croix, 23 septembre 1927) fut condamnée par le Vatican dès 1914 puis, plus formellement, en 1926 par un décret du Saint-Siège.

Ouvrons une parenthèse pour rappeler que Raoul Follereau refusa de se soumettre aux interdictions pontificales de l’époque, ce qui signifie, nous semble-t-il, qu’il encourait de ce fait l’excommunication latae sententiae. Par conséquent, béatifier Raoul Follereau ne reviendrait-il pas à désavouer Pie XI ainsi que la plupart de vos prédécesseurs de l’époque qui, obéissant au Saint-Siège, ont relayé et expliqué aux fidèles catholiques la décision du successeur de Saint Pierre ? Rappelons également que la doctrine de L’Action française de Charles Maurras est toujours officiellement condamnée car si Charles Maurras et ses comparses obtinrent en 1939 la levée de leur excommunication, ce ne fut qu’en contrepartie de la reconnaissance formelle de leurs fautes, de leur entière soumission et de leur engagement solennel de ne plus réitérer leurs erreurs passées. Or, les similitudes sont nombreuses entre la doctrine maurrassienne condamnée par Rome et celle développée par Raoul Follereau.

Ainsi, Raoul Follereau procédait-il abondamment, dans ses écrits et ses conférences, à l’apologie de l'institution ecclésiale française et des religieux catholiques français. Néanmoins, derrière ces éloquents et flamboyants discours, la finalité véritablement poursuivie par Raoul Follereau était la promotion d’une organisation sociale et politique de la patrie, organisation fondée sur une interprétation toute maurrassienne de la culture gréco-latine dont les principales caractéristiques étaient, selon Raoul Follereau, « l'ordre, la discipline et la clarté ». Ainsi, lorsque Raoul Follereau partit en croisade, au début des années trente, contre les lois de laïcité et de séparation avec ses conférences « Les lois antireligieuses de 1904 trahissent la France », c’était avant tout pour défendre une vision de l’État dans laquelle le catholicisme, en tant que religion d’État, joue un rôle de ciment social, garant d’une cohésion nationale.

Ainsi, chez Raoul Follereau, Dieu n’est pas une vérité surnaturelle mais un outil mis au service d’une idéologie politique. Cette position doctrinale est le fruit direct du positivisme maurrassien. Ainsi, affirmait-il, par exemple, que « Dieu est une nécessité philosophique » sans le secours duquel « la société est incapable de maitriser l’individu » : en soutenant l’Église de France et la religion catholique, Raoul Follereau ne professe pas sa Foi personnelle, il recherche un régulateur des masses populaires.

Autrement dit, dans sa doctrine, Raoul Follereau instrumentalise la Foi catholique et l’Église de France à des fins partisanes. Ses initiatives apparemment altruistes consistent en réalité à monétiser la pratique de la Charité chrétienne par les fidèles catholiques et à la détourner au profit d’un idéal nationaliste hypertrophié marqué par son ethnocentrisme, ce qui fera dire en 1945 à Louis Massignon, le célèbre islamologue, que Raoul Follereau est un « marchand du temple » de la mémoire de Charles de Foucauld.

Dans ce cadre, Raoul Follereau mena un véritable « combat politico-chrétien » (dixit André Récipon) d’une grande violence intellectuelle dans lequel se multiplient les anathèmes à l'égard de tout ce qui ne correspond pas à sa définition du « pays réel » et de sa perception de ce que devrait être « la vraie France » : si les bolcheviques et les francs-maçons constituaient la cible principale de ses attaques, les étrangers, les protestants, les socialistes, les libéraux, les catholiques modérés ou ralliés à la République n’étaient guère épargnés : « admettre Luther, c’est attendre Lénine » ou « Les bien-pensants sont devenus des rien-pensants. Au lieu d’être charitables, ils sont devenus modérés, libéraux, comme si la vérité supportait un marchandage, un compromis ou une atténuation. Sous prétexte de concilier, ils ont déserté, ils ont renié. » ou encore, à propos de Freud, « il est étranger et dangereux en tant que tel ».

Et c’est seulement pour mémoire que nous ne faisons que mentionner le mépris de Raoul Follereau pour les autres formes d’expression artistique ou culturelle que la sienne : il rejette catégoriquement tout ce qu’il estime être étranger au « génie français » et donc dangereux pour la suprématie de « l’esprit latin ».

Cette doctrine de Raoul Follereau, que nous n’hésitons pas à qualifier d'extrême droite nationale-catholique, l’amena à consacrer toute la période 1926 – 1939 à la promotion d'un projet nationaliste aux forts relents fascistoïdes. Et c’est donc en toute logique que Raoul Follereau soutint ou adhéra à la plupart des mouvements dits nationaux d’Europe et d’Amérique du sud de l’époque : activisme intensif au profit du régime fasciste italien et du franquisme espagnol, convergences avec le salazarisme portugais et l’austro-fascisme de l’autrichien Dolfuss, participation au Comitati d’Azione per l’Universalita di Roma dite Internationale fasciste et bien d’autres encore.

Signalons en outre que Raoul Follereau n'échappa pas à l'hystérie antisémite qui caractérisa une importante partie de l'extrême droite française de l'entre-deux-guerres. Ainsi avons-nous démontré que Raoul Follereau écrivit et tint des propos antisémites qui s’inscrivaient dans le droit fil du complot judéo-bolchevique de l’époque : « Lénine, ce Moïse rouge », « ces oiseaux de proie venus s’abattre sur la France, (…) ces financiers internationaux qui sont de partout et de nulle part et dont le porte-monnaie remplace le cœur et qui forment la Société Le Komintern », « [les juifs] race toute puissante », « Le bolchevisme n’est que la hyène qui achève l’agonisant pour se repaître du cadavre. Les assassins de l’Homme sont de plus ancienne lignée ». En outre, il côtoya sans scrupules ni gêne les pires références de l'antisémitisme radical : article élogieux sur Henri Béraud, conférences organisées par ou avec le soutien des mouvements dits nationaux au cours desquelles il partage la tribune avec Philippe Henriot, Roger de Saivres, Henry Coston, Henri-Robert Petit, Jacques Ditte, Louis Darquier de Pellepoix, ou les milieux antisémites et fascisants des départements d'Algérie, et bien d’autres.

Enfin, et nous nous arrêterons là, nous rappelons que Raoul Follereau fut et demeura un fervent pétainiste, sillonnant la France pour y tenir des conférences de soutien à la politique de « redressement national » du Maréchal entre 1940 et 1944 (notamment Ce que le monde doit à la France) et faire la promotion des « principes moraux de la Révolution Nationale » du régime de Vichy.

À partir de 1945, Raoul Follereau assiste à la déroute de ses idées politiques. Il prendra soin, dorénavant, de ne plus en faire part publiquement et ne se montrera plus que sous son jour le plus favorable, quitte à travestir son passé en se faisant passer pour l’homme qui a consacré toute sa vie pour les lépreux (cf. son livre 1927 – 1977, Cinquante années au service des lépreux, cinquante souvenirs) alors que sa première action effective pour les lépreux ne remonte qu’au 15 avril 1943 et qu’il n’embrasse réellement cette cause qu’au début des années 1950.

En 1977, tel un ultime clin d’œil donnant le sens réel de ce que fut sa vie, c’est une citation de Charles Maurras que Raoul Follereau fit graver sur sa tombe.

Telle est, entre autres caractéristiques nauséabondes, une facette des vérités sur « la vie, l’œuvre et la pensée » de Raoul Follereau que certains voudront dissimuler ou réinterpréter à leur façon.

Le 30 août 1997, les évêques de France faisaient courageusement acte de repentance et confessaient les fautes de l'Église sous le régime de Vichy. Il serait paradoxal, et pour le moins déconcertant, que, quelques années plus tard, les mêmes princes de l’Église laissassent prospérer une démarche de canonisation d'un homme qui fut le promoteur hyperactif du Maréchal Pétain, du régime de Vichy et de leurs sous-jacents idéologiques maurrassiens et fascisants.

Un risque d’instrumentalisation de l’Église.

Notre exposé serait incomplet si nous omettions de dire que le successeur choisi par Raoul Follereau, André Récipon, actuel président d'honneur du Conseil de Surveillance de la Fondation Raoul Follereau dont dépend l’association dont nous parlons, professa, il y a une dizaine d'années, des convictions marquées par l'antisémitisme, la xénophobie, la tentation du révisionnisme ou la hantise du complot judéo-bolchevique, sans compter quelques marques d'allégeance ou de courtoisie au pétainisme et à la Révolution Nationale. Il est malheureusement à noter que Michel Récipon, son fils, président du Directoire de cette même Fondation Raoul Follereau, n'a jamais pris de distance avec ces propos.

Nous vous invitons à la plus grande prudence et à réfléchir sereinement pour débusquer quelle pourrait être, pour des disciples de Charles Maurras selon lequel l’adage « Politique d’abord ! » rimait avec « Par tous les moyens ! », la ou plutôt les significations exactes d’un dossier de béatification pour une vie conjugale supposée exemplaire du couple Follereau.

Il serait incomplet également de ne pas souligner que le libellé même des statuts de l’association Mouvement pour la glorification de Raoul et Madeleine Follereau n’est pas sans rappeler le mercantilisme que nous reprochons à Raoul Follereau puisque la démarche de canonisation est explicitement présentée comme le moyen de promouvoir « les œuvres dont il a suscité la création », autrement dit la Fondation Raoul Follereau qu’André Récipon revendique comme un héritage familial.

Dans ce contexte, il nous revient en tête les paroles du cardinal Andrieu qui, parlant de Charles Maurras et de l’Action française, écrivait en 1926 : « Catholiques par calcul et non par conviction, les dirigeants de l’Action française se servent de l’Église, ou du moins ils espèrent s’en servir ».

Cardinaux, archevêques, évêques, éclairez vos fidèles !

Pour l’ensemble de ces raisons, et toutes celles, non exposées dans cette présente lettre mais que nous exposons dans notre contre-enquête disponible sur internet, il est grand temps, nous semble-t-il, d’amener la lumière sur une entreprise de glorification qui se prétend catholique, notamment auprès de certains bénévoles et donateurs, mais qui prétend, en réalité, promouvoir un homme dont toute une partie de la vie, de la pensée et de la doctrine fut consacrée à des idéaux plus que contestables.

C'est pourquoi nous vous implorons humblement d’apporter une réponse claire à nos réserves et à nos interrogations : si nos arguments devaient être publiquement désavoués par l’Église, qu’ils le soient formellement et nous nous inclinerons.

Dans le cas contraire, énoncez-le tout aussi clairement afin que cesse ce qu’il conviendrait alors d’appeler une imposture.

Dans cette espérance, et vous souhaitant bonne réception des présentes, nous vous remercions pour votre attention et vous prions d'agréer, Éminences, Messeigneurs, l'expression de nos sentiments filiaux les plus respectueux.

 

 

Romain Gallaud

romain.gallaud@hotmail.fr

Plus d’information et tous les détails
dans notre livre Fondation Raoul Follereau, la contre-enquête
disponible gratuitement sur internet à l’adresse suivante : 

http://fr.calameo.com/read/0006650043623cd491ca7 

 

Par Romain Gallaud - Publié dans : La vie cachée de Raoul Follereau
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Mercredi 17 août 2011 3 17 /08 /Août /2011 14:03

 

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Dans nos articles précédents, ainsi que dans notre livre (disponible gratuitement ici), nous avons souligné les facettes fascistes et antisémites de Raoul Follereau que ses héritiers d'aujourd'hui, la Fondation Raoul Follereau, souhaiteraient faire oublier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi avons-nous largement développé les relations particulières nouées par Raoul Follereau avec, entre autres :

 

  • Mussolini, l'inventeur du fascisme,

 

http://www.devoir-de-philosophie.com/images_dissertations/144027.jpg

 

  • Charles Maurras, celui du nationalisme intégral et théoricien des concepts de France et d'Anti-France,

 

http://uktk.org/wp-content/uploads/2010/12/charles-maurras-300x187.jpg

 

  • Henry Coston, le directeur hitlerophile de La Libre Parole,

http://www.cairn.info/loadimg.php?FILE=AJ/AJ_431/AJ_431_0012/fullAJ_id9782251694306_pu2010-01s_sa03_art03_img001.jpg

 

  • ou encore Xavier Vallat et Louis Darquier de Pellepoix, tous deux députés antisémites, futurs Commissaires aux Questions Juives du régime de Vichy,

http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/blum-debat/vallat.jpghttp://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/Grandes110/9/5/5/9782283022559.gif

 

  • le Maréchal Pétain, que l'on ne présente plus,

http://www.academie-francaise.fr/images/immortels/portraits/petain.jpg

 

 

  • etc.

 

 

 

 

Un nouveau document a été porté à notre connaissance.

 

Il s'agit d'un article de presse qui démontre, une fois de plus, la proximité de Raoul Follereau avec divers éléments fascistoïdes français des années trente (journal Le Matin, daté 11 septembre 1935 disponible gratuitement ici, cf. page 2).

 

Cet article, intitulé "Une manifestation franco-italienne à la salle Wagram" relate brièvement la tenue d'une conférence organisée pour célébrer l'amitié franc-italienne, conférence à laquelle Raoul Follereau participe en qualité d'orateur.

 

Outre Raoul Follereau et divers représentants italiens, les intervenants français cités sont :

 

  • Philippe Henriot, membre des Jeunesses Patriotes, futur figure de proue de la collaboration et du régime de Vichy dont il deviendra le talentueux secrétaire d'État de l'Information et de la Propagande. Il sera exécuté par la Résistance.

http://www.witzgilles.com/images/armenie/henriot1.jpg

 

 

  • Roger de Saivres, principal fondateur des Phalanges universitaires des Jeunesses patriotes dont il devient le commissaire général, puis membre des Jeunesses Patriotes et rédacteur en chef de son journal National ; théoricien de la Révolution Nationale, Roger de Saivres fondera en octobre 1940 une organisation de jeunesse, la Jeunesse de France et d'Outre-mer qui entend mener une action révolutionnaire fondée sur une rhétorique et une geste franchement activistes, autoritaires, xénophobes, antisémites et anticommunistes. Il deviendra en juillet 1941 chef adjoint du cabinet civil du Maréchal Pétain chargé de la Jeunesse,

 

http://www.assemblee-nationale.fr/sycomore/biographies/photo/jpg/6239.jpg

 

  • Jean-Pierre Maxence, journaliste et écrivain d'extrême-droite, adhérent au mouvement Solidarité française, futur soutien de la Révolution Nationale du Maréchal Pétain, en fuite en Suisse au moment de la Libération, il sera condamné par contumace à vingt ans de travaux forcés,

 

http://lephoton.hautetfort.com/media/01/01/1085809494.jpg

 

 

  • Philippe de Zara, mussoliniphile, secrétaire général du Comité France-Italie.

 

 

Et c'est sans parler du service d'ordre qui était assuré, ce soir-là par des groupement du front national (le front national était, à l'époque, une coalition destinée à rassembler les principaux mouvements dits nationaux) :

 

 

 

  • Solidarité française, mouvement créé par René Coty qui se faisait appeler le « Duce français »et emprunta aux fascistes italiens le défilé au pas cadencé, le port de l'uniforme - la chemise bleue - et salut « à l'antique »,

http://www.histoire-image.org/photo/portfolio/win1_gariel_001i.jpg

 

 

 

  • Jeunesses Patriotes, mouvement fascistoïde, d'inspiration bonapartiste et mussolinienne,

 

  • Camelots du Roi, émanation de l'Action Française de Charles Maurras.

 

http://mvmm.org/c/images/div20/camelots.jpg

 

 

Ce délicat aréopage, Raoul Follereau inclus, achève la réunion sur cet émouvant acte de foi : "À l'Italie de Garibaldi, de d'Annunzio et de Mussolini, ils répondent «présent» ".

 


 


 

Par Romain Gallaud - Publié dans : La vie cachée de Raoul Follereau
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Mercredi 20 juillet 2011 3 20 /07 /Juil /2011 18:30

 

C'est Bruno Gollnish, membre du bureau politique du Front National, ex-dauphin de Jean-Marie Le Pen, qui l'affirme ...

 

http://www.gollnisch.com/2011/07/19/la-nebuleuse-communiste-face-au-cas-andre-gerin/

 

Mais, ce que monsieur Gollnish ne dit pas, c'est qu'au-delà de ses opinions personnelles, Raoul Follereau se fit l'avocat du pétainisme et de la Révolution Nationale du Régime de Vichy, mulipliant les conférences de soutien dans toute la France non-occupée.

 

Ce qu'il ne dit pas non plus, c'est que pétainiste il fut, mais surtout, et c'est plus grave, pétainiste il demeura.

 

Bien sûr, dix ans plus tard, Raoul Follereau se fera fort de se faire passer pour celui qui a consacré sa vie - toute sa vie - à la cause des lépreux ...

 

Et naturellement, la Fondation Raoul Follereau omet cette facette du personnage dans son apologie du grand homme.

 

Ce qui n'empêche pas André Récipon, fondateur de la Fondation Raoul Follereau, actuel président d'honneur et membre du conseil de surveillance, de tresser des lauriers au Maréchal Pétain ... ainsi qu'à Pierre Laval ...

 

Pour en savoir plus sur l'imposture Follereau, lisez notre livre gratuit "Fondation Raoul Follereau, la contre-enquête" disponible gratuitement ici.

 

 

 

 

 

 

 

Par Romain Gallaud - Publié dans : La vie cachée de Raoul Follereau
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Dimanche 10 avril 2011 7 10 /04 /Avr /2011 15:20

 

Retrouvez cet article mis à jour dans notre livre PDF gratuit.

 


Nous sommes en avril 1943.

Raoul Follereau aura 40 ans dans quelques semaines.


http://files.myopera.com/Prayerman/blog/follereau.jpgPour la première fois de sa vie, celui qui prétendra plus tard avoir consacré toute sa vie à la défense des lépreux anime une conférence à Annecy dans le but de collecter des fonds pour le financement d'un projet de  village à Adzopé, en Côte d'Ivoire. Selon l'histoire "officielle" de Raoul Follereau - celle promue par la Fondation homonyme et ses hagiographes autorisés - cette conférence d'avril 1943 marque les débuts concrets de sa vocation d'"Apôtre des Lépreux".

 

Pourtant, une analyse plus approfondie du contexte nous amène à relativiser le propos : si, effectivement, le projet d'Adzopé présentait une dimension généreuse et caritative incontestable, il présentait aussi (et surtout ?) aux yeux de Raoul Follereau une dimension politique extrêmement forte, à ce point qu'il est possible de se demander si ce qui intéresse Raoul Follereau, c'est le sort des lépreux, ou bien la contrepartie politique qu'il attend en retour de l'aide qu'il leur apporte.

 

Cette confusion où des moyens d'ordre culturels ou religieux sont mis au service d'une finalité politique, essentiellement ultranationaliste, n'est pas nouvelle. Elle est même constante, dans la vie de Raoul Follereau. Cela mérite quelques brefs rappels.


Rappels des initiatives à finalité ultranationaliste de Raoul Follereau

http://mesi07.com.ar/Medallas/M1632.jpgLorsqu'en 1930 Raoul Follereau expose sa doctrine politique, largement inspirée par le maurrassisme (voir ici sa filiation intellectuelle avec Charles Maurras) et le fascisme italien (voir ici son idolâtrie pour Benito Mussolini), il expose comment La Ligue d'Union latine qu'il a fondée avec quelques camarades (dont Michel Rameaud, futur beau-père d'André Récipon), a pour ambition, derrière un objectif officiel d'ordre littéraire et artistique, de promouvoir des conceptions réactionnaires et ultracléricales situées très à droite sur l'échiquier politique de l'époque : antiparlementarisme, antiprotestantisme, ultramontanisme, lutte farouche contre l'héritage de 1789, mais également contre les libéraux, les socialistes, les radicaux, les francs-maçons, pour la restauration des valeurs conservatrices telles Dieu & la Patrie, la Famille, le Travail, etc... (voir ici notre article sur la pensée politique de Raoul Follereau). Déjà, à l'époque, Raoul Follereau revendique l'utilisation de l'art, de la musique, du cinéma ou de la littérature comme des outils au service d'une finalité parfaitement assumée de "propagande française".

En 1931, lorsque Raoul Follereau revient de son voyage en Amérique du Sud, il s'investit massivement dans la création de bibliothèques françaises gratuites à l'étranger dans le but assumé de mieux faire connaître "sa" France, la "vraie" France, autrement dit, le "pays réel" cher à Charles Maurras, celui dont Étienne Thévenin affirme avec raison qu'il fut le "maître à penser" de Raoul Follereau. Pour cela, Raoul Follereau n'hésite pas à trier les ouvrages destinés à être envoyés à l'étranger "d'un point de vue national et moral" et qualifie lui-même son œuvre de "propagande française" (voir ici le résumé de sa vie entre 1925 et 1940).

http://www.africamission-mafr.org/image3/foucauld001.jpgEn 1937, le thème de la latinité s'essouffle. Alors qu'il revient d'un pèlerinage effectué sur les traces de Charles de Foucauld à la suite d'un cycle de nombreuses conférences en Algérie au cours desquelles nous avons démontré qu'il tenait des propos antisémites (ici), Raoul Follereau crée les Fondations Charles de Foucauld et utilise la notoriété grandissante de ce dernier pour promouvoir la présence coloniale française en Afrique et plus particulièrement au Sahara ("Église française du Sahara"). Pour Raoul Follereau, les missionnaires catholiques français, tout comme les colons et les militaires, sont les héros de la "vraie" France car ils portent le drapeau tricolore et le croix en "terre barbare". Nous avons vu que plus tard, Louis Massignon qualifiera Raoul Follereau dans ses correspondances privées de "marchand du temple" et lui reprochera de détourner le véritable message spirituel du Père de Foucauld à des fins strictement politiques (voir notre article ici).

A partir de 1940, Raoul Follereau est convaincu, comme le maréchal Pétain, que la défaite française de mai/juin est la conséquence directe de ce qu'il estime être le délitement moral et intellectuel de la France initié par la Révolution française de 1789. Raoul Follereau multiplie alors les conférences de soutien au maréchal Pétain (entre autres : Ce que le monde doit à la France, mais également des conférences sur Charles de Foucauld et la présence française dans le Sahara, etc.) au cours desquelles il se fait l'avocat des "principes moraux de la Révolution Nationale" dans le but de contribuer, lui aussi, au "redressement national" impulsé par le régime de Vichy. C'est dans ce contexte de "redressement national" que les premières actions de Raoul Follereau en faveur d'Adzopé s'inscrivent (voir ici les liens entre Raoul Follereau et le pétainisme).


Adzopé à l'ombre du régime de Vichy

http://www.web-libre.org/medias/img/articles/17e23e50bedc63b4095e3d8204ce063b-2.jpgRaoul Follereau connait l'ordre des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame des Apôtres depuis la fin des années trente. En 1942, après avoir vécu quelques temps à Lamastre, en Ardèche, (qui se trouve être, comme par hasard, dans le fief électoral d'un autre national-catholique comme lui, Xavier Vallat, antisémite notoire, Commissaire Général de l'Institut aux Questions Juives du régime de Vichy de l'époque), Raoul Follereau se retrouve employé en qualité de jardinier chez les Sœurs Notre Dame des Apôtres, dans un de leur couvent de métropole situé dans la banlieue lyonnaise, à Vénissieux.

Or, depuis la fin des années trente, la supérieure, la Révérende Mère Eugénia, a entrepris un ambitieux chantier en Côte d'Ivoire : construire à Adzopé un village réservés aux malades atteints de la lèpre. La lèpre est alors une maladie aussi dramatique qu'incurable. La lèpre est aussi une maladie socialement honteuse dont nul ne sait réellement si elle est contagieuse ou pas. Les lépreux sont donc victimes de mesures d'isolement et d'exclusion qui les condamnent inéluctablement à la honte et à une fin de vie miséreuse.

http://storage.canalblog.com/16/99/249840/15813691_p.jpgSelon la geste "follereauienne", c'est lors d'une conversation avec Mère Eugénia au cours de laquelle cette dernière lui confiait ses difficultés à collecter l'argent dont elle avait besoin pour son projet de village que Raoul Follereau lui aurait répondu: "l'argent, je m'en occupe".

 

Il faut dire que collecter de l'argent, Raoul Follereau sait faire. Conférencier hors pair, il connait les ficelles de l'art oratoire pour séduire, émouvoir et convaincre son auditoire. Ses talents de tribun sont unanimement salués. C'est d'ailleurs devenu son gagne-pain : depuis le début des années trente, Raoul Follereau multiplie les interventions partout où on l'invite sur des thèmes aussi variés que son voyage en Amérique du Sud, la Grèce, l'Espagne ou l'Italie, toutes trois qualifiées de "foyer de notre race", la légende du Parnasse, la psychologie de l'esprit latin, l'épopée de l'Aéropostale de Mermoz, le Chevalier du Ciel, Charles de Foucauld, ce "Chevalier des Sables" qui porte haut le drapeau national et le croix, etc.

 

Pour bien saisir le sens profond des conférences de Raoul Follereau, il convient de revenir sur ses convictions politiques. Raoul Follereau fait partie des "nationaux-catholiques" sous influence maurrassienne qui sont animés par une certaine vision de la France où Croix et Drapeau sont indissociables. Pour les partisans de cette tendance, la France ne fut belle et glorieuse que jusqu'en 1789, date à partir de laquelle elle a renié sa mission mystique et catholique : être la fille aînée de l'Église sous la direction d'un monarque de droit divin oint de l'huile sainte obtenue miraculeusement par l'évêque saint Rémi lors du baptême de Clovis.

http://www.babelio.com/users/AVT_Charles-Maurras_4401.jpegIl en résulte, dans l'esprit de Raoul Follereau, que la France ne peut plus être que catholique, blanche et expansionniste. Elle a reçu pour mission d'étendre la civilisation latine dont elle serait, selon Raoul Follereau, la meilleure héritière. D'où sa Ligue d'Union latine qui a pour objet de lutter "contre toutes les barbaries et tous les paganismes" tels l'athéisme, l'individualisme (notamment d'inspiration germanique, inspiré par Luther), le libéralisme anglo-saxon, la franc-maçonnerie, toutes celles et tous ceux qui sont victimes ou auteurs des théories du siècle des Lumières ou encore du complot israélite visant à prendre possession du monde par l'intermédiaire des bolcheviques, ... bref ... l'Anti-France de Charles Maurras.

Le régime de Vichy reprend l'essentiel de cette idéologie. Il faut reconnaître qu'une partie importante des catholiques français, notamment certains prélats, verront d'un bon œil l'avènement, en 1940, du régime de Vichy. Rien d'illogique là dedans. Le maréchal Pétain jouit d'un immense prestige. À l'exception de Franchet d'Espérey dont les capacités physiques et intellectuelles sont très diminuées, il est le dernier maréchal de la première guerre encore en vie et la propagande se fera fort de le faire passer pour LE vainqueur de Verdun (ce qui est discuté d'un point de vue historique). Son régime bénéficie en outre d'une apparence de légitimité après le vote des pleins pouvoirs par les parlementaires réunis à Vichy, le 10 juillet 1940.

 

Il convient également de souligner que les catholiques français, particulièrement les plus radicaux, ont encore en mémoire les luttes religieuses d'avant 1914. L'instauration par le maréchal Pétain d'un régime qui, selon toute probabilité, leur sera moins défavorable que les gouvernements successifs de feu la IIIème République va donc naturellement dans le sens de leurs attentes. Ces circonstances amènent Monseigneur Gerlier, archevêque de Lyon à affirmer, en novembre 1940, que "Pétain, c'est la France et la France, c'est Pétain". Ce qui ne l'empêchera pas, moins de deux ans plus tard, en septembre 1942, lorsque l'illusion pétainiste se sera dissipée, de protester officiellement contre les rafles auxquelles les Juifs sont exposés et de prendre par la suite diverses initiatives pour leur sauvetage. D'ailleurs, il recevra à titre posthume la médaille des Justes en 1980.

Raoul Follereau, lui n'est pas catholique. Il est national-catholique. Sa fidélité au maréchal restera donc intacte, à l'image de celle de son fils spirituel, André Récipon, fervent pétainiste encore de nos jours (voir nos articles ici et ici) malgré l'indignité et l'ignominie dans lesquelles se vautrera, dès 1940, le régime de Vichy.

 

Or, il faut savoir qu'avant que Raoul Follereau ne s'y penche, le régime de Vichy avait déjà soutenu le projet de Mère Eugénia. Cela peut expliquer pourquoi Raoul Follereau bénéficie, pour ses conférences de 1943 et 1944, du total soutien matériel et logistique des autorités en place.


http://img.over-blog.com/300x435/2/45/42/71/philippe-4/22-copie-140.jpgC'est donc avec le soutien du régime de Vichy, et en totale conformité avec ses convictions politiques que nous venons de résumer, que Raoul Follereau entreprend de montrer le "vrai visage de la France" comme il le dit souvent lui-même. Or, nous l'avons vu, "sa" France ne peut être que catholique. Elle se doit donc d'être généreuse. Le projet d'Adzopé tombe pour ainsi dire à pic : Raoul Follereau va s'en saisir pour démontrer que la vraie France, la France de Vichy, celle de la collaboration prônée par Charles Maurras, est généreuse et charitable. La France de Vichy aime son prochain, la France de Vichy aide les lépreux. Voilà toute l'ambiguïté des conférences de Raoul Follereau : apparemment généreuse, son action s'inscrit dans une démarche globale de propagande qui vise à promouvoir de façon subliminale des conceptions politiques nauséabondes, initialement vichystes puis, comme nous le verrons ci-dessous, colonialistes.

 

Cette dualité d'objectifs particulièrement ambigüe va protéger Raoul Follereau. Ainsi, à la Libération, il ne sera pas inquiété contrairement à certains de ses amis. Dorénavant, écrit Etienne Thévenin, Raoul Follereau prendra soin de taire ses convictions politiques et ne se risquera plus à exprimer trop ouvertement ce qu'il pense.

 

Nous allons cependant voir que son combat pour le village d'Adzopé se poursuit tout au long des années quarante et présente, à nouveau, des signes flagrants de l'utilitarisme politique que Raoul Follereau recherche à travers ses initiatives culturello-caritatives.

 

 

Adzopé : la cause des lépreux dévoyée au service d'une stratégie colonialiste

Nous avons eu la chance de pouvoir mettre la main sur un document datant probablement de la fin des années quarante (le document n'est pas daté précisément). Ce document nous a très largement inspirés pour la rédaction de cet article. Il s'agit d'un fascicule que nous avons scanné et que vous pouvez lire en ligne dans son intégralité ici.

http://htmlimg2.scribdassets.com/3yr8khxr9cx13f4/images/1-17fe0284bf.jpg

 

La lecture de ce document rédigé par Raoul Follereau est édifiante et illustre remarquablement de quelle façon le projet caritatif d'Adzopé est utilisé par Raoul Follereau dans le cadre de ses convictions nationalistes et colonialistes.

 

Tout d'abord, la page de couverture mérite quelques mots car elle est riche de symboles. On y voit le contour du continent africain entouré des couleurs bleu-blanc-rouge du drapeau français. Au cœur de cette Afrique sur fond tricolore, ressort la Croix. D'ores et déjà, la symbolique qui caractérise les idées ainsi que le parcours national-catholique de Raoul Follereau est présent : Dieu et Patrie ou autrement, dit, le Drapeau et la Croix. Comme une synthèse, le slogan qui figure en bas de page récapitule l'ensemble : "La ville de la Charité Française".

 

La première partie (pages 2 à 11) de ce document est strictement caritative. Ici réside toute la noblesse et toute la beauté du projet porté par les Sœurs missionnaires de Notre-Dame des Apôtres. C'est cette dimension là que les hagiographes de Raoul Follereau souhaiteraient retenir comme si elle était exclusive de toute autre lecture.

 

C'est la seconde partie qui révèle que ce projet caritatif s'inscrit dans une stratégie colonialiste.

 

Déjà, en page 10, des prémisses se laissent entr'apercevoir. Raoul Follereau y écrit :

 

"Ainsi se poursuit au cœur de notre Afrique une belle œuvre chrétienne et française".

 

Nous pouvons d'ores et déjà relever le déterminant possessif "notre Afrique" qui exprime bien l'idée que l'Afrique est une terre où les Français sont chez eux. Nous relevons également l'usage immodéré de l'adjectif "français". Car, pour Raoul Follereau, Adzopé n'est pas la "ville de la Charité" tout court. Non. Pour Raoul Follereau, Adzopé est la ville de la "Charité française". Adzopé est donc une œuvre avant tout "française". Il est important, pour Raoul Follereau, que les gens sachent que c'est la France qui est à l'œuvre ici.  Autrement dit, Raoul Follereau ne travaille ni pour Dieu, ni même pour les lépreux. Avant toute chose, son objectif est la gloire de la France, de sa France. Les pages suivantes vont confirmer et accentuer le trait.

 

Page 11, Raoul Follereau rappelle la vocation mystique et missionnaire qui incombe à "sa" France, fille aînée de l'Église :

 

"De 1943 à 1946, plus de 150.000 Français ont participé à l'érection d'Adzopé. Par eux, le monde aura compris, et l'histoire enregistrera, que la France (...) n'a point renoncé à sa mission civilisatrice, à son apostolat missionnaire"

 

Raoul Follereau rappelle ainsi l'œuvre entreprise sous le régime de Vichy (cf. supra nos propos sur le sujet ci-dessus).

 

Page 12, Raoul Follereau explique que les maisons du village d'Adzopé, appelées pavillons, seront organisées et nommées de telle façon que l'ensemble représente une carte miniature de la France métropolitaine :

 

"À Adzopé, toutes les villes de France seront présentes. Sur chacun des pavillons s'inscrira le nom d'une cité française qui l'aura offert à l'occasion d'une de nos conférences. Et ils seront groupés de telle sorte que le Pavillon de Lille se trouvera à la pointe nord de la ville des lépreux, celui de Marseille au sud, ceux de Bretagne, à l'ouest, ceux de l'Alsace, à l'Est. Ainsi referons nous idéalement, au cœur de l'Afrique noire, une carte de France, une image symbolique de la Mère-Patrie, où chaque maison sera une ville de chez nous et chantera le même cantique de notre charité".

 

Le paragraphe qui précède, et plus particulièrement la dernière phrase illustre bien l'ambition de Raoul Follereau : implanter la France, la Mère-Patrie, au cœur de l'Afrique noire, y compris via les noms attribués aux pavillons dont la disposition générale doit refléter la France métropolitaine. Il illustre tout aussi clairement la contrepartie que Raoul Follereau attend des bénéficiaires de sa générosité : "chaque maison chantera le cantique de notre charité". Car la générosité de Raoul Follereau n'est que rarement désintéressée.

 

Faisant écho à la notion de Mère-Patrie à laquelle il vient de faire référence, Raoul Follereau continue son idée, quitte à verser dans le paternalisme :

 

"Et les lépreux sentiront davantage qu'ils sont les fils adoptifs de la France."

 

Cette phrase n'est pas anodine et démontre le complexe de supériorité dont souffre Raoul Follereau. En effet, Raoul Follereau est convaincu, depuis longtemps déjà puisque cet élément se trouve déjà dans ses conférences de 1930, que la civilisation latine dont la France serait la meilleure représentante est la forme suprême de civilisation et qu'aucune ne lui est comparable (voir ici la doctrine politique de Raoul Follereau). C'est donc habité par cette conviction d'être le représentant d'une civilisation supérieure que Raoul Follereau se porte auprès des peuples africains et s'adresse à eux comme s'il s'agissait de peuplades inférieures.

 

Selon cette idéologie colonialiste fortement marquée par les théories raciales de la fin du XIXème siècle, il incombe à l'homme blanc, du fait de sa supériorité civilisationnelle, de se préoccuper du sort des autres. En contrepartie de cette "générosité", l'être inférieur se doit d'être reconnaissant et de manifester sa déférence vis-à-vis de son bienfaiteur. Ainsi, en page 14, une photographie retient notre attention. Nous pouvons y voir des enfants, alignés en deux rangées face au drapeau français. Avec, en légende :

 

"Inauguration des pavillons provisoires d'Adzopé. Le salut aux couleurs par les enfants du village"

 

Cet élément d'information doit être mis en lien avec une autre information que nous trouvons plus tard dans le fascicule (pages 17 et 18) : au centre du village, point de convergence de tous les axes et de toutes les attentions, trône la statue de Notre Dame. Encore un rappel du Drapeau et de la Croix. Pour que les petits lépreux sachent bien, tous les jours de leur vie, qui sont ici les maîtres. Pour Raoul Follereau, l'Afrique n'appartient pas aux africains. Pour lui, ces pauvres petits africains doivent allégeance à la France pour la remercier de les avoir sauvés.

 

Dans la même page (17), Raoul Follereau insiste sur le fait que le projet d'Adzopé n'est pas un projet caritatif comme les autres mais avant tout un acte politique :

 

"Pour chacun [RF parle ici des donateurs français], Adzopé doit être un acte de Foi dans les destinées nationales et apostoliques de la France"

 

Rappelons-nous bien, en lisant cette phrase et plus particulièrement les mots "destinées nationales de la France" que c'est un maurrassien qui écrit, avec tout ce que cela suppose comme définition de la "vraie France" (le "pays réel"), et, a contrario, de l'Anti-France.

 

Plus loin, pages 19 & 20, Raoul Follereau poursuit :

 

"Groupés autour de la statue de Notre-Dame des Apôtres, les lépreux d'Adzopé nous attendent. Ils tournent leurs yeux pleins de tendresse et de confiance vers la Grande Dame, l'Immaculée qui est venue de France pour régner sur sa terre française. Puis leurs regards se portent, au delà des sables et des océans, vers la Mère-Patrie, vers le pays béni d'où leur sont arrivées celles qui disent : "Nos Frères Les lépreux"."

 

Relevons au passage la nouvelle mention de l'Afrique, "terre française" précédée du déterminant possessif "sa Terre française" et la désignation de la France sous l'appellation "Mère-Patrie". De façon plus générale, nous retrouvons l'amalgame, permanent chez Raoul Follereau, entre sa Foi catholique et sa Foi patriotique. Raoul Follereau ne fait aucune différence entre les deux tout simplement parce que, selon lui, il n'existe aucune différence entre les deux. Pour Raoul Follereau, les qualités de Français et de catholique sont indissociables.

 

Relevons également le phénomène d'appropriation patriotique de la Vierge Marie. Pour les catholiques, la mère du Christ est, d'un point de vue strictement généalogique, une juive descendante de la maison de David,  Roi d'Israël. Elle devient, sous la plume de Raoul Follereau, "l'Immaculée qui est venue de France pour régner [en Afrique] sur sa terre française". Raoul Follereau fait probablement allusion aux apparitions mariales de Lourdes ("Que soy era immaculada councepciou" y dit-elle à Bernadette) mais son national-catholicisme lui fait oublier qu'il existe de nombreux autres lieux d'apparition mariale ailleurs qu'en France.

 

Toujours page 20, nous lisons à nouveau l'éternelle reconnaissance dont sont redevables ces bénéficiaires de la générosité "française" :

 

"Et les lépreux [une fois le don des Français reçu] (...) lèveront les yeux pleins de larmes vers le drapeau de la France qui flottera au-dessus d'Adzopé et qui, une fois encore, aura apporté dans ses plis la civilisation chrétienne faite de justice, d'amour et de fraternité."

 

Pour apprécier à leur juste valeur les notions de "justice, d'amour et de fraternité" de la France nationale de Raoul Follereau, vous pouvez utilement vous référer à la doctrine proférée par André Récipon, héritier spirituel choisi par Raoul Follereau en personne et futur fondateur puis président d'honneur de la Fondation Raoul Follereau (lire notre article ici).

 

Pour finir ces extraits, citons un dernier passage qui figure page 24 :

 

"Miracle de la charité française, infatigable, sans cesse nouvelle et plus vivante, Vertu, Grandeur et Gloire de la France".

 

Éloquente conclusion que nous sommes heureux de trouver sous la plume de Raoul Follereau : "Vertu, Grandeur et Gloire de la France". Voilà la véritable finalité ultranationaliste poursuivie par Raoul Follereau.

 

 

La véritable charité est un acte gratuit et désintéressé

L'initiative de Raoul Follereau peut paraître louable, a priori.

 

Pourtant, nous la trouvons particulièrement ambigüe du fait de la motivation politique sous-jacente et des contreparties attendues. Plus insidieuse que la colonisation par les armes ou par la force, la colonisation par la charité est l'arme de Raoul Follereau pour asseoir la puissance française en Afrique.

Nous voyons bien dans ce document que, pour Raoul Follereau, le projet d'Adzopé doit être le moyen de glorifier la France, de faire rejaillir sur les missionnaires français une éternelle reconnaissance. et d'asseoir la présence de la France, de son Drapeau et de sa Croix, en terre africaine.


La charité de Raoul Follereau n'est pas pure parce qu'elle n'est pas gratuite, elle n'est pas désintéressée. La Charité de Raoul Follereau a pour effet de rendre débiteur le bénéficiaire.

Sans doute que Raoul Follereau aurait eu intérêt à méditer davantage cette phrase tirée de la Bonne Nouvelle selon saint Matthieu : 

 

"Quand donc tu fais l'aumône, ne fais pas sonner de la trompette devant toi, comme le font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues afin d'être glorifiés par les hommes ; en vérité, je vous le dis, ceux-là ont reçu leur récompense. Pour toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta main droite afin que ton aumône soit dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra." (Matthieu, VI, 2-4).

 

 

 

La léproserie d'Adzopé honore-t-elle la mémoire du maréchal Pétain ?

Nous achevons cet article sur un élément dont nous ne sommes malheureusement pas certains en l'état actuel de nos recherches mais que nous livrons pour information à nos lecteurs. Si certains d'entre eux disposent d'informations utiles sur ce sujet, elles seront bien entendu les bienvenues.

 

En pages 18 et 19 du livret, une carte du village d'Adzopé est reproduite. Vous pouvez trouver ce plan en téléchargement ici.


 

Extract03.jpg

 

Le village est organisé de façon très géométrique. Au centre, la statue de Notre-Dame des Apôtres trône au milieu d'une place à partir de laquelle partent huit boulevards. Chacun de ces huit boulevards est bordé de chaque côté par deux rues.

 

A l'extrémité d'un des huit boulevards, légèrement à l'extérieur du village, cinq bâtiments sont prévus :

- une église ;

- la maison des Sœurs ;

- une école nommée Michel Rameaud (du nom de l'ami de Raoul Follereau, cofondateur avec lui de La Ligue d'Union latine chez lequel Raoul Follereau a vécu durant la première partie de la seconde guerre mondiale) ;

- une léproserie / dispensaire au nom de Raoul Follereau ;

- une maternité dont le nom est illisible.

 

Les 16 rues qui longent les 8 boulevards portent des noms de saints de l'église catholique :

- dix des douze apôtres : Simon-Pierre, André, Jacques, Jean, Matthieu, Barthélémy, Thomas, Simon, Philippe, Thaddée (un seul Jacques alors qu'ils sont deux et ni Judas, naturellement, ni Matthias nommé pour le remplacer) ;

- sainte Marie ;

- saint François-Xavier ;

- saint Paul ;

- sainte Marie-Madeleine ;

- sainte Jeanne d'Arc ;

- sainte Catherine.


Les huit boulevards, eux portent les noms suivants, dont certains sont encore vivants :

- Raoul Follereau (oui, Raoul Follereau est le seul à bénéficier de deux mentions dans le projet ...) ;

- le pape Pie XII ;

- sainte Thérèse de l'Enfant Jésus ;

- Monseigneur Jean-Baptiste Boivier (prélat français de Côte d'Ivoire de l'époque) ;

- Père Augustin Planque (fondateur des Sœurs missionnaires Notre-Dame des Apôtres) ;

- Charles de Foucauld ;

- Vénissieux (ville du couvent où les Follereau logèrent pendant la guerre à partir de fin 1942) ;

- le dernier est malheureusement difficilement lisible : voici la partie correspondante scannée et grossie :

 

Extract01.jpg

 


Il est difficile de lire, néanmoins, nous avons une petite idée ...

 

Extract02

 

Rappelons juste que ce fascicule date de la fin des années quarante. Bien après la guerre. Néanmoins, quand on connait Raoul Follereau et sa fidélité toujours maintenue à ses convictions pétainistes, l'hypothèse est plus que sérieuse ... Si un de nos lecteurs connait a la solution à cette énigme de ce si mystérieux huitième boulevard, qu'il n'hésite pas à nous contacter.

 

 

 

Par Romain Gallaud - Publié dans : La vie cachée de Raoul Follereau
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Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 16:54

 

Retrouvez cet article mis à jour dans notre livre PDF gratuit.

 

 

 

http://www.librairietequi.com/I-Miniature-1100-combat-pour-la-charite.aspx

Nous avons vu, lors d'un article précédent (ici) comment la famille Récipon (André, à droite, puis Michel, son fils, ci-dessous) a réussi à verrouiller la gouvernance de la Fondation Raoul Follereau, au mépris du principe d'indépendance pourtant prescrit par la réglementation en vigueur, afin d'en faire "leur" Fondation, instaurant ainsi une véritable monarchie caritative héréditaire.

 

http://www.raoul-follereau.org/jml/jml2007/img/mrecipon.jpg

Nous y avons exposé que ce contrôle familial des rênes de la Fondation Raoul Follereau avait été obtenu grâce à la répartition des sièges de son conseil de surveillance entre les membres fondateurs d'une part et les membres désignés par l'association des Amis de la Fondation Raoul Follereau.

 

Nous avons depuis pu obtenir trois documents très utiles pour notre contre-enquête car ils nous permettent de confirmer et de préciser notre analyse.

 

Il s'agit :

- de la copie des statuts de l'association des Amis de la Fondation Raoul Follereau ;

- de la composition actuelle du bureau de l'association des Amis de la Fondation Raoul Follereau;

- de la liste des membres fondateurs de l'association des Amis de la Fondation Raoul Follereau.

 

http://objectifmadagascar.free.fr/images/logo_raoul.gif

 

 

L'AFRF, héritière de ... l'AFRF

 

Dans notre article précédent sur ce sujet (ici), nous signalions que l'AFRF (ancienne dénomination : "Association Française Raoul-Follereau") désignait, historiquement, l'association-mère créée par Raoul Follereau en 1968 afin de perpétuer son "œuvre".

 

Cette association "AFRF" s'inscrivait dans la droite (extrême-droite ?) ligne des entités antérieures crées et animées par Raoul Follereau durant sa vie : Ordre de la Charité (1946), Fondations Charles de Foucauld (1937), Ligue d'Union latine (1927).

 

L'article 1 des statuts de l'AFRF (dans sa nouvelle dénommination : "association des Amis de la Fondation Raoul Follereau") rappelle l'historique de l'AFRF :

 

"Il continue d'exister une association régie par la loi du 1er juillet 1901 (...) entre les personnes ayant adhéré aux statuts, dans l'esprit de l'Ordre de la Charité voulu par Raoul Follereau, tels qu'ils ont été établis originellement par acte de Maître Bonsergent, notaire à Paris, les 27 et 28 mars 1968 et modifiés par l'Assemblée Générale du 15 juin 2002, puis du 3 décembre 2005, et les personnes qui y adhéreront par la suite"

 

La filiation est clairement identifiée : l'association des Amis de la Fondation Raoul Follereau est l'héritière directe de l'Association Française Raoul-Follereau fondée par André Récipon en 1968 par la volonté de Raoul Follereau.

 

La modification des statuts de 2002 fait suite au scandale qui a été provoqué par la divulgation, par le Canard Enchaîné et par Radio France International, du rapport explosif de l'IGAS (voir à ce sujet notre bibliographie).

 

La modification de 2005 correspond à l'opération d'apport des activités caritatives autrefois portées par l'AFRF qui seront, à partir de cette date, exclusivement portées par la Fondation Raoul Follereau.

 

Puis, début 2007, l'AFRF déclare au journal officiel son changement de nom, prenant pour nouveau nom : association des Amis de la Fondation Raoul Follereau.

 

Nous allons démontrer ci-après que l'association des Amis de la Fondation est une coquille juridique sous le contrôle de quelques uns qui détiennent déjà le contrôle de la Fondation Raoul Follereau (et réciproquement).

 

 

L'AFRF : des membres fondateurs étroitement liés à la Fondation Raoul Follereau

 

L'association des Amis de la Fondation Raoul Follereau compte 8 membres fondateurs. Initialement, il s'agissait de huit personnes désignées par Raoul Follereau. Cependant, il convenait de conserver intact ce bloc de huit membres fondateurs. Une clause de cooptation est ainsi prévue : en cas de décès, exclusion ou démission de l'un d'eux, ce sont les autres membres fondateurs qui cooptent un successeur. Ainsi, l'AFRF compte pour toujours 8 membres fondateurs, qu'ils le soient depuis les débuts de l'AFRF ou qu'ils aient été cooptés.

 

Selon la liste qui nous a été remise, les huit membres fondateurs de l'association des Amis de la Fondation Raoul Follereau sont les personnes suivantes :

 

- Monsieur Michel Récipon

Il se trouve être membre du conseil de surveillance de la Fondation Raoul Follereau au titre des membres fondateurs de la Fondation Raoul Follereau ainsi que président du directoire (nous avons vu, d'ailleurs, que ce cumul est contraire à la réglementation en vigueur, voir notre livre PDF sur ce point).

 

- Monsieur Pierre-Yves Thiebault (profession : médecin généraliste)

Il se trouve être également membre du conseil de surveillance de la Fondation Raoul Follereau au titre des membres fondateurs de la Fondation Raoul Follereau.

 

- Monsieur Alain Morisot (profession : banquier, gérant de patrimoine)

Il se trouve être non seulement membre du conseil de surveillance de la Fondation Raoul Follereau au titre des membres fondateurs de la Fondation Raoul Follereau mais aussi président de ce conseil de surveillance.

 

- Monsieur Dominique Gerard (profession : banquier, conseiller en gestion de fortune)

Il se trouve être, lui aussi, membre du conseil de surveillance de la Fondation Raoul Follereau au titre des membres fondateurs de la Fondation Raoul Follereau.

 

Autrement dit, il résulte à ce stade de notre liste, que les quatre représentantes du collège des fondateurs au conseil de surveillance de la Fondation Raoul Follereau sont également membres fondateurs de l'association des Amis de la Fondation Raoul Follereau. La suite n'est pas moins intéressante, car la liste des membres fondateurs de l'AFRF mentionne également :

 

- Messieurs Marc Gentilini et Jean-Maris Le Méné

Ils sont membres d'honneur du conseil de surveillance de la Fondation Raoul Follereau.

 

- Monsieur Eric des Grottes (gérant de société)

Il se trouve être membre du conseil de surveillance de la Fondation Raoul Follereau, mais, en ce qui le concerne, au titre du collège des membres dits qualifiés. Rappelons ici que les membres dits qualifiés sont des personnes censées avoir été sélectionnées pour leur expertise et leurs compétences dans le domaine d'activité de la Fondation concernée. Monsieur des Grottes est gérant de société, notamment d'une société de publicité / communication nommée Egga (voir son site internet : www.egga.fr).

 

Enfin, le huitième et dernier membre fondateur de l'AFRF est un dénommé Jean-Daniel Jouanneault, dont la profession est : responsable Organisation et Système d'information.

 

Pour mémoire, citons enfin qu'il existe deux membres d'honneur à l'AFRF :

- Monsieur André Récipon, père et intronisateur de son fiston Michel, qui se trouve être, lui aussi, membre d'honneur du conseil de surveillance de la Fondation Raoul Follereau,

- ainsi que Monsieur Jean-Pierre Verrier, retraité.

 

 

L'AFRF : un simulacre de vie associative démocratique

 

Nous avons déja relevé les convictions monarchistes d'André Récipon (voir ici). Pour André Récipon, "la primauté de la majorité sur la minorité (...) est une forme de dictature" (Lettre ouverte à Hombeline, page 85).

 

Les statuts de l'association des Amis de la Fondation Raoul Follereau ne dérogent pas à ce verrouillage de l'expression démocratique, et ce, malgré la réforme intervenue après le scandale de l'IGAS de 2002 (voir sur ce sujet les liens presse indiqués dans notre bibliographie). Selon l'article 9 des statuts, le fonctionnement de l'AFRF est assuré par un conseil d'administration, composé des huit membres fondateurs (membre de droit et à vie) et de 9 autres membres de l'association. Ces derniers sont élus par l'assemblée générale annuelle des membres.

 

Nous pouvons d'ores et déjà constater que la quasi moitié (8 membres sur 17) du conseil d'administration est réservée aux membres fondateurs qui se transmettent cette qualité par cooptation discrétionnaire.

 

Restent les 9 autres membres du conseil qui seraient soi-disant élus. Néanmoins, le fonctionnement démocratique est, ici aussi, sujet à caution. En effet, pour être éligible au conseil d'administration de l'AFRF, il faut en avoir la qualité de "membre actif". Or, qui veut ne devient pas membre actif de l'AFRF. Les statuts prévoient trois possibilités pour devenir membre actif, et donc, éligible au conseil d'administration :

 

1. Tout d'abord, sont membres actifs en qualité de personne morale les associations locales (appelées "comités" dans le jargon FRF) qui ont adoptés les statuts-types préconisés par la Fondation Raoul Follereau, et qui ont été agréées par le directoire de la Fondation Raoul Follereau (directoire présidé par ... Michel Récipon).

 

2. Ensuite, sont membres actifs les délégués départementaux de la Fondation Raoul Follereau. Or, les délégués de la Fondation Raoul Follereau sont choisis par le directoire de la Fondation (donc ... Michel Récipon).

 

3. Enfin, toute personnes qualifiée et active peut devenir membre actif de l'AFRF à condition, toutefois, de respecter deux conditions. Tout d'abord, il faut être "présenté" par un membre déjà dans la place : un autre membre actif, un membre du conseil d'administration, mais aussi un membre du directoire de la Fondation Raoul Follereau (donc ... Michel Récipon). Deuxième condition, il faut être agréé par le conseil d'administration par un vote à la majorité de ses membres et, clause de cooptation supplémentaire, ce vote majoritaire doit inclure une vote favorable d'au moins 5 des 8 membres fondateurs.

 

En synthèse, l'accès à la qualité de membre actif, et donc, la possibilité d'être éligible au conseil d'administration de l'AFRF requiert dans tous les cas une forme de cooptation de toute ou partie des membres fondateurs et/ou du directoire de la Fondation Raoul Follereau.

 

Enfin, les statuts prévoient (article 12) que le Président de l'AFRF a tous pouvoirs pour "veiller à l'exécution de ses décisions et, en général, pour assurer la représentation de l'association". Or, le président de l'association des Amis de la Fondation Raoul Follereau n'est autre que ... Michel Récipon.

 


En synthèse et en résumé, les documents qui nous ont été transmis et que nous tenons à la disposition de nos lecteurs sur simple demande à notre adresse mail (ombrelumiere2010@hotmail.fr) confirment les points de convergence, voire de dépendance entre la Fondation Raoul Follereau, l'association des Amis de la Fondation Raoul Follereau et les fondateurs de chacune de ces deux entités. Cela confirme donc que l'indépendance dont la Fondation Raoul Follereau devrait bénéficier vis-à-vis de ses fondateurs, conformément à la réglementation française que nous exposons dans notre livre PDF, est une illusion.

 

Pour accéder à la première partie de cet article, cliquer ici.

 

 

Pour être sûr de lire la dernière version de cet article, consulter notre blog ici.

http://follereau-entre-ombre-et-lumiere.over-blog.com/ 

Par Romain Gallaud - Publié dans : Fondation Raoul Follereau
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Mardi 18 janvier 2011 2 18 /01 /Jan /2011 14:39

 

Retrouvez dans le livre PDF (disponible ici) l'intégralité de notre contre-enquête sur Raoul Follereau et sur la Fondation qui porte son nom.


Si vous souhaitez obtenir le fichier PDF, vous pouvez soit le télécharger via la plateforme ici soit nous adresser un mail à romain.gallaud@hotmail.fr (cliquer ici). Nous vous le ferons parvenir gracieusement.

 

 

Sommaire de la version 2.0 (septembre 2011)

 

Prolégomènes                                                                     Pages

Note d’intention de l’auteur      ………………………      7

Contre-enquête ?       …………………………………      9

Bâtir sa maison sur le roc      …………………………    13

Les faces cachées de Raoul Follereau

Quelques mots sur la biographie d'Étienne Thévenin        16

Contexte historique de Raoul Follereau    ……………    18

Le maurrassien      ……………………………………    23

La perte de l’innocence     ……………………………    39

Le national catholique  ………………………………    47

Au service de l’Internationale fasciste    ………………    66

L’antisémite      ………………………………………    77

L’ami d’Henry Coston      ……………………………    88

Antisémite ? Synthèse et discussion       ………………    99

Le marchand du temple    ……………………………  102

Au service du régime de Vichy      ……………………  112

Adzopé, le prétexte caritatif

au service d’un projet politique     …………………  122

Adzopé et le maréchal Pétain    ………………………  137

Le faussaire de sa propre Histoire     …………………  141

André Récipon, l’héritier de Raoul Follereau    ………  160

Lettre ouverte à l’Église de France    …………………  182


Les faces cachées de la Fondation Raoul Follereau

Une fondation verrouillée de l’intérieur     ……………  191

Les drôles de comptes de la FRF      …………………  209

Des millions d’euros au cœur d’une nébuleuse       ……  222

Bibliographie    …………………………………………  229

Dossier spécial Action française    ………………………  235


Par Entre ombre et lumière
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Dimanche 16 janvier 2011 7 16 /01 /Jan /2011 21:53

 

Message 20 janvier 2011

Retrouvez cet article mis à jour dans notre livre PDF gratuit.

 

 

 

En qualité de fondation reconnue d’utilité publique faisant appel à la générosité du public, la Fondation Raoul Follereau est tenue de publier ses comptes annuels.

Depuis plusieurs années, déjà, ces comptes, y compris le rapport des commissaires aux comptes, sont disponibles sur internet (voir tous les liens dans notre bibliographie ici).

La consultation de ces comptes nous a permis d’identifier ce que nous considérons être une grave irrégularité dans l’information financière communiquée aux donateurs.


Propos généraux sur les obligations comptables des organismes faisant appel à la générosité du public.

Afin d’améliorer la transparence des organismes faisant appel à la générosité du public et l’information des donateurs, il a été décidé de renforcer les obligations de transparence financière des organismes faisant appel à la générosité du public.

Parmi ces obligations récentes figure le Compte Emploi Ressources (CER). Ce compte permet de détailler la nature des revenus et des dépenses de l'organisme.

C’est essentiellement le poste des dépenses, qualifiés "emplois" qui va nous intéresser. Cette ventilation des dépenses (i.e. emplois) par nature permet d’informer les donateurs sur la quote-part de leur générosité qui bénéficie réellement, in fine, à la cause qu’ils ont voulu soutenir.

Il faut souligner combien ce CER est essentiel car il permet de lire la performance opérationnelle des organisations caritatives : plus la quote-part des dépenses affectées aux "missions sociales" est élevée, plus l’organisme a été respectueux et économe de l’argent et de l’intention de ses donateurs.

Concrètement, les emplois se décomposent en trois postes principaux :

- les missions sociales,

- les frais de recherche de fonds,

- les frais de fonctionnement et autres charges.

Dans cette ventilation, le poste « missions sociales » regroupe les dépenses engagées dans le cadre des projets qui caractérisent ce pourquoi l'organisme est réputé se battre et collecter des fonds.

Le poste « frais de recherche de fonds » porte bien son nom puisqu’il regroupe les dépenses engagées dans le cadre de la quête de fonds afin de financer les missions sociales.

Enfin, le poste « frais de fonctionnement », sorte de voiture balai, regroupe le reste, c'est-à-dire les dépenses qui ne sont pas, à proprement parler, des missions sociales, et qui ne servent pas non plus à collecter des fonds.


Que révèlent les comptes de la Fondation Raoul Follereau ?

Concernant plus particulièrement la Fondation Raoul Follereau, nous avons pu obtenir les CER depuis l’année 2005 jusqu’à ceux de l’année 2009.

Nous allons procéder à une distinction entre la période 2005-2008 et l’exercice 2009.

Pour chacune de ces années, la Fondation Raoul Follereau a créé, au titre de ses « missions sociales », un sous-post intitulé « Actions d’information liées aux missions sociales ».

Selon la Fondation Raoul Follereau, il s’agit « des dépenses engagées pour la diffusion du message de Raoul Follereau et la sensibilisation du public à ce message et aux missions sociales. ».

Le sujet est d’importance car les montants le sont. En effet, ce sous-poste pèse particulièrement lourd :

- en 2005, il s’élève à 1,631 millions d’euros (soit 17% du poste total « Missions sociales ») ;

- en 2006, il s’élève à 1,713 millions d’euros (soit 17% du poste total « Missions sociales ») ;

- en 2007, il s’élève à 1,695 millions d’euros (soit 16% du poste total « Missions sociales ») ;

- en 2008, il s’élève à 1,926 millions d’euros (soit 18% du poste total « Missions sociales »).

Soit un total de 6,965 millions d’euros, sur ces quatre exercices (2005-2008).

L’impact de cette question est significatif puisque l’indice de performance de la fondation en dépend.

Par exemple, pour l’exercice 2008, la Fondation Raoul Follereau annonce que 70,12% des emplois ont été consacrés aux missions sociales. Concrètement, cela signifie que, sur 100 euros dépensés par la Fondation Raoul Follereau, moins de 30 euros se sont évaporés en frais de fonctionnement ou en frais de recherche de fonds.

70,12% est un indice de performance tout à fait correct.

En revanche, si nous considérons que la totalité de ces dépenses « Actions d’informations liées aux missions sociales » ne relèvent pas, en réalité, du poste « Missions sociales », et devraient plutôt être basculées dans l’une des deux autres catégories, l’indice de performance tombe à 57,18%, soit en dessous des 66% exigés par le bureau de certification Véritas.

Effectivement, 57,18% serait un piètre indice de performance.

Afin d’identifier si ces dépenses sont bien à leur place dans le poste « missions sociales », il faut les examiner ligne à ligne.


Les actions d'informations liées aux missions sociales de la Fondation Raoul Follereau : des frais de fonctionnement ou de collecte déguisés ?

Pour les quatre années concernées, la sous-catégorie « Actions d’information liées aux missions sociales », la Fondation Raoul Follereau indique  :

- Journal « Lèpres » ;

- Réseau des bénévoles ;

- Service des comités ;

- Congrès.

De quels compléments d’informations disposons-nous ?

Pour chacune de ces quatre années, à quelques variations près, l’annexe apporte les précisions suivantes sur la nature précise de ces dépenses :

« - les dépenses des numéros du journal « Lèpres » communiquant aux donateurs les informations sur les projets terrain ;

- les frais du service de gestion du réseau de bénévoles, des frais des délégations ;

- les charges du congrès annuel qui rassemble, bénéficiaires des aides, représentants des pays étrangers dans lesquels la Fondation est présente, bénévoles qui participent tout au long de l’année à son action et salariés du siège. »

De façon générale, la terminologie employée (« dépenses engagées pour la diffusion du message de Raoul Follereau et la sensibilisation du public à ce message et aux missions sociales. ») est susceptible de donner lieu à de multiples interprétations et il semble impossible de faire la frontière entre « sensibilisation du public aux missions sociales » et sollicitation de la générosité de ce même public pour leur financement.

Or, la sollicitation de la générosité du public relève du poste « frais de recherche de fonds » et non de celui « missions sociales ».

Nous allons appuyer notre démonstration sur des éléments factuels extrêment précis.

 

Les délégations, bénévoles et réseaux

Les délégations et les bénévoles ont principalement pour activité d’organiser la journée mondiale des lépreux, le dernier week-end de chaque année. Le reste de l’année, ils organisent eux-mêmes ou accompagnent des tiers qui organisent des événements dédiés à Raoul Follereau et aux œuvres financées par la Fondation Raoul Follereau.

Le site internet de la Fondation Raoul Follereau indiquent clairement les objectifs du réseau des bénévoles (ici) :

« - provoquer et entretenir des relations avec les media locaux, les institutions, les mouvements,   les clubs, les notaires… ;

- mobiliser les jeunes (scolaires, scouts, aumôneries…)

- représenter la Fondation dans les forums associatifs et toutes manifestations de proximité

- sensibiliser et mobiliser le grand public à travers des initiatives diverses et variées, pour parler de Raoul Follereau et collecter des fonds en faveur des actions qui se poursuivent en son nom. »

La lecture des numéros du journal Lèpres donne régulièrement des exemples des tombolas, lâchers de ballons, lotos et autres manifestations culturelles organisés par le réseau des délégations et des bénévoles (voir ici les numéros récents du journal Lèpres).

Il est patent de constater que ces événements sont, de façon quasi-systématique, l’occasion de faire connaître la Fondation Raoul Follereau, les actions qu’elle entreprend, dans le but, soit de recruter de nouveaux bénévoles, soit de collecter des fonds, soit les deux.

Par exemple, ce document montre comment une opération apparemment anodine, destinée aux enfants afin de leur apprendre le sens de la charité, une "opération cerfs-volants", se transforme en opération de collecte de fonds au profit de la Fondation Raoul Follereau (voir le document ici).

De même, les conférences et animations déployées pour faire connaître Raoul Follereau constituent autant d'opération de communication et de publicité au profit de la Fondation Raoul Follereau.

Les dépenses liées à au réseau, aux comités et aux délégations devraient donc figurer tantôt dans les « frais de recherche de fonds » tantôt dans les « frais de fonctionnement ».

 

Le Congrès annuel

Concernant le congrès annuel, les éléments à notre disposition permettent de considérer qu’il s’agit d’un vaste séminaire de cohésion et de stimulation à l’image des stages de team building qui peuvent exister dans n’importe quelle autre entreprise ordinaire : salariés, bénévoles et relations de la Fondation Raoul Follereau viennent se retrouver afin de partager des bonnes pratiques, se donner des conseils et des idées, écouter quelques conférences prononcées par telle ou telle notoriété du secteur, bref partager un bon moment ensemble de telle façon que chacun rentre chez soi gonflé à bloc et prêt à en découdre pour les douze prochains mois.

André Récipon président fondateur de l'Association Française Raoul Follereau, président d'honneur de la Fondation Raoul Follereau et père de l'actuel président du directoire de la Fondation Raoul Follereau, affirmait à propos des congrès organisés chaque année par la Fondation Raoul Follereau (cité par Jean d'Alançon dans sa biographie Raoul Follereau - Fraternités spirituelles, éditions Fayard, 1995 page 285) :

« C'est au lendemain de la mort de Raoul Follereau que nous avons inauguré le premier de nos congrès. Nous avions alors, cherché à élargir notre réunion annuelle en dehors du cadre toujours formel d'une assemblée générale. Puis l'habitude s'est imposer de distinguer les deux rencontres. L'Assemblée Générale permet de faire le point de l'année écoulée. Le Congrès prépare la prochaine Journée Mondiale des Lépreux au moment où chacun a repris des forces pendant les vacances. (...) Le Congrès est un lieu de réflexion sur nos activités et nos orientations. »

Les dépenses liées à l’organisation du congrès annuel devraient donc, eux aussi, figurer tantôt dans les « frais de recherche de fonds » tantôt dans les « frais de fonctionnement ».

 

Le Journal Lèpres

Nous serons plus précis encore concernant le journal Lèpres, le support de communication de la Fondation Raoul Follereau.

Nous faisons au moins quatre constatations.

1. Tout d’abord, le contenu rédationnel du journal Lèpres est un constant appel à la générosité du public tantôt implicite, tantôt explicite : édito de Michel Récipon appelant à la générosité ou à la fidèlité des donateurs, descriptions de projets à financer ou encours de financement avec, souvent, la pastille explicite « Aiderez vous Untel ? », quatrième de couverture systématiquement dédiée à une publicité explicite en faveur des dons, legs et assurance sur la vie consentis au profit de la Fondation Raoul Follereau, etc.

Décortiquons, par exemple, le journal Lèpres de mai 2008 (ici). En première page de couverture, une pastille rappelle les nouvelles dispositions relatives à la réduction d’impôt sur la fortune, en page 2, un sommaire et la présentation des quatre grands engagements de la Fondation Raoul Follereau, en page 3 un édito de Michel Récipon qui invite à semer l’Amour pour récolter la Vie (autrement dit, à faire oeuvre de générosité en donnant), en page 4, la mise en valeur d'un consultant travaillant pour la Fondation Raoul Follereau, page 5 un article sur une sœur à Madagascar avec une pastille « Ils agissent en notre nom mais ne peuvent le faire sans nous ! », page 6 et 7 un article sur les puits qui s’achève sur un encart « 1 puit = 600 € ! 10 familles de France peuvent financer la résurrection d'un village ! », pages 8 et 9 un article sur l’enfance avec, en première page de l’article, une pastille « Voulez-vous nous aider ? », pages 10 et 11 un article qui s’achève sur un encart « Aidons Florence, Elle a besoin de 5.000 € pour démarrer », page 12 l’agenda des événements organisés au profit de la Fondation Raoul Follereau, page 14 le courrier des donateurs, page 15 page complète sur les moyens pour faire un don, et dernière page – quatrième de couverture, le seconde plus importante après la première de couverture – consacrée à une publicité en faveur des dons, legs et autres assurance vie en faveur de la Fondation Raoul Follereau.

2. Ensuite, nous relevons que l’envoi par la poste du journal Lèpres inclus systématiquement un formulaire de don et d’une enveloppe T pour la réponse : il s'agit donc bien d'un envoi duquel des retombées financières sont espérées par la Fondation Raoul Follereau

3. Également, le journal précise lui-même aux donateurs qui acceptent d’opter pour le prélèvement automatique qu’ils seront moins sollicités car ils recevront moins de numéros du journal Lèpres. Ceci est bien la preuve que le journal Lèpres est avant toute autre chose un outil de sollicitation de la générosité des lecteurs.

4. Enfin, argument ultime que nous trouvons dans la bouche même de Michel Récipon. Dans un article de presse disponible ici sur internet, à la question « comment financez-vous vos actions ? », Michel Récipon répond :

« Nous faisons appel à la générosité des donateurs en France par le biais de notre journal bimestriel Lèpres, par des mailings, par des parutions dans la presse. L’autre source de rentrée d’argent est la Journée Mondiale des Lépreux, créée par Raoul Follereau en 1954. » 

Voilà donc Michel Récipon, président du directoire de la Fondation Raoul Follereau qui affirme, à son tour, que le journal Lèpres est un instrument pour faire appel à la générosité des donateurs.

Par conséquent, les dépenses liées au journal Lèpres devraient figurer dans les « frais de recherche de fonds ».

 

Conclusion pour les exercices 2005 à 2008

En synthèse de ce qui précèdent, concernant la période 2005-2008, la décision de la Fondation Raoul Follereau de qualifier en totalité ces dépenses (réseau, délégations, journal, congrès) de « missions sociales » nous semble particulièrement contestable.

Ce choix a eu pour effet, selon nous, d'améliorer de façon artificielle l’indice de performance de la Fondation Raoul Follereau. Selon nos calculs, les enjeux chiffrés seraient les suivants :

Année

Pourcentage des emplois consacrés aux missions sociales déclaré par la Fondation Raoul Follereau

Pourcentage des emplois consacrés aux missions sociales, hors « Actions d’informations liées aux missions sociales »

2005

64,75%

53,50%

2006

69,48%

57,64%

2007

73,56%

61,38%

2008

70,12%

57,18%

 

L’année 2009 va, paradoxalement, nous donner partiellement raison.

 

Les nouveautés de l'exercice 2009 : l'autopromotion devient une mission sociale

Tout d'abord nous relevons les modifications suivantes (qui vont dans le sens de notre argumentation précédente), concernant les dépenses rattachées aux "missions sociales" :

- les frais du réseau de bénévoles ne sont pris en compte plus que pour 9/12ème de leurs montants ;

- les frais d’édition et d’envoi des journaux « Lèpres » ne sont pris en compte plus que pour 80% de leurs montants ;

- la phrase n’est pas très claire, mais il semblerait que les coûts relatifs à certains numéros du journal Lèpres (comptes et prospection) soient complètement exclus.

En revanche, nous sommes au regret de constater plusieurs facteurs d’inquiétudes supplémentaires par rapport aux pratiques antérieures.

Tout d’abord, la Fondation Raoul Follereau a fait disparaître le sous-poste contesté d’« Action d’informations liées aux missions sociales » pour le remplacer par une nouvelle mission sociale en tant que telle, intitulée : « Diffusion du message de Raoul Follereau ».

Dorénavant, la diffusion du message de Raoul Follereau est une mission sociale, au même titre que les quatre autres domaines d’interventions de la Fondation Raoul Follereau (aide aux lépreux et programmes de santé, aide au développement, aide aux enfants en détresse, aide à la réinsertion par l’emploi en milieu rural en France).

Les montants sont extrêmement importants : en 2009, ce nouveau poste atteint le montant de 1,790 millions d’euros, soit 17% du poste total « Missions sociales » (quasiment 12 millions de francs pour ceux encore habitués au franc pour les montants importants !).

En revanche, contrairement aux années 2005 à 2008, nous ne disposons plus du détail des montants, ligne à ligne. Nous regrettons ce surcroît d'opacité dans les comptes.

Seraient concernés dans cette nouvelle mission sociale, outre les items déjà mentionnés ci-dessus, les dépenses relatives :

- à la publication des documents sur la vie et la pensée du fondateur ;

- les frais des actions de promotion de l’image et de la notoriété du fondateur ;

- les frais de communication « grand média ».

Nous avons déjà exprimé ci-dessus combien il nous parait illusoire de prétendre faire une distinction entre la promotion de l'image et de la notoriété de Raoul Follereau et la promotion de la Fondation Raoul Follereau.

Nous persistons donc dans notre précédente analyse selon laquelle la Fondation Raoul Follereau qualifie de « missions sociales » des dépenses qui relèvent tantôt de frais de fonctionnement, tantôt de frais de publicité (et donc, de recherche de fonds).

La conséquence directe de cette situation se trouve dans une amélioration, artificielle selon nous, de l’indice de performance de la Fondation Raoul Follereau.

Année

Pourcentage des emplois consacrés aux missions sociales déclaré par la Fondation Raoul Follereau

Pourcentage des emplois consacrés aux missions sociales, hors « Diffusion du message de Raoul Follereau »

2009

70,39%

58,39%

 

Quelle que soit la légitimité de la Fondation Raoul Follereau à qualifier ces emplois de "missions sociales", il nous semble important que les donateurs de la Fondation Raoul Follereau soient informés de cette situation.

Nos lecteurs doivent également savoir que nous avons sollicités la Fondation Raoul Follereau par mail, le 18 décembre 2010, afin d’obtenir des informations plus détaillées sur ces éléments chiffrés et sur les motivations de leur position. La Fondation Raoul Follereau nous a répondu le 23 décembre, par mail également, en nous informant qu’elle refusait de fournir les informations complémentaires demandées, prétextant qu’elle n’était tenue de ne répondre qu’à des demandes nominatives.

Sur le fond, nous considérons qu’anonyme ou non, toute personne est en droit d’obtenir des éclaircissements sur les choix comptables des organismes reconnus d’utilité publique, a fortiori concernant la Fondation Raoul Follereau, qui, chaque années, collecte des fonds dans la rue auprès de donateurs … anonymes.


Nous poursuivons notre enquête.

 

 

 

 

Pour être sûr de lire la dernière version de cet article, consulter notre blog ici.

http://follereau-entre-ombre-et-lumiere.over-blog.com/ 


Par Entre ombre et lumière - Publié dans : Fondation Raoul Follereau
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