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Retrouvez notre contre-enquête dans notre livre téléchargeable sur le net (accès partiel gratuit en cliquant sur l'image).

 

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Monsieur Biographie

 

Je suis mort

Fondation Raoul Follereau

Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 14:29

 

Depuis avril 2010, nous informons le grand public sur la réalité de Raoul Follereau et de la Fondation qui porte son nom. Initialement portée sur la véritable histoire de Raoul Follereau (voir nos articles sur ce sujet ici), notre enquête a été amenée à aborder les anomalies juridiques et fiscales qui caractérisent le fonctionnement de la Fondation Raoul Follereau (voir nos articles sur le sujet ici).

 

http://www.raoul-follereau.org/jml/jml2007/img/mrecipon.jpgNotre conclusion est claire : les modalités de gouvernance de Michel Récipon, actuel président du directoire de la Fondation Raoul Follereau, font courrir un grand danger pour la survie de cette organisation.

 

Il se pourrait qu'un jour les services du parquet soient saisis de la situation et procèdent à une enquête. Nous le souhaitons plus qu'ardemment. Et si nous devions demain être auditionnés par la Brigade de répression de la délinquance astucieuse de la police judiciaire ou encore par la Direction des Services Fiscaux de Paris, nous leur résumerions les conclusions de notre contre-enquête en dix points.

 

http://cdn.pratique.fr/sites/default/files/articles/reductions-impot-investissement-fcpi.jpg1. La Fondation Raoul Follereau bénéficie du statut d’organisme reconnu d’utilité publique ; grâce à ce statut, elle fait bénéficier ses donateurs d’avantages fiscaux tout à fait exceptionnels : 75% de réduction d’impôt sur le revenu (IRPP) et sur la fortune (ISF), 60% de réduction d’impôt sur les sociétés (IS).

 

2. Cette qualité d’organisme reconnu d’utilité publique fait en outre bénéficier la Fondation Raoul Follereau d’un important crédit de confiance dans l’esprit du grand public.

 

3. C’est donc à la fois en qualité de bénévoles, donateurs, citoyens et contribuables que nous portons à la connaissance de la puissance publique certains éléments de droit et de fait qui sont de nature à jeter un doute sur le respect, par la Fondation Raoul Follereau, des conditions requises pour bénéficier de la reconnaissance d’utilité publique, doute qu’il appartient à la principale intéressée, la Fondation Raoul Follereau, ainsi qu’à la justice et à l’administration fiscale de dissiper.

 

4. En premier lieu, nous invitons la puissance publique à s’assurer que la Fondation Raoul Follereau bénéficie d’une réelle et effective indépendance vis-à-vis de ses fondateurs comme l’exigent les normes juridiques françaises prescrites de façon constante par le Conseil d’État.

 

5. Dans ce cadre, nous signalons que la Fondation Raoul Follereau, créée en 1984, est aujourd’hui une structure à directoire et conseil de surveillance. Ce conseil de surveillance est composé notamment de membres fondateurs et de membres représentants d’une association loi 1901 intitulée les Amis de la Fondation Raoul Follereau. Or, cette association se trouve être une réminiscence de l’Association Française Raoul-Follereau créée en 1968 qui a apporté ses activités à la Fondation Raoul Follereau en 2005 avant de changer de dénomination juridique en 2007 pour Amis de la Fondation Raoul Follereau. Une étude approfondie des statuts de cette association permet de constater que ses membres fondateurs sont en grande partie les mêmes que les fondateurs de la Fondation Raoul Follereau. Cette même étude approfondie permet de constater que le conseil d’administration de cette association n’est ouvert qu’à des membres cooptés par le directoire de la Fondation Raoul Follereau ou ses membres fondateurs. Enfin, il est constaté que le président de cette association se trouve être également le président du directoire de la Fondation Raoul Follereau, Michel Récipon. Pour l’ensemble de ces éléments, nous nous interrogeons sur le fait de savoir si la condition d’indépendance exigée de façon constante par le Conseil d’État est respectée en l’espèce.

 

6. Nous signalons en outre deux autres anomalies dans la répartition des sièges du conseil de surveillance de la Fondation Raoul Follereau. Tout d’abord, l’association des Amis de la Fondation Raoul Follereau dispose de trois sièges, soit 25% des sièges alors que les normes applicables prévoient une quote-part maximale de 20%. Ensuite, le président du directoire est également membre du conseil de surveillance alors que cela est prohibé.

 

7. En second lieu, nous invitons la puissance publique à s’assurer que la Fondation Raoul Follereau est bien gérée de façon désintéressée comme l’exige l’article 261 du code général des impôts commenté par l’instruction fiscale 4 H-5-06 du 18 décembre 2006. Ces deux textes mentionnent notamment que le caractère désintéressé de la gestion d’un organisme est avéré si les conditions suivantes sont remplies (§ 14) :

- l’organisme est géré et administré à titre bénévole par des personnes n’ayant elles-mêmes, ou par personne interposée, aucun intérêt direct ou indirect dans les résultats de l’exploitation ;

- l’organisme ne procède à aucune distribution directe ou indirecte de bénéfice, sous quelle que forme que ce soit ;

- les membres de l’organisme et leurs ayants droit ne peuvent pas être déclarés attributaires d’une part quelconque de l’actif, sous réserve du droit de reprise des apports.

 

IGAS 8. Dans ce cadre, nous constatons que jusqu’à mi-2010, Michel Récipon exerçait son mandat de président du directoire de façon – officiellement – bénévole. Or, nous avons constaté que jusqu’à cette date, Michel Récipon se trouvait également être dirigeant d’une myriade d’entités juridiques de toutes formes juridiques (fondations, associations, GIE, SCI, SA, etc.), de toutes activités (humanitaires, logistiques, immobilières, fonctions support,  etc.) soumises à des régimes fiscaux différents voire opposés (organismes sans but lucratif, sociétés de capitaux, entités translucides, etc.), l’ensemble formant le groupe Follereau. Il semblerait que Michel Récipon ait été dirigeant et/ou salarié et/ou actionnaire de la plupart de ces entités. Dans ce contexte, nous nous inquiétons de lire, dans le rapport de l’IGAS, que de nombreux flux financiers existants entre les entités du groupe Follereau étaient opaques à ce point que les inspecteurs de l’IGAS en charge du contrôle se considéraient dans l’impossibilité d’en vérifier tant le principe que le montant. Nous nous inquiétons de lire, dans ce même rapport, que les décisions d’embauche et de rémunérations étaient prises de façon totalement discrétionnaire, sans aucun contrôle ni cohérence objective. De façon plus générale, ce rapport met en avant d’importants manquements aux obligations de transparence les plus élémentaires et une gouvernance de type autocratique. Nous rajoutons qu’il nous été également signalé au moins deux cessions d’actifs immobiliers (appartements parisiens rue de Dantzig) de gré à gré entre des membres du conseil de surveillance de la Fondation Raoul Follereau, dont Michel Récipon, et une entité du groupe Follereau. Dans ce cadre, nous nous interrogeons sur le fait de savoir si la condition de gestion désintéressée exigée par la loi et l’instruction fiscale précitée est respectée.

 

9. Nous constatons que, depuis mi 2010, Michel Récipon bénéficie des dispositions prévues sous l’article 261, 7-1°d du code général des impôts qui permet, sous certaines conditions, aux organismes sans but lucratif de rémunérer leurs dirigeants. À ce titre, Michel Récipon perçoit une rémunération mensuelle de 7.300 euros. Parmi les conditions exigées, l’article précité indique que les statuts et les modalités de fonctionnement de l’organisme doivent assurer :

- sa transparence financière,

- l'élection régulière et périodique de ses dirigeants,

- le contrôle effectif de sa gestion par ses membres.

 

http://www.collectionscanada.gc.ca/obj/009001/f1/c112617-vx.jpg10. Concernant la transparence financière, nous nous interrogeons sur le fait de savoir si, compte tenu des éléments évoqués au point 8 précédent, un contrôle renouvelé des comptes ne serait pas nécessaire pour s’en assurer. Concernant l’élection régulière et périodique de ses dirigeants et le contrôle effectif de sa gestion par ses membres, nous avons déjà décrit ci-dessus le verrouillage statutaire des organes de délibération tant de la Fondation Raoul Follereau que de l’association des Amis de la Fondation Raoul Follereau. Mais nous attirons votre attention sur le texte légal qui parle non seulement des statuts, mais aussi des modalités de fonctionnement. Or, force est de constater qu’André Récipon - qui ne cache pas ses convictions monarchistes et antidémocratiques - a réussi, en 1992, à imposer la transmission du pouvoir à son fils Michel malgré l’opposition de nombreux salariés et bénévoles et qu’à cette occasion, André Récipon n’hésita pas à dire et à écrire qu’il appartenait à son fils et aux descendants de ce dernier de poursuivre l’œuvre de Raoul Follereau, mission que Michel Récipon assume désormais depuis vingt ans. Ce faisant, les Récipon reconnaissent vouloir s’attribuer un actif successoral incorporel digne de l’hérédité des offices de l’Ancien Régime. Nous ne pouvons que nous interroger sur la conformité de ces éléments de droit et de fait avec les conditions posées par le texte législatif sur les rémunérations de dirigeants (et plus généralement avec l’exercice démocratique au sein des organismes sans but lucratif reconnu d’utilité publique).

 

En conclusion, nous invitons les autorités administratives compétentes à enquêter sur l’ensemble de ces points, ainsi que sur tout autre point, y compris d’ordre pénal, le cas échéant, qu’il leur plaira d’identifier, et à communiquer au grand public le résultat de leurs investigations.

 

 

Romain Gallaud

Retrouvez notre contre-enquête dans notre livre, publié aux éditions Golias :

CouvFollereau22-9-11-2-Orange

ou sur http://follereau-entre-ombre-et-lumiere.over-blog.com/

Par Romain Gallaud - Publié dans : Fondation Raoul Follereau
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Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 16:54

 

Retrouvez cet article mis à jour dans notre livre PDF gratuit.

 

 

 

http://www.librairietequi.com/I-Miniature-1100-combat-pour-la-charite.aspx

Nous avons vu, lors d'un article précédent (ici) comment la famille Récipon (André, à droite, puis Michel, son fils, ci-dessous) a réussi à verrouiller la gouvernance de la Fondation Raoul Follereau, au mépris du principe d'indépendance pourtant prescrit par la réglementation en vigueur, afin d'en faire "leur" Fondation, instaurant ainsi une véritable monarchie caritative héréditaire.

 

http://www.raoul-follereau.org/jml/jml2007/img/mrecipon.jpg

Nous y avons exposé que ce contrôle familial des rênes de la Fondation Raoul Follereau avait été obtenu grâce à la répartition des sièges de son conseil de surveillance entre les membres fondateurs d'une part et les membres désignés par l'association des Amis de la Fondation Raoul Follereau.

 

Nous avons depuis pu obtenir trois documents très utiles pour notre contre-enquête car ils nous permettent de confirmer et de préciser notre analyse.

 

Il s'agit :

- de la copie des statuts de l'association des Amis de la Fondation Raoul Follereau ;

- de la composition actuelle du bureau de l'association des Amis de la Fondation Raoul Follereau;

- de la liste des membres fondateurs de l'association des Amis de la Fondation Raoul Follereau.

 

http://objectifmadagascar.free.fr/images/logo_raoul.gif

 

 

L'AFRF, héritière de ... l'AFRF

 

Dans notre article précédent sur ce sujet (ici), nous signalions que l'AFRF (ancienne dénomination : "Association Française Raoul-Follereau") désignait, historiquement, l'association-mère créée par Raoul Follereau en 1968 afin de perpétuer son "œuvre".

 

Cette association "AFRF" s'inscrivait dans la droite (extrême-droite ?) ligne des entités antérieures crées et animées par Raoul Follereau durant sa vie : Ordre de la Charité (1946), Fondations Charles de Foucauld (1937), Ligue d'Union latine (1927).

 

L'article 1 des statuts de l'AFRF (dans sa nouvelle dénommination : "association des Amis de la Fondation Raoul Follereau") rappelle l'historique de l'AFRF :

 

"Il continue d'exister une association régie par la loi du 1er juillet 1901 (...) entre les personnes ayant adhéré aux statuts, dans l'esprit de l'Ordre de la Charité voulu par Raoul Follereau, tels qu'ils ont été établis originellement par acte de Maître Bonsergent, notaire à Paris, les 27 et 28 mars 1968 et modifiés par l'Assemblée Générale du 15 juin 2002, puis du 3 décembre 2005, et les personnes qui y adhéreront par la suite"

 

La filiation est clairement identifiée : l'association des Amis de la Fondation Raoul Follereau est l'héritière directe de l'Association Française Raoul-Follereau fondée par André Récipon en 1968 par la volonté de Raoul Follereau.

 

La modification des statuts de 2002 fait suite au scandale qui a été provoqué par la divulgation, par le Canard Enchaîné et par Radio France International, du rapport explosif de l'IGAS (voir à ce sujet notre bibliographie).

 

La modification de 2005 correspond à l'opération d'apport des activités caritatives autrefois portées par l'AFRF qui seront, à partir de cette date, exclusivement portées par la Fondation Raoul Follereau.

 

Puis, début 2007, l'AFRF déclare au journal officiel son changement de nom, prenant pour nouveau nom : association des Amis de la Fondation Raoul Follereau.

 

Nous allons démontrer ci-après que l'association des Amis de la Fondation est une coquille juridique sous le contrôle de quelques uns qui détiennent déjà le contrôle de la Fondation Raoul Follereau (et réciproquement).

 

 

L'AFRF : des membres fondateurs étroitement liés à la Fondation Raoul Follereau

 

L'association des Amis de la Fondation Raoul Follereau compte 8 membres fondateurs. Initialement, il s'agissait de huit personnes désignées par Raoul Follereau. Cependant, il convenait de conserver intact ce bloc de huit membres fondateurs. Une clause de cooptation est ainsi prévue : en cas de décès, exclusion ou démission de l'un d'eux, ce sont les autres membres fondateurs qui cooptent un successeur. Ainsi, l'AFRF compte pour toujours 8 membres fondateurs, qu'ils le soient depuis les débuts de l'AFRF ou qu'ils aient été cooptés.

 

Selon la liste qui nous a été remise, les huit membres fondateurs de l'association des Amis de la Fondation Raoul Follereau sont les personnes suivantes :

 

- Monsieur Michel Récipon

Il se trouve être membre du conseil de surveillance de la Fondation Raoul Follereau au titre des membres fondateurs de la Fondation Raoul Follereau ainsi que président du directoire (nous avons vu, d'ailleurs, que ce cumul est contraire à la réglementation en vigueur, voir notre livre PDF sur ce point).

 

- Monsieur Pierre-Yves Thiebault (profession : médecin généraliste)

Il se trouve être également membre du conseil de surveillance de la Fondation Raoul Follereau au titre des membres fondateurs de la Fondation Raoul Follereau.

 

- Monsieur Alain Morisot (profession : banquier, gérant de patrimoine)

Il se trouve être non seulement membre du conseil de surveillance de la Fondation Raoul Follereau au titre des membres fondateurs de la Fondation Raoul Follereau mais aussi président de ce conseil de surveillance.

 

- Monsieur Dominique Gerard (profession : banquier, conseiller en gestion de fortune)

Il se trouve être, lui aussi, membre du conseil de surveillance de la Fondation Raoul Follereau au titre des membres fondateurs de la Fondation Raoul Follereau.

 

Autrement dit, il résulte à ce stade de notre liste, que les quatre représentantes du collège des fondateurs au conseil de surveillance de la Fondation Raoul Follereau sont également membres fondateurs de l'association des Amis de la Fondation Raoul Follereau. La suite n'est pas moins intéressante, car la liste des membres fondateurs de l'AFRF mentionne également :

 

- Messieurs Marc Gentilini et Jean-Maris Le Méné

Ils sont membres d'honneur du conseil de surveillance de la Fondation Raoul Follereau.

 

- Monsieur Eric des Grottes (gérant de société)

Il se trouve être membre du conseil de surveillance de la Fondation Raoul Follereau, mais, en ce qui le concerne, au titre du collège des membres dits qualifiés. Rappelons ici que les membres dits qualifiés sont des personnes censées avoir été sélectionnées pour leur expertise et leurs compétences dans le domaine d'activité de la Fondation concernée. Monsieur des Grottes est gérant de société, notamment d'une société de publicité / communication nommée Egga (voir son site internet : www.egga.fr).

 

Enfin, le huitième et dernier membre fondateur de l'AFRF est un dénommé Jean-Daniel Jouanneault, dont la profession est : responsable Organisation et Système d'information.

 

Pour mémoire, citons enfin qu'il existe deux membres d'honneur à l'AFRF :

- Monsieur André Récipon, père et intronisateur de son fiston Michel, qui se trouve être, lui aussi, membre d'honneur du conseil de surveillance de la Fondation Raoul Follereau,

- ainsi que Monsieur Jean-Pierre Verrier, retraité.

 

 

L'AFRF : un simulacre de vie associative démocratique

 

Nous avons déja relevé les convictions monarchistes d'André Récipon (voir ici). Pour André Récipon, "la primauté de la majorité sur la minorité (...) est une forme de dictature" (Lettre ouverte à Hombeline, page 85).

 

Les statuts de l'association des Amis de la Fondation Raoul Follereau ne dérogent pas à ce verrouillage de l'expression démocratique, et ce, malgré la réforme intervenue après le scandale de l'IGAS de 2002 (voir sur ce sujet les liens presse indiqués dans notre bibliographie). Selon l'article 9 des statuts, le fonctionnement de l'AFRF est assuré par un conseil d'administration, composé des huit membres fondateurs (membre de droit et à vie) et de 9 autres membres de l'association. Ces derniers sont élus par l'assemblée générale annuelle des membres.

 

Nous pouvons d'ores et déjà constater que la quasi moitié (8 membres sur 17) du conseil d'administration est réservée aux membres fondateurs qui se transmettent cette qualité par cooptation discrétionnaire.

 

Restent les 9 autres membres du conseil qui seraient soi-disant élus. Néanmoins, le fonctionnement démocratique est, ici aussi, sujet à caution. En effet, pour être éligible au conseil d'administration de l'AFRF, il faut en avoir la qualité de "membre actif". Or, qui veut ne devient pas membre actif de l'AFRF. Les statuts prévoient trois possibilités pour devenir membre actif, et donc, éligible au conseil d'administration :

 

1. Tout d'abord, sont membres actifs en qualité de personne morale les associations locales (appelées "comités" dans le jargon FRF) qui ont adoptés les statuts-types préconisés par la Fondation Raoul Follereau, et qui ont été agréées par le directoire de la Fondation Raoul Follereau (directoire présidé par ... Michel Récipon).

 

2. Ensuite, sont membres actifs les délégués départementaux de la Fondation Raoul Follereau. Or, les délégués de la Fondation Raoul Follereau sont choisis par le directoire de la Fondation (donc ... Michel Récipon).

 

3. Enfin, toute personnes qualifiée et active peut devenir membre actif de l'AFRF à condition, toutefois, de respecter deux conditions. Tout d'abord, il faut être "présenté" par un membre déjà dans la place : un autre membre actif, un membre du conseil d'administration, mais aussi un membre du directoire de la Fondation Raoul Follereau (donc ... Michel Récipon). Deuxième condition, il faut être agréé par le conseil d'administration par un vote à la majorité de ses membres et, clause de cooptation supplémentaire, ce vote majoritaire doit inclure une vote favorable d'au moins 5 des 8 membres fondateurs.

 

En synthèse, l'accès à la qualité de membre actif, et donc, la possibilité d'être éligible au conseil d'administration de l'AFRF requiert dans tous les cas une forme de cooptation de toute ou partie des membres fondateurs et/ou du directoire de la Fondation Raoul Follereau.

 

Enfin, les statuts prévoient (article 12) que le Président de l'AFRF a tous pouvoirs pour "veiller à l'exécution de ses décisions et, en général, pour assurer la représentation de l'association". Or, le président de l'association des Amis de la Fondation Raoul Follereau n'est autre que ... Michel Récipon.

 


En synthèse et en résumé, les documents qui nous ont été transmis et que nous tenons à la disposition de nos lecteurs sur simple demande à notre adresse mail (ombrelumiere2010@hotmail.fr) confirment les points de convergence, voire de dépendance entre la Fondation Raoul Follereau, l'association des Amis de la Fondation Raoul Follereau et les fondateurs de chacune de ces deux entités. Cela confirme donc que l'indépendance dont la Fondation Raoul Follereau devrait bénéficier vis-à-vis de ses fondateurs, conformément à la réglementation française que nous exposons dans notre livre PDF, est une illusion.

 

Pour accéder à la première partie de cet article, cliquer ici.

 

 

Pour être sûr de lire la dernière version de cet article, consulter notre blog ici.

http://follereau-entre-ombre-et-lumiere.over-blog.com/ 

Par Romain Gallaud - Publié dans : Fondation Raoul Follereau
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Dimanche 16 janvier 2011 7 16 /01 /Jan /2011 21:53

 

Message 20 janvier 2011

Retrouvez cet article mis à jour dans notre livre PDF gratuit.

 

 

 

En qualité de fondation reconnue d’utilité publique faisant appel à la générosité du public, la Fondation Raoul Follereau est tenue de publier ses comptes annuels.

Depuis plusieurs années, déjà, ces comptes, y compris le rapport des commissaires aux comptes, sont disponibles sur internet (voir tous les liens dans notre bibliographie ici).

La consultation de ces comptes nous a permis d’identifier ce que nous considérons être une grave irrégularité dans l’information financière communiquée aux donateurs.


Propos généraux sur les obligations comptables des organismes faisant appel à la générosité du public.

Afin d’améliorer la transparence des organismes faisant appel à la générosité du public et l’information des donateurs, il a été décidé de renforcer les obligations de transparence financière des organismes faisant appel à la générosité du public.

Parmi ces obligations récentes figure le Compte Emploi Ressources (CER). Ce compte permet de détailler la nature des revenus et des dépenses de l'organisme.

C’est essentiellement le poste des dépenses, qualifiés "emplois" qui va nous intéresser. Cette ventilation des dépenses (i.e. emplois) par nature permet d’informer les donateurs sur la quote-part de leur générosité qui bénéficie réellement, in fine, à la cause qu’ils ont voulu soutenir.

Il faut souligner combien ce CER est essentiel car il permet de lire la performance opérationnelle des organisations caritatives : plus la quote-part des dépenses affectées aux "missions sociales" est élevée, plus l’organisme a été respectueux et économe de l’argent et de l’intention de ses donateurs.

Concrètement, les emplois se décomposent en trois postes principaux :

- les missions sociales,

- les frais de recherche de fonds,

- les frais de fonctionnement et autres charges.

Dans cette ventilation, le poste « missions sociales » regroupe les dépenses engagées dans le cadre des projets qui caractérisent ce pourquoi l'organisme est réputé se battre et collecter des fonds.

Le poste « frais de recherche de fonds » porte bien son nom puisqu’il regroupe les dépenses engagées dans le cadre de la quête de fonds afin de financer les missions sociales.

Enfin, le poste « frais de fonctionnement », sorte de voiture balai, regroupe le reste, c'est-à-dire les dépenses qui ne sont pas, à proprement parler, des missions sociales, et qui ne servent pas non plus à collecter des fonds.


Que révèlent les comptes de la Fondation Raoul Follereau ?

Concernant plus particulièrement la Fondation Raoul Follereau, nous avons pu obtenir les CER depuis l’année 2005 jusqu’à ceux de l’année 2009.

Nous allons procéder à une distinction entre la période 2005-2008 et l’exercice 2009.

Pour chacune de ces années, la Fondation Raoul Follereau a créé, au titre de ses « missions sociales », un sous-post intitulé « Actions d’information liées aux missions sociales ».

Selon la Fondation Raoul Follereau, il s’agit « des dépenses engagées pour la diffusion du message de Raoul Follereau et la sensibilisation du public à ce message et aux missions sociales. ».

Le sujet est d’importance car les montants le sont. En effet, ce sous-poste pèse particulièrement lourd :

- en 2005, il s’élève à 1,631 millions d’euros (soit 17% du poste total « Missions sociales ») ;

- en 2006, il s’élève à 1,713 millions d’euros (soit 17% du poste total « Missions sociales ») ;

- en 2007, il s’élève à 1,695 millions d’euros (soit 16% du poste total « Missions sociales ») ;

- en 2008, il s’élève à 1,926 millions d’euros (soit 18% du poste total « Missions sociales »).

Soit un total de 6,965 millions d’euros, sur ces quatre exercices (2005-2008).

L’impact de cette question est significatif puisque l’indice de performance de la fondation en dépend.

Par exemple, pour l’exercice 2008, la Fondation Raoul Follereau annonce que 70,12% des emplois ont été consacrés aux missions sociales. Concrètement, cela signifie que, sur 100 euros dépensés par la Fondation Raoul Follereau, moins de 30 euros se sont évaporés en frais de fonctionnement ou en frais de recherche de fonds.

70,12% est un indice de performance tout à fait correct.

En revanche, si nous considérons que la totalité de ces dépenses « Actions d’informations liées aux missions sociales » ne relèvent pas, en réalité, du poste « Missions sociales », et devraient plutôt être basculées dans l’une des deux autres catégories, l’indice de performance tombe à 57,18%, soit en dessous des 66% exigés par le bureau de certification Véritas.

Effectivement, 57,18% serait un piètre indice de performance.

Afin d’identifier si ces dépenses sont bien à leur place dans le poste « missions sociales », il faut les examiner ligne à ligne.


Les actions d'informations liées aux missions sociales de la Fondation Raoul Follereau : des frais de fonctionnement ou de collecte déguisés ?

Pour les quatre années concernées, la sous-catégorie « Actions d’information liées aux missions sociales », la Fondation Raoul Follereau indique  :

- Journal « Lèpres » ;

- Réseau des bénévoles ;

- Service des comités ;

- Congrès.

De quels compléments d’informations disposons-nous ?

Pour chacune de ces quatre années, à quelques variations près, l’annexe apporte les précisions suivantes sur la nature précise de ces dépenses :

« - les dépenses des numéros du journal « Lèpres » communiquant aux donateurs les informations sur les projets terrain ;

- les frais du service de gestion du réseau de bénévoles, des frais des délégations ;

- les charges du congrès annuel qui rassemble, bénéficiaires des aides, représentants des pays étrangers dans lesquels la Fondation est présente, bénévoles qui participent tout au long de l’année à son action et salariés du siège. »

De façon générale, la terminologie employée (« dépenses engagées pour la diffusion du message de Raoul Follereau et la sensibilisation du public à ce message et aux missions sociales. ») est susceptible de donner lieu à de multiples interprétations et il semble impossible de faire la frontière entre « sensibilisation du public aux missions sociales » et sollicitation de la générosité de ce même public pour leur financement.

Or, la sollicitation de la générosité du public relève du poste « frais de recherche de fonds » et non de celui « missions sociales ».

Nous allons appuyer notre démonstration sur des éléments factuels extrêment précis.

 

Les délégations, bénévoles et réseaux

Les délégations et les bénévoles ont principalement pour activité d’organiser la journée mondiale des lépreux, le dernier week-end de chaque année. Le reste de l’année, ils organisent eux-mêmes ou accompagnent des tiers qui organisent des événements dédiés à Raoul Follereau et aux œuvres financées par la Fondation Raoul Follereau.

Le site internet de la Fondation Raoul Follereau indiquent clairement les objectifs du réseau des bénévoles (ici) :

« - provoquer et entretenir des relations avec les media locaux, les institutions, les mouvements,   les clubs, les notaires… ;

- mobiliser les jeunes (scolaires, scouts, aumôneries…)

- représenter la Fondation dans les forums associatifs et toutes manifestations de proximité

- sensibiliser et mobiliser le grand public à travers des initiatives diverses et variées, pour parler de Raoul Follereau et collecter des fonds en faveur des actions qui se poursuivent en son nom. »

La lecture des numéros du journal Lèpres donne régulièrement des exemples des tombolas, lâchers de ballons, lotos et autres manifestations culturelles organisés par le réseau des délégations et des bénévoles (voir ici les numéros récents du journal Lèpres).

Il est patent de constater que ces événements sont, de façon quasi-systématique, l’occasion de faire connaître la Fondation Raoul Follereau, les actions qu’elle entreprend, dans le but, soit de recruter de nouveaux bénévoles, soit de collecter des fonds, soit les deux.

Par exemple, ce document montre comment une opération apparemment anodine, destinée aux enfants afin de leur apprendre le sens de la charité, une "opération cerfs-volants", se transforme en opération de collecte de fonds au profit de la Fondation Raoul Follereau (voir le document ici).

De même, les conférences et animations déployées pour faire connaître Raoul Follereau constituent autant d'opération de communication et de publicité au profit de la Fondation Raoul Follereau.

Les dépenses liées à au réseau, aux comités et aux délégations devraient donc figurer tantôt dans les « frais de recherche de fonds » tantôt dans les « frais de fonctionnement ».

 

Le Congrès annuel

Concernant le congrès annuel, les éléments à notre disposition permettent de considérer qu’il s’agit d’un vaste séminaire de cohésion et de stimulation à l’image des stages de team building qui peuvent exister dans n’importe quelle autre entreprise ordinaire : salariés, bénévoles et relations de la Fondation Raoul Follereau viennent se retrouver afin de partager des bonnes pratiques, se donner des conseils et des idées, écouter quelques conférences prononcées par telle ou telle notoriété du secteur, bref partager un bon moment ensemble de telle façon que chacun rentre chez soi gonflé à bloc et prêt à en découdre pour les douze prochains mois.

André Récipon président fondateur de l'Association Française Raoul Follereau, président d'honneur de la Fondation Raoul Follereau et père de l'actuel président du directoire de la Fondation Raoul Follereau, affirmait à propos des congrès organisés chaque année par la Fondation Raoul Follereau (cité par Jean d'Alançon dans sa biographie Raoul Follereau - Fraternités spirituelles, éditions Fayard, 1995 page 285) :

« C'est au lendemain de la mort de Raoul Follereau que nous avons inauguré le premier de nos congrès. Nous avions alors, cherché à élargir notre réunion annuelle en dehors du cadre toujours formel d'une assemblée générale. Puis l'habitude s'est imposer de distinguer les deux rencontres. L'Assemblée Générale permet de faire le point de l'année écoulée. Le Congrès prépare la prochaine Journée Mondiale des Lépreux au moment où chacun a repris des forces pendant les vacances. (...) Le Congrès est un lieu de réflexion sur nos activités et nos orientations. »

Les dépenses liées à l’organisation du congrès annuel devraient donc, eux aussi, figurer tantôt dans les « frais de recherche de fonds » tantôt dans les « frais de fonctionnement ».

 

Le Journal Lèpres

Nous serons plus précis encore concernant le journal Lèpres, le support de communication de la Fondation Raoul Follereau.

Nous faisons au moins quatre constatations.

1. Tout d’abord, le contenu rédationnel du journal Lèpres est un constant appel à la générosité du public tantôt implicite, tantôt explicite : édito de Michel Récipon appelant à la générosité ou à la fidèlité des donateurs, descriptions de projets à financer ou encours de financement avec, souvent, la pastille explicite « Aiderez vous Untel ? », quatrième de couverture systématiquement dédiée à une publicité explicite en faveur des dons, legs et assurance sur la vie consentis au profit de la Fondation Raoul Follereau, etc.

Décortiquons, par exemple, le journal Lèpres de mai 2008 (ici). En première page de couverture, une pastille rappelle les nouvelles dispositions relatives à la réduction d’impôt sur la fortune, en page 2, un sommaire et la présentation des quatre grands engagements de la Fondation Raoul Follereau, en page 3 un édito de Michel Récipon qui invite à semer l’Amour pour récolter la Vie (autrement dit, à faire oeuvre de générosité en donnant), en page 4, la mise en valeur d'un consultant travaillant pour la Fondation Raoul Follereau, page 5 un article sur une sœur à Madagascar avec une pastille « Ils agissent en notre nom mais ne peuvent le faire sans nous ! », page 6 et 7 un article sur les puits qui s’achève sur un encart « 1 puit = 600 € ! 10 familles de France peuvent financer la résurrection d'un village ! », pages 8 et 9 un article sur l’enfance avec, en première page de l’article, une pastille « Voulez-vous nous aider ? », pages 10 et 11 un article qui s’achève sur un encart « Aidons Florence, Elle a besoin de 5.000 € pour démarrer », page 12 l’agenda des événements organisés au profit de la Fondation Raoul Follereau, page 14 le courrier des donateurs, page 15 page complète sur les moyens pour faire un don, et dernière page – quatrième de couverture, le seconde plus importante après la première de couverture – consacrée à une publicité en faveur des dons, legs et autres assurance vie en faveur de la Fondation Raoul Follereau.

2. Ensuite, nous relevons que l’envoi par la poste du journal Lèpres inclus systématiquement un formulaire de don et d’une enveloppe T pour la réponse : il s'agit donc bien d'un envoi duquel des retombées financières sont espérées par la Fondation Raoul Follereau

3. Également, le journal précise lui-même aux donateurs qui acceptent d’opter pour le prélèvement automatique qu’ils seront moins sollicités car ils recevront moins de numéros du journal Lèpres. Ceci est bien la preuve que le journal Lèpres est avant toute autre chose un outil de sollicitation de la générosité des lecteurs.

4. Enfin, argument ultime que nous trouvons dans la bouche même de Michel Récipon. Dans un article de presse disponible ici sur internet, à la question « comment financez-vous vos actions ? », Michel Récipon répond :

« Nous faisons appel à la générosité des donateurs en France par le biais de notre journal bimestriel Lèpres, par des mailings, par des parutions dans la presse. L’autre source de rentrée d’argent est la Journée Mondiale des Lépreux, créée par Raoul Follereau en 1954. » 

Voilà donc Michel Récipon, président du directoire de la Fondation Raoul Follereau qui affirme, à son tour, que le journal Lèpres est un instrument pour faire appel à la générosité des donateurs.

Par conséquent, les dépenses liées au journal Lèpres devraient figurer dans les « frais de recherche de fonds ».

 

Conclusion pour les exercices 2005 à 2008

En synthèse de ce qui précèdent, concernant la période 2005-2008, la décision de la Fondation Raoul Follereau de qualifier en totalité ces dépenses (réseau, délégations, journal, congrès) de « missions sociales » nous semble particulièrement contestable.

Ce choix a eu pour effet, selon nous, d'améliorer de façon artificielle l’indice de performance de la Fondation Raoul Follereau. Selon nos calculs, les enjeux chiffrés seraient les suivants :

Année

Pourcentage des emplois consacrés aux missions sociales déclaré par la Fondation Raoul Follereau

Pourcentage des emplois consacrés aux missions sociales, hors « Actions d’informations liées aux missions sociales »

2005

64,75%

53,50%

2006

69,48%

57,64%

2007

73,56%

61,38%

2008

70,12%

57,18%

 

L’année 2009 va, paradoxalement, nous donner partiellement raison.

 

Les nouveautés de l'exercice 2009 : l'autopromotion devient une mission sociale

Tout d'abord nous relevons les modifications suivantes (qui vont dans le sens de notre argumentation précédente), concernant les dépenses rattachées aux "missions sociales" :

- les frais du réseau de bénévoles ne sont pris en compte plus que pour 9/12ème de leurs montants ;

- les frais d’édition et d’envoi des journaux « Lèpres » ne sont pris en compte plus que pour 80% de leurs montants ;

- la phrase n’est pas très claire, mais il semblerait que les coûts relatifs à certains numéros du journal Lèpres (comptes et prospection) soient complètement exclus.

En revanche, nous sommes au regret de constater plusieurs facteurs d’inquiétudes supplémentaires par rapport aux pratiques antérieures.

Tout d’abord, la Fondation Raoul Follereau a fait disparaître le sous-poste contesté d’« Action d’informations liées aux missions sociales » pour le remplacer par une nouvelle mission sociale en tant que telle, intitulée : « Diffusion du message de Raoul Follereau ».

Dorénavant, la diffusion du message de Raoul Follereau est une mission sociale, au même titre que les quatre autres domaines d’interventions de la Fondation Raoul Follereau (aide aux lépreux et programmes de santé, aide au développement, aide aux enfants en détresse, aide à la réinsertion par l’emploi en milieu rural en France).

Les montants sont extrêmement importants : en 2009, ce nouveau poste atteint le montant de 1,790 millions d’euros, soit 17% du poste total « Missions sociales » (quasiment 12 millions de francs pour ceux encore habitués au franc pour les montants importants !).

En revanche, contrairement aux années 2005 à 2008, nous ne disposons plus du détail des montants, ligne à ligne. Nous regrettons ce surcroît d'opacité dans les comptes.

Seraient concernés dans cette nouvelle mission sociale, outre les items déjà mentionnés ci-dessus, les dépenses relatives :

- à la publication des documents sur la vie et la pensée du fondateur ;

- les frais des actions de promotion de l’image et de la notoriété du fondateur ;

- les frais de communication « grand média ».

Nous avons déjà exprimé ci-dessus combien il nous parait illusoire de prétendre faire une distinction entre la promotion de l'image et de la notoriété de Raoul Follereau et la promotion de la Fondation Raoul Follereau.

Nous persistons donc dans notre précédente analyse selon laquelle la Fondation Raoul Follereau qualifie de « missions sociales » des dépenses qui relèvent tantôt de frais de fonctionnement, tantôt de frais de publicité (et donc, de recherche de fonds).

La conséquence directe de cette situation se trouve dans une amélioration, artificielle selon nous, de l’indice de performance de la Fondation Raoul Follereau.

Année

Pourcentage des emplois consacrés aux missions sociales déclaré par la Fondation Raoul Follereau

Pourcentage des emplois consacrés aux missions sociales, hors « Diffusion du message de Raoul Follereau »

2009

70,39%

58,39%

 

Quelle que soit la légitimité de la Fondation Raoul Follereau à qualifier ces emplois de "missions sociales", il nous semble important que les donateurs de la Fondation Raoul Follereau soient informés de cette situation.

Nos lecteurs doivent également savoir que nous avons sollicités la Fondation Raoul Follereau par mail, le 18 décembre 2010, afin d’obtenir des informations plus détaillées sur ces éléments chiffrés et sur les motivations de leur position. La Fondation Raoul Follereau nous a répondu le 23 décembre, par mail également, en nous informant qu’elle refusait de fournir les informations complémentaires demandées, prétextant qu’elle n’était tenue de ne répondre qu’à des demandes nominatives.

Sur le fond, nous considérons qu’anonyme ou non, toute personne est en droit d’obtenir des éclaircissements sur les choix comptables des organismes reconnus d’utilité publique, a fortiori concernant la Fondation Raoul Follereau, qui, chaque années, collecte des fonds dans la rue auprès de donateurs … anonymes.


Nous poursuivons notre enquête.

 

 

 

 

Pour être sûr de lire la dernière version de cet article, consulter notre blog ici.

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Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 16:54

 

Message 20 janvier 2011

Retrouvez cet article mis à jour dans notre livre PDF gratuit.

 

 

Addendum : cet article a été mis à jour le 28 novembre 2010.

 

 

Nous allons aujourd'hui nous pencher sur la nature juridique de la Fondation Raoul Follereau.

 

Même si nous ne sommes pas juristes et même si les informations disponibles sur le net sont parcellaires, nous avons effectivement débusqué un certain nombre d'anomalies d'ordre juridique. C'est la principale que nous vous proposons d'aborder aujourd'hui.

 

À l'origine de cet article, nous sommes partis des propos d'André Récipon en personne, propos que nous avions déjà cités dans notre article précédent consacré à la pensée politique d'André Récipon (ici) mais que nous reproduisons ici :

 

« le 23 mai 1992, lors de l’assemblée générale, j’ai fait la déclaration suivante : “(…) je suis ici pour transmettre le flambeau tel que je l’ai reçu de Raoul Follereau. À mon tour, je déclare solennellement devant vous que je confie à mon fils Michel la charge de l’œuvre que j’ai reçue de Raoul Follereau et que je lui demande de poursuivre”. » (Combat pour la Charité, André Récipon, Pierre Téqui Éditeur, 2000, page 21) ;

 

« notre vie familiale et privée est étroitement liée à la vie de la Fondation Raoul Follereau (…) j’ai mis en place une structure dont ton père <Michel Récipon> a maintenant la responsabilité. (…) Contrairement à ce que certains avancent (…) ce n’est pas une famille qui s’est emparée d’un héritage, c’est une famille qui s’est chargée d’une tradition, celle de poursuivre l’œuvre de Raoul Follereau. C’est l’honneur de ton père <Michel Récipon> de la maintenir aujourd’hui, et ce sera, demain, le tien et celui de tes frères et sœurs. (…) » (Lettre ouverte à Mathilde, André Récipon, Pierre Téqui Éditeur, 2005, page 31).

 

Dans la mesure où la Fondation Raoul Follereau est une fondation reconnue d'utilité publique, nous étions étonnés qu'il puisse être juridiquement possible d'instaurer ainsi un processus de dévolution successorale, comme si la présidence d'une fondation reconnue d'utilité publique pouvait se transmettre de père en fils sans limitation de durée.

 

Nous n'avons pas été déçus par nos recherches : elles nous ont permis, en effet, de découvrir que la Fondation Raoul Follereau est une sorte d'Objet Juridique Non Identifié (OJNI) dans lequel un petit nombre d'individus semblent bien avoir verrouillé l'exercice du pouvoir.

 

Avant toute chose, signalons quatre sources documentaires qui nous ont été utiles pour la rédaction de cet article :

- Mémento Pratique Francis Lefebvre Associations 2010 - 2011 ;

- Dalloz Action Associations 2000 ;

- Fondations par Éric Baron et Xavier Delsol aux éditions Juris Associations, 2004 ;

- Dictionnaire Permanent Lamy Associations ;

- le rapport annuel 2009 de la Fondation Raoul Follereau (ici) ainsi que les pages institutionnelles de leur site internet (ici).

 

Un complément à cet article a été publié le 28 mars 2011. Pour y accéder, cliquer ici.  

 

 

Introduction sur les fondations

 

En quelques mots, nous dirons qu'une fondation est l'acte par lequel une ou plusieurs personnes décident de se déposséder d'un bien qui leur appartient au profit d'une entité juridique spécifique dont la mission sera de poursuivre une œuvre d'intérêt général.

 

Ce qui différencie une fondation d'une association classique loi 1901, c'est que l'État apporte sa pierre à l'édifice sous la forme d'une reconnaissance d'utilité publique.

 

La Fondation reconnue d'utilité publique est donc une entité juridique particulière qui réunit trois caractéristiques :

- un acte privé des fondateurs, ce qui suppose un appauvrissement (dotation) ;

- une œuvre d'intérêt général qui sera financée soit par les revenus générés par le placement de cette dotation, soit par la consommation progressive de cette dotation ;

- une reconnaissance par l'État français, ce qui génère des avantages exorbitants de droit commun, notamment des réductions d'impôts pour les donateurs, la possibilité de recevoir des dons et des legs en franchise de droits de succession, etc.

 

Lorsque ces conditions sont réunies, l'organisme peut se prévaloir du titre officiel - et protégé - de "Fondation reconnue d'utilité publique". Il est évident qu'une telle qualification constitue, aux yeux du grand public, un gage de confiance, de transparence et d'honorabilité bien plus important qu'une simple association de la loi 1901. Il s'agit donc d'un titre recherché notamment par ceux qui sollicitent la générosité du public.

 

 

 

La gouvernance des fondations reconnues d'utilité publique

 

Il résulte de ce statut si particulier des droits, mais également des devoirs.

 

Nous avons vu ci-dessus qu'une fondation reconnue d'utilité publique constitue, en quelque sorte, une entité privée chargée d'une œuvre d'intérêt général, avec la bénédiction de la puissance publique.

 

Arrivé à ce stade de notre exposé, un élément est capital : il s'agit de l'indépendance de la Fondation, tant vis-à-vis de ses fondateurs que vis-à-vis de l'État.

 

Autrement dit, la Fondation, une fois créée, échappe au pouvoir des fondateurs mais ne tombe pas pour autant sous la coupe de la puissance publique. Cet exercice délicat d'équilibriste trouve sa concrétisation dans le mode de gouvernance.

 

Ouvrons une parenthèse. Il existe quatre modes de gouvernance possibles mais nous allons nous concentrer sur celui choisi par la Fondation Raoul Follereau : Conseil de Surveillance et Directoire. Fermons la parenthèse.

 

La gouvernance qui procède d'un Directoire et d'un Conseil de surveillance consiste en une structure bicéphale dans laquelle les deux "têtes" de la fondation ont des prérogatives bien définies et bien délimitées : le Directoire dirige, le Conseil de Surveillance contrôle et surveille le Directoire.

 

Comme le Directoire est nommé par le Conseil de Surveillance, c'est ce dernier qui est le centre de notre attention. En effet, la concrétisation de l'indépendance de la Fondation tant vis-à-vis des Fondateurs que de la puissance publique se retrouve dans la composition du Conseil de Surveillance, véritable organe central de la gouvernance de la Fondation.

 

Concrètement le Conseil de Surveillance doit être composé de 7 à 12 membres dont la répartition est strictement encadrée :

- un tiers du nombre total des membres du Conseil de Surveillance sont, soit les fondateurs, soit des personnes choisies par les fondateurs : c'est le collège des Fondateurs.

- un tiers du nombre total des membres du Conseil de Surveillance sont des représentants de la puissance publique. Concrètement, il s'agit de fonctionnaires d'un pour plusieurs Ministères. Concernant la Fondation Raoul Follereau, les ministères concernés sont celui de l'Intérieur, celui des Finances et celui des Affaires étrangères. C'est le collège de l'État.

- Le dernier tiers est composé de personnes dites qualifiées dont les compétences personnelles doivent être en rapport, en principe, avec l'activité poursuivie par la Fondation. Ce dernier tiers qui est sensé n'être a priori ni du côté des Fondateurs, ni du côté de l'État est élu par les deux premiers tiers. C'est le collège des personnes qualifiées.

 

Dans un telle configuration à trois tiers, l'indépendance de la Fondation vis-à-vis tant des Fondateurs que de l'État est sensée être protégée. Cependant, ce serait trop simple.

 

En effet, la loi prévoit la possibilité d'ajouter deux nouveaux collèges, optionnels ceux-là. Le premier collège est un collège de représentants des salariés de la Fondation. Nous pouvons l'évacuer tout de suite : à la Fondation Raoul Follereau, ce collège n'est pas prévu. Le second collège est celui dit des "Amis de la Fondation". Derrière ce terme, il faut comprendre des bénévoles, des donateurs, des personnes s'investissant particulièrement dans le cadre de l'oeuvre poursuivie par la Fondation, etc. Chacun de ces deux derniers collèges optionnels ne peut être représenté au Conseil de Surveillance pour plus d'un cinquième du nombre total de ses membres (20%). La loi n'est guère plus bavarde. Un point, néanmoins, est capital : ce sont les collèges des représentants de l'État et des personnes qualifiées qui se voient contraints de réduire leur nombre de sièges afin que le total des membres du Conseil de Surveillance ne dépasse pas 12.

 

 

 

Le cas de la Fondation Raoul Follereau (ou comment contourner une règle en faisant semblant de la respecter)

 

Pour bien comprendre la situation, il faut savoir qu'à l'origine, en 1968, Raoul Follereau confie à André Récipon le soin de créer une association-mère qui fédérera les dizaines de comités locaux qui existent dans toute la France. Cette association portera le nom, désormais célèbre, de Raoul Follereau et sera la continuation de l'Ordre de la Charité.

 

En 2002, cette association-mère s'appelle l'Association Française Raoul-Follereau. Il s'agit d'une association loi 1901 dont le sigle est AFRF.

 

Depuis 1984, la famille Récipon a fondé une Fondation Raoul Follereau pour mener un certain nombre d'activités sociales de diversification, l'ARFR restant en charge des activités au profit des lépreux.

 

Sans doute habillement conseillée, la famille Récipon va sauter sur l'occasion pour faire d'une pierre deux coups : faire disparaître la nébuleuse des associations locales qui étaient toutes plus ou moins dépendantes de l'association-mère (AFRF) et faire monter en puissance la Fondation afin de bénéficier des avantages qui s'attachent à ce statut (notoriété, crédibilité, fiscalité, etc.).

 

Ils reformulent alors les statuts de la Fondation Raoul Follereau de la façon suivante :

- conformément au droit positif, les fondateurs s'octroient un tiers de 12 membres du conseil de surveillance, soit quatre sièges, soit 33% des sièges au total ;

- les statuts prévoient, comme la règle l'autorise, la présence d'un collège des Amis de la Fondation Raoul Follereau ; ce collège bénéficie de trois sièges, soit 25% des sièges au total ;

- ce sont les deux autres collèges qui voient donc leur nombre de sièges revus à la baisse : l'État n'obtient que trois sièges au lieu de quatre, les personnes qualifiées ne sont plus que deux au lieu de quatre.

 

Vous noterez que si le collège des Fondateurs s'unit au collège des Amis de la Fondation Raoul Follereau, l'ensemble représente 7 sièges sur 12, soit 58% des voix.

 

 

Mais qui sont donc ces "Amis de la Fondation Raoul Follereau" ?

 

Selon le rapport annuel de la Fondation Raoul Follereau (ici), cette mystérieuse association des Amis de la Fondation Raoul Follereau, présentée sous le sigle AFRF, rassemble des bénévoles et des sympathisants se dévouant à son œuvre. Ils seraient 80 membres, selon ce rapport. Rappelons que la Fondation Raoul Follereau compterait plus de 150.000 donateurs par an.

 

Selon le site internet de la Fondation Raoul Follereau (ici), cette mystérieuse association, à nouveau siglée AFRF, est dotée d'un conseil d'administration qui compte 8 membres fondateurs et 9 membres actifs. Leurs noms ne sont pas communiqués.

 

Le premier indice troublant est cette identité de sigle AFRF entre l'association historique qui, pendant des années, a porté l'activité aujourd'hui poursuivie par la Fondation Raoul Follereau et celle des Amis de la Fondation Raoul Follereau.

 

Le deuxième indice troublant est que cette Association des Amis de la Fondation Raoul Follereau fait partie du périmètre de combinaison comptable de la Fondation Raoul Follereau. Or, il est d'usage de combiner ensemble des entités juridiques qui ont des dirigeants communs.

 

Plus encore, lorsqu'on fouine un peu plus sur le net, on trouve un troisième indice troublant qui achève de nous convaincre (ici) :

 

Association : Les Amis de la Fondation Raoul-Follereau

Type d'annonce : Association / Modification

Déclaration à la Préfecture de police :

Ancien titre : ASSOCIATION FRANCAISE RAOUL-FOLLEREAU - ORDRE DE LA CHARITE

Nouveau titre : LES AMIS DE LA FONDATION RAOUL-FOLLEREAU

Siège Social : 31, rue de Dantzig 75015 Paris

Courriel : follereau@raoul-follereau.org

Site internet : www.raoul-follereau.org

 

Il résulte de ce lien sur le Journal Officiel des Associations que l'Association des Amis de la Fondation Raoul Follereau n'est autre que l'Association Française Raoul Follereau fondée par André Récipon en 1968 rebaptisée d'un nouveau nom. Avec, pour ceux qui douteraient encore, la même adresse postale, la même adresse mail et la même adresse internet que la Fondation Raoul Follereau.

 

Association des Amis de la Fondation Raoul Follereau et Fondation Raoul Follereau ne sont donc que les deux visages d'une seule et unique réalité : la famille Récipon.

 

 

 

Synthèse et conclusion

 

Il résulte de notre enquête que la famille Récipon a, par une utilisation habile des failles de la réglementation, détourné la législation qui encadre les fondations reconnues d'utilité publique.

 

Nous pouvions effectivement être étonnés qu'André Récipon puisse écrire avec autant de certitude que la présidence de la Fondation Raoul Follereau échoirait de père en fils, telle une succession.

 

« (…) j’ai mis en place une structure dont ton père <Michel Récipon> a maintenant la responsabilité. (…) Contrairement à ce que certains avancent (…) ce n’est pas une famille qui s’est emparée d’un héritage, c’est une famille qui s’est chargée d’une tradition, celle de poursuivre l’œuvre de Raoul Follereau. C’est l’honneur de ton père <Michel Récipon> de la maintenir aujourd’hui, et ce sera, demain, le tien et celui de tes frères et sœurs. (…) » (Lettre ouverte à Mathilde, André Récipon, Pierre Téqui Éditeur, page 31).

 

La "structure" qu'André Récipon se vante d'avoir "mis en place" est ici révélée.

 

André Récipon savait très bien qu'une Fondation "normale" devait être indépendante vis-à-vis de ses fondateurs. C'est la norme ou, en tout cas, c'est l'esprit de la norme qui régit les fondations. Or, André Récipon ne veut pas d'une Fondation Raoul Follereau indépendante pour la simple raison que la dévolution successorale interne à la famille Récipon ne serait plus garantie pour les générations futures.

 

Il suffit alors à la famille Récipon de contrôler à la fois le collège des Fondateurs de la Fondation et l'association AFRF pour maîtriser, en toute légalité apparente, les destinées de la Fondation reconnue d'utilité publique Raoul Follereau.

 

 

Compléments d'informations

 

Suite à l'intervention d'un internaute, nous sommes en mesure de confirmer et de préciser nos affirmations.

 

En effet, le rapport du commissaire aux comptes au titre de l’année 2006 (ici) ainsi que le rapport financier 2006 de la Fondation Raoul Follereau (ici) nous confirment que :


- jusqu’en 2005 inclus, l’Association Française Raoul Follereau dirigée par la famille Récipon, menait les activités sociales en faveur des lépreux et bénéficiait pour cela de tout le dispositif existant (réseaux de bénévoles, réserves financières, parc immobilier, etc.) ;


- en complément à ces activités, la Fondation Raoul Follereau avait été créée (en 1984) par la même famille Récipon afin de mener diverses actions sociales de diversification : soutien à l’enfance, soutien à l’emploi en France ;


- en date du 3 décembre 2005, l’Association Française Raoul Follereau s’est vidée de sa substance en apportant ses actifs à la Fondation Raoul Follereau ;


- les statuts de la Fondation Raoul Follereau étaient modifiés à la même période puis l’ancienne Association Française Raoul Follereau fut renommée Association des Amis de la Fondation Raoul Follereau.

 

Ces éléments nouveaux nous permettent par conséquent de confirmer le montage juridique mis en place par André Récipon dans le but de faire détenir, par un nombre réduit d'individus, l'entier contrôle des organes de direction de la Fondation Raoul Follereau.

 

 

Pour accéder à la seconde partie de cet article, cliquer ici.

 

 

Pour être sûr de lire la dernière version de cet article, consulter notre blog ici.

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Mercredi 10 novembre 2010 3 10 /11 /Nov /2010 12:05

 

Message 20 janvier 2011

Retrouvez cet article mis à jour dans notre livre PDF gratuit.

 

 


http://revue.shakti.pagesperso-orange.fr/rfoller2.jpgLors de nos précédents articles (ici), nous avons travaillé sur des aspects méconnus, voire occultés de la vie et de l’œuvre de Raoul Follereau.

 

Nous avons notamment exposé la dimension nationale-catholique de ses convictions politiques, ce qui l’a amena à s’investir avec fougue au profit de certains régimes politiques autoritaires, voire fascistes, des années 1930, jusqu’à son ultime soutien au régime du Maréchal Pétain auquel il vouera une fidélité persistante jusqu’à la fin de sa vie, en 1977.

http://mesi07.com.ar/Medallas/M1632.jpgPendant les années 1960, Raoul Follereau s’inquiète de trouver un successeur fidèle à ses idées afin de poursuivre ce qu'il estime être son œuvre. Fondateur de la Ligue d'Union latine en 1927 (nous en parlons ici et ici, notamment), puis des Fondations Charles de Foucauld en 1937 (décryptage de cette usurpation ici), Raoul Follereau exerce, à partir de 1946, ses activités sous la dénomination Ordre de la Charité.

 

Initialement "pluridisciplinaire", l'Ordre de la Charité va, un petit peu malgré lui, se spécialiser dans la défense des lépreux (dans un prochain article, nous abordons pourquoi ce virage pour les lépreux s'est, en quelque sorte, imposé à lui, mais que tel n'était pas son projet initial).

 

Toujours est-il que Raoul Follereau a acquis, à partir de la fin des années quarante une notoriété devenue mondiale. Cette notoriété est telle qu'il pressent que son œuvre va pouvoir lui survivre : il lui faut donc un successeur. Son épouse et lui-même n’ayant pas eu d’enfants, aucun hériter direct n’est envisageable. Raoul Follereau a bien un frère et une sœur, ainsi que des neveux et nièces, mais, depuis plusieurs années déjà, il n'a plus de contacts avec eux (cf. Étienne Thévenin).
http://cot.priceminister.com/photo/779871123_L.jpg
Raoul Follereau choisit alors André Récipon.

 

André Récipon est le gendre d’un ami très cher de Raoul Follereau, dénommé Michel Rameaud. Ce dernier l’accompagne dans ses aventures politico-culturelles depuis le début des années 1920, lors de la création de La Jeune Académie puis en 1927 lors de celle de la Ligue d’Union latine, organisation politique et culturelle dont nous avons déjà décrit les dérives fascisoïdes (pour un rappel global, voir ici). C’est également chez les Rameaud que Raoul Follereau trouva le gîte et le couvert aux débuts de ses années de collaboration avec le régime de Vichy.

À compter de 1968, André Récipon se voit donc désigné héritier spirituel en charge de la continuation de l’œuvre et des messages de Raoul Follereau. Pendant vingt-cinq ans, André Récipon va diriger d’une main de fer la destinée de ce qui deviendra, aujourd’hui, la Fondation Raoul Follereau.

http://bellaciao.org/fr/IMG/jpg/petain_laval.jpgDans un article précédent, nous avons déjà constaté les convictions pétainistes, voire même pro-Pierre Laval, qu’André Récipon avait exprimées en 2001 dans une revue de soutien au Maréchal Pétain (ici). Dans ce présent article, nous avons souhaité aller plus loin. Au cours de ces quinze dernières années, André Récipon a publié trois ouvrages dans lesquels il décline ses opinions personnelles et non plus seulement historiques. Il a jugé opportun de les rendre publiques et en revendique ouvertement le caractère polémique. L'intégralité des passages reproduits ci-dessous sont extraits de ses livres, tous édités chez Pierre Téqui Éditeur : Lettre ouverte à Hombeline (1998), Combat pour la Charité (2000), Lettre ouverte à Mathilde (2005). Par souci d'alléger le texte, la référence sera simplifiée : Mathilde p.xx, Hombeline p.xx et Charité p.xx.

 

Nous nous contenterons de les citer sans aucun autre commentaire qu'un simple titre, afin de les regrouper par thématique comme nous avions déjà fait pour Raoul Follereau (ici). Chacun pourra ainsi apprécier le propos en toute liberté. Nous soulignons seulement que ces propos ne datent pas, comme c'est le cas pour Raoul Follereau, de l'entre-deux guerres. Ce sont des propos récents qui remontent pour les plus anciens à 1998.

 

PS.
Hombeline et Mathilde Récipon sont les filles de Michel Récipon, le fils unique d’André Récipon. C'est à elles qu'André Récipon s'adresse dans ses deux lettres ouvertes.



Les traditions sont immortelles et éternelles : elles n’ont pas besoin d’être rajeunies
 

 

« les traditions familiales ne sont pas des vieilles reliques qu’il faut dépoussiérer quand on les sort. (…) Elles sont de tous les temps, elles ne vieillissent pas et elles n’ont donc pas besoin d’être rajeunies » (Mathilde p.8) 

 

« une des traditions à laquelle je tiens beaucoup, et que je considère comme prioritaire, est notre foi en Dieu (…) : Dieu, premier servi ! » (Mathilde p.10)

 

« parce qu’elle est l’aînée, (…) c’est à elle qu’incombe le devoir de maintenir les traditions familiales » (Mathilde p.7) 

 

« elle n’a pas besoin de (…) justifier (les idées qu’elle défend ou les gestes qu’elle accomplit) puisqu’elle est l’aînée. » (Mathilde p.8) (nous citons ces deux dernières phrases qui peuvent paraître sans grand intérêt pour illustrer la vision d'André Récipon de son rôle au sein de la Fondation Raoul Follereau : André Récipon se considère être l'aîné de Raoul Follereau et exècre le fait de devoir rendre des comptes. Dans son livre Combat pour la Charité, il se plaint de la multiplicité des contrôles auquel il est soumis : commissaire aux comptes, inspecteurs du Comité de la Charte - dont la Fondation Raoul Follereau a failli être exclue si elle n'avait pas démissionné juste avant (ici) - et inspecteurs de l'IGAS).

 

 

 

Vision réactionnaire de la place des femmes dans la société
 

 

http://images-eu.amazon.com/images/P/2740311893.01.LZZZZZZZ.jpgContre le chômage, « voici deux exemples de mesures simples à prendre : (…) si on dit aux millions de femmes mariées qui travaillent : “si vous abandonnez votre emploi pour rester chez vous et élever vos enfants, vous percevrez la moitié du SMIG hors impôt”, nous allons avoir au moins 500.000 emplois qui vont se libérer. (…) Mais personne ne va vouloir tenter ces paris (…) parce qu’ils traînent des relents de l’Ancien Régime, ont été déclarés une fois pour toutes politiquement incorrects. C’est un dogme, donc, on ne le discute pas, même si vous démontrez que ce dogme est faux. Car tout homme de gauche, qu’il soit socialiste ou communiste, préférera nier l’évidence et la réalité si celles-ci remettent en cause le dogme. » (Hombeline p.77, 78, 79) 

 

« En libérant la femme des tâches ménagères - comme ils disaient - <les laïcs et le socialistes> ont laissé les enfants orphelins, livrés à leurs instincts, sans une mère pour les protéger. (…) la délinquance juvénile est due au travail des femmes qui ont, volontairement ou sous la contrainte, déserté leurs foyers. » (Hombeline p.150) 

 

« Je rappelle que dans l’ordre naturel des choses voulu par Dieu, la femme a reçu une mission spéciale : la procréation des enfants. Refuser cette réalité, c’est comme si on refusait que la terre tourne autour du soleil ! » (Hombeline p.150)

 


 

Libération des mœurs / Concubinage / Sexualité / SIDA
 

 

http://static.skynetblogs.be/media/1163/dyn003_original_340_564_pjpeg_2557766_a0edb2f8752f0ec1b6695cc7a93e92ae.2.jpg« ceux qui refusent (…) de passer devant Monsieur le Maire et M. le Curé se comportent en fait exactement comme des bêtes, pour qui l’institution du mariage n’existe pas. Si c’est ça le progrès, si c’est ça l’évolution inéluctable de la vie, alors permets-moi de crier au fou ! » (Mathilde p.9)  

 

 « le marché des contraceptifs, encouragé par le vagabondage sexuel et la prostitution qui séparent les couples » est un vice à combattre (Hombeline p.86) 

 

« La révolution de 1968, celle qui a libérée les mœurs, est considérée comme la grande conquête de ce siècle. Avant elle, nous étions enchaînés à la même femme, nous ne pouvions pas copuler à tout va, nous ne pouvions pas assouvir nos fantasmes (à voile et à vapeur), nous ne pouvions pas avorter … c’est du moins ainsi, c’est-à-dire comme une victoire importante sur l’obscurantisme et sur l’esclavage, qu’est présentée cette libération des mœurs. (…) Cette libération des mœurs que nous avons appelée liberté (…) n’est qu’une vulgaire libération de tous les mauvais instincts de l’homme » (Hombeline p.86) 

 

« À partir du moment où le but de l’union de l’homme et de la femme n’est plus la procréation des enfants dans le don réciproque de leurs corps, et à partir du moment où cette union n’est plus que la recherche du plaisir physique en évitant d’avoir des enfants, alors c’est toute une civilisation qui s’écroule. (…) Nous avons baptisé du nom de liberté le déchainement de nos plus bas instincts. Pie XII, reprenant les paroles de saint Thomas, a dit “Dieu pardonne toujours, l’homme quelquefois, la nature jamais ”. Alors nous avons eu le syndrome immuno-déficient acquis »  (le SIDA) (Hombeline p.87) 

http://www.republicoftogo.com/var/ezflow_site/storage/images/toutes-les-rubriques/sante/le-sida-recule-au-togo/14321-1-fre-FR/Le-sida-recule-au-Togo_article_top.jpg


 

Le SIDA serait « la lèpre des temps modernes. Ce qui est vrai dans la mesure où, tout comme pour la lèpre pendant des siècles, il n’y a pas de traitement, et dans la mesure où le sidéen est un exclu comme l’était le lépreux. Ce qui est faux dans la mesure où, si le lépreux n’est en rien responsable de la maladie qui le frappe, ce n’est pas le cas de la plupart des sidéens » (Charité p.240)

 

 

 

Monarchie / République / Révolution
 

 

 

« Je suis monarchiste (…) je crois qu’une monarchie est préférable à une démocratie (…) » (Mathilde p.35) 

 

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« La fidélité à Dieu est un article de foi qui ne se discute pas. La fidélité au ROI qui en a été inséparable pendant quinze siècles se discute aujourd’hui. Pas pour moi. » (Hombeline p.140) 

 

« La Révolution française fut un grand malheur pour mon pays » (Hombeline p.16) 

 

« La Révolution dite française a été un grand malheur pour la France, d’abord, pour le monde, ensuite, en raison de l’exemple funeste qu’elle a donné. (…) Les orthodoxes (…) viennent de béatifier <leur Tsar> ainsi que sa famille massacrée pendant la Révolution. Quand l’épiscopat français aura-t-il le même courage pour le Roi Louis XVI, pour la Reine Marie-Antoinette et pour Madame Elisabeth de France ? » (Mathilde p.75) 

 

« c’est le contenu de la Révolution française qu’il faut avoir le courage  de remettre en cause dans tous ses aspects, si l’on veut arrêter cette course vers le néant. (…) C’est bien la Révolution française qui a détruit les droits de Dieu, pour leur substituer les droits de l’homme sans Dieu. » (Hombeline p.129) 

 

« Le Roi qui tient son pouvoir de Dieu, comme le patron qui tient son pouvoir de lui-même, sont par définition les hommes que la révolution a voulu faire disparaître » (Hombeline p.49) 

 

« Je pense au plus profond de moi-même que la primauté de la majorité sur la minorité ne peut fonder un État dit de droit, et que cette primauté est une forme de dictature (…) » (Hombeline p.85)

 

 

Progrès / Primauté de Dieu & loi naturelle / National-catholicisme
 

 

« le progrès <qu’on nous propose aujourd’hui> est en fait un changement, et un changement radical, un virage à 180°. On abandonne en fait le chemin tracé de la loi naturelle qui nous vient de Dieu, pour prendre le chemin tracé par l’homme » (Mathilde p.9) 

 

http://www.present.fr/pdf/jpg/7220-20101113.jpg« Une loi qui vient de Dieu, parce qu’elle vient de Dieu, ne peut être qu’une loi d’amour. Une loi des hommes, si elle viole l’ordre naturel des choses, est donc fondamentalement mauvaise, et nul n’est tenu en conscience de la respecter » (Mathilde p.10) 

 

« Je crois en effet qu’il y a au dessus des hommes une loi naturelle qui prime la loi civile parce qu’elle est conforme à la nature des hommes et parce qu’elle vient de Dieu qui nous a créés. » (Hombeline p.21) 

 

« Raoul Follereau répétait souvent : “le christianisme, c’est la révolution par la charité”. Une révolution, c’est un demi-tour à 180°. Affirmer notre foi, c’est faire à l’envers le demi-tour que nous a contraints d’accomplir la révolution de 1789. C’est à dire que chaque jour de notre vie familiale et professionnelle, nous devrons nous poser la question : l’acte que je me prépare à accomplir est-il conforme à la volonté de Dieu ? Car c’est là le vrai choix. Ou bien nos actes sont guidés par le souci de ne pas s’écarter des idées révolutionnaires, on dit aujourd’hui du politiquement correct, ou bien nos actes sont guidés par la loi naturelle, c’est à dire la loi conforme à notre nature créée par Dieu. Affirmer notre foi, c’est proclamer qu’au-dessus de la loi des hommes, il y a la loi naturelle. » (Hombeline p.130)

 

« France, douce France, mon beau pays, toi la fille aînée de l’Église baptisée à Reims et consacrée à la Très Sainte Vierge, qu’es-tu devenue ? » (Mathilde p.15) 

 

« Il y a bien eu baptême de la France et pas seulement baptême de Clovis » (Mathilde p.38) 

 

Pour son malheur, « l’homme s’affranchit de la protection divine pour s’en remettre à sa seule inspiration » (Mathilde p.9) 

 

« Une société qui n’est plus chrétienne, n’est plus solidaire » (Hombeline p.75) 

 

Opposition à Vatican II (Hombeline, p.29), opposition au socialisme, au modernisme et aux idées nouvelles (Hombeline, p.39) 

 

« Il est grand temps que les évêques se réveillent et abandonnent tous les courants d’air du temps » (Hombeline p.49) 

 

« Une nationalité se façonne lentement. Plusieurs facteurs interviennent dans ce façonnage : la terre elle-même y contribue ; le climat joue un rôle important ; les croyances religieuses l’imprègnent. » (Mathilde p.42) 

 

http://www.nationspresse.info/wp-content/uploads/2009/05/arc-259x300.jpg« La caractéristique propre de cette fin du deuxième millénaire, c’est que, dans la religion catholique comme dans le gouvernement de la France, un renversement complet des valeurs s’est opéré. Avec notre consentement, en tout cas sans que nous protestions beaucoup, on nous a fabriqué une nouvelle religion démocratique. Je ne suis pas certain que cette nouvelle religion soit catholique et que cette nouvelle république soit française ! Je suis même certain du contraire. Pour la religion, j’ai confiance à cause du “non prevalebunt” (les forces de l’enfer ne prévaudront point contre vous) qui la protège. Pour la France, j’ai peur. » (Hombeline p.57) 

 

« La justice n’appartient pas aux hommes. La justice n’appartient qu’à Dieu » (Charité p.249) 

 

« Dieu et la France » (Mathilde p.33, titre de la 1ère partie) 

 

« Voici plus d’un siècle que le laïcisme règne sur la France qui est de moins en moins chrétienne. À la place de l’ordre naturel des choses qu’enseigne le christianisme, une nouvelle religion de l’homme enseigne le bonheur universel. On commence par expliquer en quoi consiste ce bonheur universel : c’est d’abord le droit au rêve ! Ce qui se traduit dans la vie pratique par le droit à l’erreur, le droit à la fainéantise, le droit au logement, etc. ! » (Hombeline p.146) 

 

« Ces mauvais prophètes sont en réalité des révolutionnaires professionnels dont le but est de casser notre société chrétienne pour installer à sa place une société sans Dieu (…). Mais une société sans Dieu est une société sans amour (…) qui devient vite un univers concentrationnaire. » (Hombeline p.147)

    

 

Immigration / Racisme / Xénophobie
 

 

Aujourd’hui, « l’occident chrétien (…) est d’une certaine manière envahi par les pauvres du Sud et de l’Est » (Mathilde p.40) 

 

« Personne n’a jamais contesté, à qui que ce soit, le droit d’inviter chez lui qui il veut, quelle que soit sa religion ou la couleur de sa peau. Mais à condition que ce soit celui qui invite qui paie les frais de cette invitation. Et c’est là que repose toute l’ambiguïté de l’accueil des immigrés. Car ce ne sont pas ceux qui invitent qui paient les frais de toute nature, inhérents au séjour de l’immigré, mais la communauté toute entière. C’est vraiment ce que j’appelle faire la charité avec l’argent des autres. » (Hombeline p.62) 

 

« les difficultés <inhérentes à l’immigration> ne naissent pas pour des raisons de race ou de religion, elles naissent à cause d’un mode de vie : la polygamie, qui est interdite dans notre pays » (Hombeline p.62) 

 

« Entre les deux guerres, beaucoup de Polonais et d’Italiens se sont parfaitement intégrés. Dans les années qui ont suivi la guerre 39/45, s’il en a été de même avec les Espagnols et les Portugais, c’est parce qu’il n’y avait aucun problème de race ou de religion et qu’ils sont monogames. » (Hombeline p.126) 

 

http://www.nationspresse.info/wp-content/uploads/2009/02/affiche_europeennes_stop_immigration.jpg« Nous savions donc très bien (…) que les Africains, musulmans ou animistes, ont plusieurs femmes et que la notion de famille est chez eux très large. Sur le plan de la Sécurité sociale, alors que le cotisant monogame a, en moyenne, 4-5 personnes à charge, le cotisant polygame en a facilement de 10 à 20 ! Alors le déficit de la Sécurité sociale s’est mis à filer, et ce sont les Français monogames, à commencer par les salariés, qui doivent régler la note. Comme, en plus, le chômage touche beaucoup les polygames, le déficit devient exponentiel, incontrôlable et impossible à résorber. » (Hombeline p.63) 

 

« Ces familles <immigrées> ont été directement transplantées des gourbis de leurs douars ou des cases de la brousse dans un appartement ! On imagine les dégâts, involontaires, mais néanmoins considérables qui ont été causés et qui ont été mis à la charge commune de tous les locataires. Ainsi non seulement les familles monogames ont de plus en plus de difficultés pour avoir un logement HLM, mais quand elles en ont un, elles doivent payer pour les casseurs ! » (Homeline p.62) 

 

« Une fois ses femmes arrivées avec leur progéniture, le polygame (…) a considéré qu’il serait bête de continuer à travailler puisque ses femmes touchaient maintenant les allocations familiales (qu’il encaisse lui-même et garde pour lui) pour tous ses enfants et qu’il continuerait à les toucher en étant au chômage. » (Hombeline p.64) 

 

 

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« À cause de cela, on ne peut augmenter les allocations familiales, car il n’y aura bientôt plus que les monogames pour cotiser. Les familles françaises de plus de trois enfants vivent dans des conditions difficiles avec des allocations familiales dérisoires. Parce que d’autres Français ont “invité” des étrangers qui se prétendent maintenant chez eux chez nous, les familles françaises de souche sont dans la misère. (…) C’est cela qu’il faut changer parce que c’est cela qui provoque le racisme. » (Hombeline p.64) 

 

« Le RMI sera supprimé aux immigrés chômeurs en fin de droit et remplacé par un pécule qui leur sera versé à leur retour au pays, retour payé par nous. Alors, croyez-moi, il n’y aura plus besoin d’affréter des charters. Les immigrés indésirables repartiront comme ils sont venus » (Hombeline p.65) 

 

« Mais si l’on a pas le courage de prendre ces mesures, alors le ras-le-bol des Français de souche va monter en puissance (…) il y aura une guerre civile (…) la nuit de la dictature s’abattra sur la France. » (Hombeline p.65) 

 

« Humainement, je n’aperçois malheureusement aucun indice d’un changement qui puisse contredire mon très sombre pronostic. Le déclin de mon pays, amorcé en 1789 avec la Révolution, se poursuit inexorablement et cela me fait mal. » (Hombeline p.66) 

 

« Nous subissons une occupation de notre sol par des étrangers qui veulent nous imposer leurs coutumes et leur mode de vie, et qui nous menacent physiquement. (…) les Français de souche sont en état de légitime défense et ont le droit naturel de se protéger quand l’État, non seulement se dérobe à son devoir, mais favorise cette occupation. » (Hombeline p.136)
 

 

 

Loi Gayssot / Haine des socialo-communistes / Complot judéo-bolchevique / Révisionnisme / Antisémitisme
 

 

« En fait de tolérance, la République issue de la Révolution française est une montagne d’intolérance » (Hombeline p.22) 

 

« À l’heure où j’écris ce livre, nous sommes entrés dans un régime totalitaire sous couvert de la démocratie. Il est interdit de remettre en cause l’histoire officielle. Même quand elle est fausse. Ce sont exactement les méthodes qu’ont employé Hitler ou Staline (…) ils ont condamné aux camps de redressement ceux qui refusaient leur histoire. Aujourd’hui, les camps en moins, mais pas la prison, nous sommes dans la même situation. Sous le prétexte de lutter contre le racisme, la classe politique a inventé le crime de révisionnisme. Même si tu apportes des preuves irréfutables qui te permettent d’affirmer que l’histoire officielle se trompe, tu commets un crime. (…) Nous vivons dans un État dictatorial, totalitaire, intolérant et qui a l’affront de se proclamer démocratique. D’ailleurs, c’est une des caractéristiques des socialistes. Hitler se proclamait le patron du parti national SOCIALISTE allemand du travail, comme Staline était le patron des Républiques SOCIALISTES soviétiques ! (…) la classe politique française, en instituant le système de pensée unique, place les Français sous un régime policier et inquisiteur (…). Que les partis de gauche agissent ainsi, cela est conforme à leur nature, mais que des partis qui se disent de droite, aient la même attitude, est pour le moins surprenant. (…) il n’existe plus de vrais partis de droite en France. » (Mathilde p.13,14) 

 

« ceux qui ont écrit l’histoire officielle de la deuxième guerre mondiale savent que cette histoire est fausse. Comme ils craignent que tout leur système s’écroule si le peuple apprend la vérité, ils ont interdit, par une loi, la recherche de la vérité autre que la vérité officielle. Heureusement, cette loi ne concerne que les historiens français, et les étrangers sont en principe libres. Je dis bien, en principe. Car il y a une telle pression du lobby (en italique dans le texte), maître de l’information dans le monde, que cette liberté est illusoire. Mais il n’y a pas que ce lobby. Il faut savoir qu’une convention signée en 1947 entre la France et l’URSS donnait un droit de regard réciproque sur les documents relatant les événements dans les deux pays. Bien évidemment, l’URSS a obtenu et usé de ce droit d’intervention qu’elle a, par ailleurs, refusé au Ministre français. » (Hombeline p.46) 

 

« (…) il m’apparaît de mon devoir d’informer mes petits-enfants que l’histoire qu’on leur enseigne est falsifiée (…). Et aussi pour réagir contre la dictature du lobby qui a écrit une histoire où certains tentent d’accréditer la thèse qu’ils ont été les seules victimes de la barbarie nazie et dans laquelle d’autres, dont la barbarie dépasse la barbarie nazie, veulent à tout prix cacher qu’ils ont été longtemps les alliés du nazisme (…). » (Hombeline p.61) 

 

« Il y a dans cette loi Gayssot, une espèce de collusion entre une religion et un parti politique, dans le seul but de discréditer (en attendant le goulag), tous ceux qui contestent l’histoire de la guerre 39-45, écrite par cette religion et ce parti. » (Hombeline p.138) 

 

« Parce qu’ils ont été affreusement massacrés par Hitler, les Juifs se considèrent d’une certaine manière comme les seules victimes du nazisme. (…) Personne ne conteste non plus la persécution des communistes par les nazis (…). On dirait donc qu’il y a une sorte de collusion pour que, surtout, on ne parle pas des Chrétiens qui, eux, ont été persécutés par Hitler pendant douze ans, mais aussi, et pendant bien plus longtemps, soixante-douze ans par Staline et ses élèves des pays frères » (Mathilde p.14) 

 

« Depuis cinquante ans, on a enseigné aux petits Français des mensonges. » (Hombeline p.55) 

 

« (…) je m’honore d’être resté ce qu’on appelle un anti-communiste primaire et d’avoir combattu sans complexes et de toutes mes forces ces idées et ceux qui les répandaient » (Hombeline p.26)

 

« (…) tant qu’on continuera à traiter comme des criminels ceux qui s’insurgent contre les mensonges officiels et qui s’obstinent à vouloir connaître la vérité, on ne résoudra rien. Pire, on ne fera qu’envenimer la fracture de la France qui a commencé avec ce que l’on nomme à tort la “Libération”. » (Mathilde p.139)

 

À propos de la Terre Sainte et des Croisades : « C'est la colonisation anglaise qui a permis en fait aux chrétiens de venir prier à nouveau sur les Lieux Saints. Mais depuis un demi-siècle, l'Église catholique  doit faire face à un autre adversaire : le Judaïsme. Pour l'amadouer, l'Église a pourtant supprimé le terme de perfidis contenu dans les prières de la Semaine Sainte. Elle est même allée jusqu'à abandonner l'accusation de la Crucifixion du Christ Cela n'a servi à rien. Le pardon est vraiment une vertu fondamentale qui la distingue de beaucoup de religions. » (Mathilde p.48)


 

Maréchal Pétain / Pierre Laval / Régime de Vichy
 

 

En 1940, Raoul Follereau « sait que le Maréchal Pétain n’a pas d’autre choix que de demander l’armistice et qu’il va faire le sacrifice de sa gloire pour protéger les Français. La condamnation du Maréchal en 1945 sera pour lui une plaie jamais cicatrisée. » (Hombeline p.57) 

 

« Jamais je n’admettrai le sort qui a été réservé au Maréchal Pétain, au président Laval et à ceux qui leur ont obéi, car pendant quatre longues années ils ont du résister, eux aussi, aux Allemands avec le revolver sur la tempe » (Hombeline p.55) 

 

Par le procès du Maréchal Pétain « On a élevé la désobéissance à l’état de vertu et on a désigné comme criminels ceux qui avaient obéi. Non seulement on a inversé l’échelle des valeurs, mais on a détruit le sens du devoir dans le cœur des hommes. Et cela pour de nombreuses années. » (Mathilde p.144)

 

Cinquante ou soixante années plus tard « (…) il fallait absolument retrouver rapidement les derniers “criminels” qui restaient en vie, pour refaire leur procès, et cette fois les condamner définitivement. C’est ainsi que Paul Touvier (…) fut de nouveau arrêté, rejugé (…) et malgré son âge et son état de santé, condamné et emprisonné à vie à la Santé où il mourut. » (Mathilde p.147) 

 

Le procès du « Préfet Papon (…) a présenté les caractéristiques d’un procès révolutionnaire » (Hombeline p.79) 

 

http://www.resistances.be/images/fsspx1011.jpg« Après la défaite de 1870, la France avait retrouvé ce sursaut d’énergie qui avait fait sa grandeur avant la Révolution. Cela n’a duré que cinq ans, le temps que nous hésitions entre la république et la monarchie. Après la défaite de 1940, nous avons connu un même sursaut dans les mois qui ont suivi l’armistice. Ce fut ce que l’on appelle avec dérision aujourd’hui la Révolution Nationale. » (Hombeline p.132) 

 

« Le Maréchal Pétain et le Général de Gaulle ont fait chacun, en son âme et conscience, ce qu’ils jugeaient le meilleur pour la France et les Français. Que dans l’exercice de leur pouvoir, des erreurs aient été commises, c’est vrai. Mais que celui qui est sans défaut leur jette la première pierre : pas les hommes et les partis politiques qui sont les responsables du désastre ; pas les communistes qui ont commencé par déserter et trahir la France, pas les Juifs qui ont toléré une sélection pour les arrestations (voir la déclaration d’un témoin, grand résistant au procès Papon), pas ceux qui n’ont pas connu cette période et à qui on a enseigné jusqu’à ce jour une histoire falsifiée, etc… » (Hombeline p.134) 

 

http://lewebpedagogique.com/biteau/files/2009/03/2fi1-small.jpg« (…) je pense de toutes mes forces que le Général de Gaulle, le Maréchal Pétain et le Président Laval ont joué chacun à leur place le rôle que leur assignaient les circonstances. J’étais persuadé que le jour de la victoire les masques tomberaient et que la vérité apparaîtrait en toute clarté. C’est lorsque je vis de Gaulle signer un accord avec Staline et faire rentrer les communistes qui pour moi étaient des traîtres, que j’assistai à l’arrestation du Maréchal et à l’assassinat de Pierre Laval, que je compris que nous avions été trompés » (Mathilde p. 134) 

 

En 1940, « Les Français dans leur très grande majorité approuvent la politique du Maréchal, même quand son gouvernement élimine les Juifs et les francs-maçons de la fonction publique. En effet, l’opinion publique traumatisée par la défaite réclame le châtiment des coupables. » (Mathilde p.117) 

 

« (…) vers la fin des années 1920, lorsque le mark s’est effondré, les Juifs qui détenaient une grande partie du commerce et de la banque à Berlin, ont beaucoup moins souffert que la plupart des autres Allemands » (Mathilde p.107) 

 

« (…) ce n’est pas le gouvernement de Vichy qui a déporté les Juifs, ce sont les Allemands qui, par la défaite de mai-juin 1940, sont les maîtres absolus de la France » (Mathilde p.118) 


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« En France, c’est à partir de l’occupation totale du pays fin 1942, que la férocité nazie va s’intensifier. (…) Les Juifs vont payer un lourd tribut, mais les catholiques et les communistes aussi ». (Mathilde p.) 

 

« Ceux qui ont changé de camp en 1942 (sont) des opportunistes » (allusions aux vichysto-résistants tels François Mitterrand, François Valentin et de nombreux autres qui ont constaté - souvent après mi-1942 - l'impasse politique et militaire dans laquelle se trouvait le Maréchal Pétain) (Mathilde p.139) 

 

« Le jour sinistre de juillet 1940 où Churchill ordonne l’attaque contre la flotte française, il se montre sous son vrai jour : froid et rancunier, prêt à tout pour gagner. (…) Sans aucun état d’âme, il décide de frapper son allié fidèle et de détruire sa flotte. » (Mathilde p.122) 

 

« Deux ans plus tard, <Chruchill> ordonnera le bombardement des villes allemandes sous des tempêtes de feu. (…) Le massacre des populations civiles pendant une guerre reste un crime, pas seulement un crime de guerre, mais un vrai crime contre l’humanité. » (Mathilde p.122) 

 

http://fxeuzet.free.fr/blog/1941/france/03-10.jpg « C’est pendant cette année 1942 que la RAF soutenue par l’aviation américaine qui débarque chaque jour en Angleterre va commencer à bombarder l’Allemagne sans pitié et sur une échelle jamais atteinte » (Mathilde p.129) 

 

« En décembre 1941, sans avertissement, les Japonais attaquent la flotte américaine à Pearl-Harbour. (…) Roosevelt va donc pouvoir réaliser son rêve : aider les communistes à qui il livrera dans la seule année 1943, près de 250.000 véhicules, chars, camions et voitures ! » (Mathilde p.127) 


« Pour être un patriote, il faut se comporter comme un vrai Français et n’obéir qu’à des Français. (…) En 1941, sur ordre du communisme international, les communistes français se mettent à attaquer l’armée allemande alors que le gouvernement français a signé un armistice. (…) ils ne peuvent en aucun cas être considérés comme des patriotes français puisqu’ils se sont toujours battus contre la France » (Mathilde p.134) 

 


 

 

La Fondation Raoul Follereau : un organisme familial de type monarchique
 

 

« notre vie familiale et privée est étroitement liée à la vie de la Fondation Raoul Follereau (…) j’ai mis en place une structure dont ton père <Michel Récipon> a maintenant la responsabilité. (…) Contrairement à

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ce que certains avancent (…) ce n’est pas une famille qui s’est emparée d’un héritage, c’est une famille qui s’est chargée d’une tradition, celle de poursuivre l’œuvre de Raoul Follereau. C’est l’honneur de ton père <Michel Récipon> de la maintenir aujourd’hui, et ce sera, demain, le tien et celui de tes frères et sœurs. (…) » (Mathilde p.31, 32) (à rapprocher du propos ci-dessus sur le rôle des aînés vis-à-vis du maintien des traditions)


 

« le 23 mai 1992, lors de l’assemblée générale, j’ai fait la déclaration suivante : “(…) je suis ici pour transmettre le flambeau tel que je l’ai reçu de Raoul Follereau. À mon tour, je déclare solennellement devant vous que je confie à mon fils Michel la charge de l’œuvre que j’ai reçue de Raoul Follereau et que je lui demande de poursuivre”. » (Charité p.21, 22)

 

 

 

Divers / Inclassables
 

 

« Alors que mes actions <humanitaires> sont politiquement correctes, mes déclarations seraient selon les critères du jour, manifestement politiquement incorrectes. » (Hombeline p.61) 

 

Notre famille « est vraisemblablement issue d’une famille gauloise et d’une famille romaine venue en Gaule au moment de la conquête » (cette remarque - totalement irrecevable d'un point de vue purement scientifique - est néanmoins intéressante venant d'un homme pour lequel il est capital d'être un vrai Français de souche. À rapprocher de l'intervention du député Xavier Vallat (virulent national-catholique, comme Follereau et Récipon, qui deviendra en mars 1941 chef du Commissariat Général aux Questions Juives) lors de la prise de fonction, en 1936, de Léon Blum comme nouveau président du Conseil "pour la première fois, ce vieux pays gallo-romain, sera gouverné par un Juif")  (Mathilde p.18) 

 

« la “conscience universelle” a exigé qu’en Afrique du Sud, le pouvoir soit remis à un révolutionnaire » (allusion à Nelson Mandela et à la fin de l'apartheid) (Hombeline p.124) 

 

« (…) pour les démocrates, la priorité des priorités comme disent certains d’eux, c’est de juger le général Pinochet. Tout le monde a oublié ou veut oublier qu’il a été porté à la tête de son pays par le peuple tout entier exaspéré par les crimes et les exactions du communiste Alliende, et que, pendant son gouvernement, il n’a fait que poursuivre ceux qui avaient persécuté son peuple. » (Mathilde p.141) 

http://www.decapactu.com/spip/IMG/jpg/UMPSaffiche.jpg

 

« (…) les Français s’interrogent en se demandant s’il existe encore des partis de droite en France en dehors du Front National mis au ban du pays ? Sur ce point, ma réponse est franchement : non » (Mathilde p.14) 

 

« Plus on tardera à faire au Front National la place qui lui revient par les suffrages, plus son succès s’affirmera au fur et à mesure des consultations, jusqu’au jour où il aura la majorité, et plus on donnera raison à ses extrémistes. » (Hombeline p.136) 

 

« je me laisse aller à la tristesse ambiante en citant de mémoire une phrase de Robert Brasillach, extraite de son roman Comme le temps passe (…) » (Charité p.124) (voir aussi la défense de Robert Brasillach dans Mathilde p.144). Nous ne pouvons pas taire ce "détail". Jean-Marie Le Pen s'amuse, lui aussi, à citer Robert Brasillach qui fut, rappelons-le, rédacteur en chef du journal antisémite et ultracollaborationniste Je suis partout sous le Maréchal Pétain (ici, à 1'26"). Encore un de ceux, sans doute, qui ont "protégé" les Français lorsque ces derniers avaient un revolver sur la tempe ...

 

« Aujourd’hui, il n’y a plus de bagnards en Guyane. Le bagne a été fermé voici un demi-siècle. (…) s’il y eut, effectivement, quelques graves erreur, la plus grande partie des bagnards étaient des individus qui avaient commis des crimes affreux. Avant de plaindre les bagnards, il faudrait parler de leurs victimes et rappeler que le bagne avait un côté dissuasif qui reste la meilleure des préventions contre les crimes. (…) C’est pourquoi je regrette la fermeture du bagne de Cayenne. » (Charité p.187) 

 

 

 

 

Conclusion - Notre opinion
 

 

Il n'était malheureusement pas possible de citer intégralement ces trois livres qui font, chacun, entre 150 et 200 pages. Néanmoins, ces extraits permettent de toucher du doigt le positionnement idéologique d'André Récipon.

 

Nous retrouvons une profonde convergence idéologique entre Raoul Follereau, dont nous avons exposé ici la pensée politique, et André Récipon. Tous les deux manifestent clairement des idées réactionnaires, ultraconservatrices, où la hantise du bolchevisme - qui peut se concevoir - se conjugue avec l'antisémitisme et la xénophobie. Donc, quelque part, Raoul Follereau a bien choisi son héritier spirituel.

 

Pour autant, un point nous étonne. Alors que Raoul Follereau eut la sagesse, au sortir du second conflit mondial, de mettre en sourdine ses idées politiques et de dissimuler son passé fasciste - quitte à devenir le faussaire de sa propre Histoire (ici) - ne laissant ainsi apparaître que les aspects positifs de sa personnalité, au contraire, André Récipon prend le risque, dans ce qui peut apparaître comme une forme d'orgueil, de révéler publiquement sa vraie nature. Ces deux lettres ouvertes n'auraient, en effet, jamais du sortir du contexte familial auquel elles étaient destinées.

 

Concernant la pertinence de ces propos, il serait trop long de tout analyser. Ce qui est clair, c'est qu'André Récipon se vautre très largement dans des raccourcis intellectuels et des associations d'idées nauséabondes. 

 

Accabler un sidéen sous prétexte qu'il aurait contribué à son sort est un profond manque de charité chrétienne pour quelqu'un qui prétend en avoir beaucoup.

 

Affirmer que des concubins se comportent comme des bêtes car ils ne se marient pas décrit bien le joug moraliste contre lequel la société s'est révoltée, que ce soit en 1789 ou en 1968.

 

Soupçonner un lobby judéo-bolchevique d'empêcher que la lumière soit faite sur la seconde guerre mondiale relève du même niveau intellectuel que ces torchons antisémites d'entre-deux guerres telle La Libre Parole où collabora Raoul Follereau en 1936 (ici).

 

Dire que la Révolution Nationale du Maréchal Pétain fut un sursaut  d'energie pour la France revient à honorer ceux qui bradèrent la France à l'ennemi nazi dans le vain espoir de participer à une Europe germanisée (ici). Dans l'Histoire de France, le Maréchal Pétain avait eu un  prédécesseur en la matière en la personne de Charles VI qui, par le Traité de Troye, offrait la France à la couronne d'Angleterre. Sans nul doute que, Charles VI, lui aussi, avait probablement pour unique ambition de protéger les Français de la guerre.

 

Pour finir cette liste à la Prévert (quoique nettement moins poétique), disons juste que caricaturer les immigrés africains en les faisant tous passer pour profiteurs sociaux, des RMIstes et des polygames, revient à jouer au pompier pyromane en jettant perfidement de l'huile sur un dossier déjà brûlant.


Entre Raoul Follereau et André Récipon, nous retrouvons donc les mêmes fondamentaux idéologiques et les mêmes méthodes : sophismes, mensonges, démagogie et populisme. Le tout dissimulé derrière une façade d'honorabilité. Mais, à la différence de son aîné, André Récipon n'a pas l'incroyable talent d'orateur qui permettait à Raoul Follereau d'émouvoir, et ainsi, de faire oublier l'indigence de ses raisonnements.

 

http://www.raoul-follereau.org/jml2008/images/2.jpgNous achèverons notre article en soulignant qu'aujourd'hui, c'est Michel Récipon, dont la seule légitimité est d'être le "fiston" de son père, qui est aux commandes de la Fondation Raoul Follereau. Apparemment, il en sera de même pour ses enfants. La Fondation Raoul Follereau présente donc la caractéristique d'être une des rares fondations reconnues d'utilité publique au fonctionnement monarchique héréditaire.

 

Il s'agirait d'une PME qui vend des produits ou des services, cela nous ferait ni chaud ni froid.Or, dans le cas de la Fondation Raoul Follereau, il s'agit d'un organisme qui fait appel à la générosité du public et qui bénéficie d'avantages fiscaux significatifs (exonérations des legs et des dons, réductions d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur la fortune, etc.). Il nous semble donc important de faire savoir aux donateurs quelle est la véritable nature des bénéficiaires de leur générosité. Chacun restant libre, une fois informé, de faire ses choix en toute connaissance de cause.

 

 

 

 

Pour être sûr de lire la dernière version de cet article, consulter notre blog ici.

http://follereau-entre-ombre-et-lumiere.over-blog.com/ 

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Vendredi 10 septembre 2010 5 10 /09 /Sep /2010 14:26

 

Message 20 janvier 2011

Retrouvez cet article mis à jour dans notre livre PDF gratuit.

 

 

Avec un patrimoine d'au moins 20 millions d'euros, la Fondation Raoul Follereau est une entreprise qui ne connait pas la crise.

 

Son fondateur, Raoul Follereau, fustigeait "l'égoïsme des riches et des puissants" ? Qu'à cela ne tienne, la Fondation Raoul Follereau capitalise massivement quitte à faire attendre les urgences de l'humanitaire. Mais les donateurs savent-ils qu'une partie de leur argent est discrètement placée en immeubles de rapport ou en Sicav boursières ?

 

Enquête sur une pratique financière pour le moins choquante.

 

 

Rapport annuel 2009 du groupe combiné Fondation Raoul Follereau : 19,6 millions d'euros de fonds propres

 

Pour trouver l'information, il ne faut pas aller bien loin. Il suffit de lire le rapport annuel que la Fondation Raoul Follereau adresse chaque année à ses donateurs et sympathisants. Il est également disponible sur le site http://www.diocese-frejus-toulon.com/IMG/jpg/RaoulFollereau.jpginternet de la Fondation, ici. Ce document sera utilement complété par le rapport du commissaire aux comptes (ici) dont la diffusion sur internet est désormais obligatoire (comme quoi, le besoin de transparence dans le monde de l'humanitaire n'est pas qu'une lubie !)

 

Le problème, c'est que ce genre de document finit à la poubelle plus vite qu'il ne faut pour le dire. Ceux qui se plongent dans les comptes d'une association ne sont pas nombreux. Tout d'abord, il faut un minimum de notions comptables et financières pour comprendre quelque chose dans ces tableaux abscons, ensuite, farfouiller dans les comptes témoignerait d'un manque de confiance. Or, lorsqu'on a pas confiance, on ne donne pas. La boucle est bouclée: on ne donne qu'à ceux en qui on a confiance et lorsqu'on a confiance, on ne regarde pas les comptes.

 

 

Que peut-on lire dans le rapport annuel 2009 de la Fondation Raoul Follereau ?

 

http://money.unblog.fr/files/2007/10/500euro.jpg

Et bien que le groupe Fondation Raoul Follereau se porte bien : avec plus de 19,6 millions d'euros de fonds propres, il serait difficile de prétendre le contraire. Un joli petit paquet d'argent à gérer. Sur ce point, on peut faire confiance à la Fondation Raoul Follereau : elle dispose du top management sur ce point. Pour s'en convaincre, il suffit de lire la composition de son conseil de surveillance.

 

Vous pensiez que la Fondation Raoul Follereau travaillait dans le domaine de l'humanitaire et de la santé ? Vous auriez trouvé logique qu'une majorité des membres du conseil de surveillance soient des médecins, des professeurs, des chercheurs, des acteurs de l'humanitaire, des religieux qui ont brillé sur le terrain ? Tssss ... tssss ... tssss ... vous n'avez pas encore compris les règles du charity business.

 

Le conseil de surveillance de la Fondation Raoul Follereau compte 12 personnes. Sur ces douze personnes, trois sont fonctionnaires, désignés par l'État. C'est la loi. Les neuf autres sont banquiers en gestion de fortune, directeur financier, gérant de société, directeur de sociétés immobilières, agent d'assurances, juriste, ingénieur en bâtiment et ... quand même ... un médecin généraliste.

 

Autant vous dire que ces gens-là savent placer l'argent dont ils disposent : les 19,6 millions d'euros sont entre de bonnes mains. Mais n'aurait-il pas mieux valu que ces mains soient celles des lépreux ?

 

 

Des placements financiers et la trésorerie pour 13,3 millions d'euros

 

http://a34.idata.over-blog.com/300x225/3/38/03/78/SICAV-et-FCP.jpg

Tout d'abord, le groupe Fondation Raoul Follereau dispose de 1,2 millions d'euros de disponibilités. Autrement dit, des liquidités immédiatement disponibles. En bref, du cash sur un compte courant.

 

Mais l'essentiel n'est pas là : le groupe Fondation Raoul Follereau dispose d'un peu plus de 12,1 millions d'euros placés en actions, obligations, sicav et autres fcp.


Qui aurait cru que les fondations reconnues d'utilité publique faisant appel à la générosité publique pouvaient jouer leur argent en Bourse ?...

 

 

Des placements immobiliers pour une valeur d'achat de 7,5 millions d'euros

 

En bon père de famille, il faut diversifier ses placements. Tous les gérants de patrimoine vous le diront. Mais il existe dans notre esprit comme un bruit de larsen losqu'on essaie de faire rimer humanitaire avec patrimoine.

 

http://www.defiscalisationderobien.com/investissement-en-dur-contre-investissement-dans-le-pierre-papier-19052010.jpgMais revenons à nos comptes : en ce qui concerne les actifs immobiliers, contrairement aux actifs financiers, le rapport du commissaire aux comptes précise que leur valeur réelle est inconnue : nous ne disposons que des valeurs d'achat.

 

Concrètement, cela signifie que les 19,6 millions d'euros de fonds propres ne tiennent pas compte des plus-values latentes qui courent sur les immeubles.

 

Selon les comptes, le groupe Fondation Raoul Follereau dispose d'immeubles pour un prix d'achat de 7,5 millions d'euros. Là-dedans, il y aurait des biens immobiliers situés en Afrique ainsi que des immeubles de placement ou de rapport situés en France. Autrement dit, des investissements locatifs.

 

Existe-t-il une liste publique des biens immobiliers détenus par la Fondation Raoul Follereau ? Pas à notre connaissance. Nous trouvons cela bien regrettable. Il serait intéressant de savoir qui sont les locataires et comment sont calculés les loyers. Simple démarche de prudence : les casseroles immobilières de la Mairie de Paris ne sont pas si loin ... N'est-ce pas cela, la transparence ?

 

Revenons à nos immeubles et à leur valorisation : compte tenu des plus-values latentes potentielles, la valeur réelle de ces biens immobiliers peut être beaucoup plus élevée. L'évaluation des fonds propres à 19,6 millions doit donc être comprise comme un chiffre a minima : les fonds propres réels sont probablement plus importants.

 

 

Et pendant ce temps-là ...

 

Soyons clairs : la loi n'interdit pas aux organisations humanitaires de posséder un patrimoine de plus de 20 millions d'euros investi dans la pierre et sur les marchés financiers. La loi. Mais qu'en pense la décence ?

 

 

http://www.raoul-follereau.org/images/stories/jml_site.jpgLa Journée Mondiale des Lépreux

 

Chaque année, la Fondation Raoul Follereau communique à grands renforts de panneaux publicitaires à l'occasion de la Journée Mondiale des Lépreux, le dernier week-end du mois de janvier.

 

Durant plusieurs jours, des milliers de bénévoles arpentent les trottoirs, les parvis d'églises, les parkings de supermarché et les rues piétonnes pour solliciter la générosité des passants. Pour les lépreux.

 

 Avec quelques photos chocs. Et des phrases qui ne le sont pas moins.


"Avec deux euros, on soigne un lépreux pendant un mois."

"Avec une poignée de nos euros, on nourrit un lépreux et sa famille pendant toute une vie."

"Quelques euros suffisent pour changer la vie d'un malheureux."

 

Selon la Fondation Raoul Follereau, plus de 35.000 bénévoles participent à cette gigantesque quête de Charité. Pour la Fondation Raoul Follereau, c'est LE moment capital dans l'année.

 

 

Combien rapporte la Journée Mondiale des Lépreux ? 

 

 En janvier 2009, la Journée Mondiale des Lépreux avait rapporté 1,1 million d'euros. Mais c'est sans compter les dépenses engagées à cette occasion. Les comptes 2009 ne le précisent pas, mais ceux de 2008 (ici) indiquent que la Fondation Raoul Follereau avait dépensé plus de 504.000 euros en dépenses de communication pour la Journée Mondiale des Lépreux. En 2007 (ici), les dépenses s'élevaient à plus de 535.000. En 2006 (ici), elles excédaient 528.000 euros.

 

Concrètement, cela signifie que chaque année, plus de 35.000 bénévoles sollicitent pendant deux ou trois jours la générosite de 60 millions de Français pour un bénéfice net annuel d'environ 600.000 euros.

 

Merci à la générosité des Français. Mais que penser de la Fondation Raoul Follereau lorsque elle invite les Français à la générosité ... alors qu'elle-même met de côté 20 millions d'euros de fonds propres investis en immobilier et sur les places financières ?

 

Ou comment transformer un geste d'Amour (voir le slogan de la JML 2007) ... en geste d'épargne ...

 

N'y a-t-il donc personne, à la Fondation Raoul Follereau pour leur rappeler que lorsqu'un donateur leur confie son argent, c'est avant tout pour aider un lépreux et non pour investir dans une Sicav ou un Fcp ?

 

N'y a-t-il donc personne, à la Fondation Raoul Follereau, pour leur dire qu'il est indécent de prétendre lutter contre les urgences humanitaires de ce monde tout en capitalisant soi-même des sommes aussi importantes ?

 

 

Un air de déjà vu

 

Notre analyse est loin d'être isolée.

 

Déjà, dans le rapport de l'IGAS de 2002 qui était extrêmement critique sur les méthodes de gestion de la Fondation Raoul Follereau, la mise en réserves de fonds destinés à des opérations de terrain avait été pointée du doigt (La Vie s'en était fait l'écho ici, par exemple).


Sans grand succès, apparemment.

 

En attendant que cet argent qui leur est du leur parvienne, les lépreux, eux, ils espèrent.

Que la Bourse ou le marché de l'immobilier ne s'effondrent pas.

 

 

 

Pour être sûr de lire la dernière version de cet article, consulter notre blog ici.

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Lundi 12 juillet 2010 1 12 /07 /Juil /2010 10:37

 

Prologue : attention, cet article date de l'été 2010.

Depuis le 18 décembre 2010, la fiche Wikipédia Raoul Follereau a été censurée.

Nous vous invitons à lire cet article :

"à wikipedia la "neutralité" sert à protéger les idées d'extrême-droite et fascistes"



 

 

http://philanthropie.files.wordpress.com/2009/01/wikipedia-logo.jpg

Nous avons eu la surprise de constater ce week-end que la fiche Wikipédia de Raoul Follereau a été "reprise en main" ces derniers jours.

 

En effet, depuis que nos articles sont publiés sur notre blog, ainsi que sur Agoravox (notre fiche auteur, ici), la fiche Wikipédia de Raoul Follereau avait été retravaillée (voir ici et son historique ).

 

À ce jour, la Fondation Raoul Follereau n'a jamais cherché à entrer en contact avec nous ; jamais officiellement, sous une étiquette clairement annoncée, en tous cas.

 

Or, tout récemment, un utilisateur Wikipédia nommé " comfrf " est intervenu sur Wikipédia pour y apporter la bonne parole officielle concernant Raoul Follereau.

 

http://supertadeboulogne.mejistes.fr/images/blogs/3253.jpgNous sommes bien entendu tentés de considérer que ce COMFRF représente le Service COMmunication de la Fondation Raoul Follereau.

 

FRF est en effet, le sigle habituellement utilisé pour désigner la Fondation Raoul Follereau. Le préfixe COM n'a pas besoin d'être commenté.

 

En outre, ces ajouts sont emprunts d'apologitisme le plus manifeste. D'ailleurs, une responsable de Wikipédia s'est empressée de signaler la dimension publicitaire et promotionnelle que prenait dorénavant la fiche de Raoul Follereau.

 

L'origine de ces modifications ne laisse donc guère de doutes.

 

Néanmoins, malgré ces défauts à propos desquels nous apporterons notre réflexion en temps utile, nous nous réjouissons de constater que les apports antérieurs relatifs au passé fascisant et antisémite de Raoul Follereau issus de nos travaux de recherche ont été laissés en l'état.

 

Si cette situation devait perdurer, il nous plairait de croire que la Fondation Raoul Follereau accepte de regarder la vérité historique en face et de l'assumer. En effet, la motivation de notre humble blog n'est pas de nuire à qui que ce soit mais réside dans la quête de Vérité et de Transparence.

 

Si cette quête de Vérité et de Transparence devait être partagée par la Fondation Raoul Follereau elle-même, nous ne pourrions que nous en réjouir et l'en féliciter.

 

L'avenir dira si notre sentiment d'aujourd'hui est pertinent dans la durée.

 

Nous en profitons pour remercier les personnes qui nous contactent via ce blog pour partager avec nous leur sentiment sur Raoul Follereau, sur la Fondation Raoul Follereau et les méthodes de gestion qui y sont mises en œuvre.

Pour des raisons juridiques évidentes, tout ce qui nous est transmis n'est pas forcément exploitable en l'état, mais nous tenons à vous dire combien cela nous nous est utile pour mieux comprendre les enjeux et les comportements passés ou présents de certains.

 

Notre enquête/quête continue !

 

 

 

 

 

 

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Mardi 27 avril 2010 2 27 /04 /Avr /2010 15:42

 

Message 20 janvier 2011

Retrouvez cet article mis à jour dans notre livre PDF gratuit.

 

 



Inusable, Jean-Marie Le Pen ne s'arrêtera donc jamais. Sa dernière idée en date : affirmer que les Juifs de France furent les bénéficiaires de l'action du gouvernement du Maréchal Pétain.

 

 

 

 

Pas facile à entendre pour les 97% des Juifs déportés de France entre 1940 et 1944 qui ne revinrent jamais dans leurs foyers.

Statistiquement, les Juifs de France auraient été moins décimés que leurs coreligionnaires vivant dans d'autres pays d'Europe occidentale tels que la Belgique ou la Hollande. Alors Jean-Marie Le Pen s'empare de ces chiffres et en attribue le mérite à la politique de collaboration mise en œuvre par le Maréchal Pétain et son sbire germanophile Pierre Laval.

 

http://jean_paul.gourevitch.perso.sfr.fr/propagande/Petain.jpgEn faisant cela, Jean-Marie Le Pen ne fait qu'énoncer la stratégie de défense déployée par les pétainistes depuis fort longtemps : Pétain aurait fait le dos rond face à l'occupant nazi en attendant que les alliés viennent au secours de l'Europe envahie.

Cette théorie a été rappelée il n'y a pas si longtemps par  André Récipon, le fils spirituel de Raoul Follereau, fondateur et premier président de la Fondation Raoul Follereau.

http://www.librairietequi.com/I-Miniature-1100-combat-pour-la-charite.aspxAndré Récipon (père de Michel Récipon, actuel président de la Fondation Raoul Follereau) a en effet publié en 2001 une lettre ouverte dans la revue Le Maréchal n°202 (lien ici).

Tout d'abord, précisons que la revue Le Maréchal est l'organe de presse de l'Association pour Défendre la Mémoire du Maréchal Pétain dont l'objet social est la révision du procès de 1945 du Maréchal (voir ici). Ambiance.

Dans cette lettre ouverte aux tonalités très fortement marquées par son antibolchevisme et son antigaullisme, André Récipon parle en son nom, mais cite également la mémoire et la pensée de Raoul Follereau. Il y donne une version bien étrange de la France sous l'Occupation. Avec 55 ans de décalage, c'est un retour aux heures les plus sombres de notre Histoire que André Récipon nous propose. Extraits.

 

 

Sur la responsabilité de la défaite de juin 1940 :

 

http://www.admp.org/revues/lm202.jpg"La politique du Front Populaire et la trahison des communistes avaient entraîné une telle défaite de nos armées (...)" (en mai/juin 1940)

André Récipon reprend ici une thèse chère au régime de Vichy  selon laquelle les responsables de la défaite de 1940 étaient les hommes de la IIIème République parlementaire, notamment et surtout ceux du Front Populaire. Ces responsables, dont certains (comme Léon Blum) avaient le mauvais goût d'être de gauche et/ou juifs et/ou franc-maçons (en 1940, cela ne se faisait pas ...), furent donc traduits en justice lors du fameux procès de Riom, parodie de justice que Mussolini lui-même qualifiera de "farce typique de la démocratie".


Mais leur défense fut si vigoureuse que les accusateurs se retrouvèrent en position d'accusés. Finalement, le Maréchal Pétain décidera en 1941 de prononcer lui-même les sanctions, au mépris de la souveraineté de la Cour Suprême de Justice pourtant spécialement créée à cette fin et de toute notion de séparation des pouvoirs entre l'exécutif et le judiciaire.

 


Sur la préférence du nazisme face au communisme


http://jean_paul.gourevitch.perso.sfr.fr/propagande/Confiance.jpg

"J’ai toujours considéré le nazisme d’Hitler et le communisme de Staline, comme les pires des régimes que les hommes aient eu à subir. C’est pourquoi le 21 juin 1941, j’ai repris espoir : les deux régimes allaient se détruire. Hélas l’aveuglement démocrate de Roosevelt changea la donne. Songez que dans la seule année 1943, il fournit à Staline 240.000 véhicules de toute nature : chars, auto-canons, half-tracks, camions, voitures, locomotives, wagons, etc… !"

André Récipon reproche donc à Roosevelt l'aide matérielle et logistique apportée aux soviétiques. Poussé par son anticommunisme viscéral, André Récipon rejoint ainsi les propos de Pierre Laval qui disait, juste après son retour aux affaires, le 22 juin 1942 " Je souhaite la victoire de l’Allemagne, parce que sans elle, le bolchevisme, demain, s’installerait partout".
 

 

"Notre présence aurait sauvé du déshonneur les Français qui n’avaient pas commis d’autre crime que celui d’être anti-communiste."

André Récipon fait ici allusion aux français qui optèrent pour la collaboration avec l'Allemagne nazie car il leur semblait plus important d'abattre le bolchevisme.



Sur De Gaulle et les procès de la Collaboration


http://www.necrosant.net/zbxe/files/attach/images/3392/956/010/Pierre%20Laval.gifDe Gaulle "a fait condamner ceux qui pendant quatre ans avaient dû subir les diktats de l’occupant, ceux qui avaient fait de leur corps et de leur personnalité un rempart pour protéger les Français et les deux millions de prisonniers. Même Laval n’a jamais trahi. Il a négocié, lutté, ergoté comme l’avocat qu’il était et comme le paysan madré qu’il restait. Il ne cédait que pour éviter un plus grand mal et il est mort assassiné par des balles françaises. Son procès est une monstruosité judiciaire qui entache l’honneur de la France."

Défense ardente du Maréchal Pétain ("je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur") et, plus surprenant encore, de Pierre Laval, "mort assassiné" en 1945.

 

Rappelons juste que Pierre Laval, c'est la collaboration à outrance avec l'Allemagne nazie, la déportation des Juifs, y compris les enfants pourtant non réclamés, initialement, par les Allemands, la création de la Relève, puis du STO, la création de la Milice, la lutte contre la Résistance et les maquis, l'envoi de Français sur le front russe sous l'uniforme Waffen-SS, etc.

 

 

Où André Récipon dédicace cette lettre ouverte à son père spirituel, Raoul Follereau

"Mais pour moi que Raoul Follereau considérait comme son fils et qui suis son héritier spirituel, il me semble que je lui donne par cette lettre une nouvelle preuve de mon attachement. (...) Toute sa vie il restera fidèle au Maréchal et considérera sa condamnation comme une tache à l’honneur de la France."

 

 

Alors, Jean-Marie Le Pen, André Récipon, Raoul Follereau : même combat, mêmes valeurs ? Il n'est aucun doute possible. Raoul Follereau consacra toute l'entre deux guerre à la promotion des régimes fascisoïdes d'Europe et d'Amérique du Sud sous prétexte de la défense de la latinité et de la civilisation chrétienne (ici). pour Raoul Follereau, comme pour André Récipon, le régime de Vichy est le sursaut moral (la "divine surprise" selon Charles Maurras) dont la France manquait cruellement depuis le renversement de la monarchie en 1789.

 

Rien d'étonnant, donc, à ce que André Récipon cherche à défendre le Maréchal Pétain.

 

Plus étonnant, cependant, que son raisonnement aille jusqu'à défendre Pierre Laval qui avait pourtant réussi à susciter à son égard une haine aussi virulente qu'unanime, du Général Weygand à l'Amiral Darlan, du Maréchal Pétain au Général De Gaulle.

 

De l'avis de tous, il n'est pas d'honneur à se traîner dans la fange pour tenter de complaire à son bourreau. Même le Général Franco refusera l'asile à cet hôte encombrant. Laval qui se prétendait être un renard de la géopolitique est entré dans l'Histoire pour ce qu'il fut : un parvenu opportuniste et ambitieux dénué de tout sens de l'honneur et de la dignité.

 

Le fait que 46 ans plus tard, André Récipon se proclame de ses soutiens ne doit pas laisser indifférent. C'est le symptôme de quelque chose de beaucoup plus profond et de beaucoup plus préoccupant. C'est le signe d'une certaine perception de l'humanité - de façon générale - et de la France en particulier. Perception qu''André Récipon reconnait partager avec Raoul Follereau. Perception qu'il entend transmettre à son fils Michel Récipon et à ses petits-enfants via la Fondation Raoul Follereau. Cela mérite que nous enquêtions à ce sujet : c'est l'objet même de ce blog.

 

Nous recommandons un autre article de notre blog (ici) dédié à la pensée d'André Récipon (sur le révisionnisme, l'antisémitisme, l'implication de la famille Récipon dans la Fondation Raoul Follereau, sa proximité avec le Front National, etc.).

 

 

 

Pour être sûr de lire la dernière version de cet article, consulter notre blog ici.

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